Le Midi Libre - Midi Alger - A L’heure de l’assainissement

Edition du 3 Octobre 2010



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Marchés informels
A L’heure de l’assainissement
3 Octobre 2010

De Bachdjarah à Baraki, en passant par El-Harrach, comme dans toutes les communes du pays, les vendeurs informels sont chassés en vertu de dispositions réglementaires visant l’assainissement des pratiques commerciales. Pour aménager des espaces de vente, pas moins de 100 milliards de dinars ont été éngagés ces deux dernières années en vue de la création de 80 marchés de proximité dans la capitale, alors que des centaines de ces structures économiques sont prévues à travers les wilayas du pays. Les milliers de personnes qui vendaient à la sauvette se voient devant le fait accompli.

Ainsi, il a été procédé, ces derniers jours, à la délocalisation de dizaines de commerçants illicites activant depuis plus de 20 ans en plein centre- ville de Bachdjarrah. Pendant toute cette durée, les revendeurs de légumes et fruits n’hésitaient guère à spéculer sur les prix des produits agricoles achetés des marchés de gros de Boufarik et d’El-Harrach. Pour cela, ils ont tenu tête à l’adminsistartion, dès le début du mois de septembre, lorsqu’on leur a fixé le 13 du même mois comme date buttoir pour leur délocalisation. Pis encore, il y a eu des affrontements entre, d’une part, ces vendeurs informels qui s’obstinaient à continuer leur commerce "pour faire nourrir leurs pauvres familles" disaient ils, et, d’autre part, des agents de l’ordre sommés d’"évacuer les trottoirs et la voie publique. Il a fallu cinq jours pour effectuer l’opération de délocalisation. Les ruelles sont désemplies des gens, les artères principales se sont vues diminuées de trafic automobile et les épiciers d’alimentation générale et quelques artisans se disent perplexes devant la vacation de l’endroit. Seuls les policiers se montrent satisfaits du calme y régnant mais peu de citoyens se sont dits satisfaits de s’être débarrassés du vacarme et des nuisances sonores engendrés par les marchands "hors la loi", dit un résident près de l’ex-marché informel qui est devenu en ces derniers temps "symbole de la pagaille totale". Les échos de cette opération de délocalisation se propagent à travers les espaces d’échange commerciaux dans d’anciennes communes de la capitale, à savoir Bab El- Oued, Sidi M’hamed, Belouizdad où les résidus des revendeurs chassés en 2007 se voient cette fois sérieusement ciblés par rapport à la détermination affichée par les responsables de la concurrence et les prix au niveau de la wilaya d’Alger ."L’opération se poursuit à terme", affirme-t-on, en soulignant que tous les commerces informels verront le même sort de délocalisation. C’est-à-dire, cela englobera les vendeurs de vêtements et souliers, d’ustensiles et de montres. C’est dire aussi chasser les centaines de personnes établies à Bab Azzoune, Laâkiba, Lafarge et beaucoup plus Boumaâti et plusieurs sites situés sur le territoire de la commune d’El-Harrach. Dans cette dernière commune, le P/APC parle de recasement de 600 commerçants dans deux marchés de proximité nouvellement ouverts afin de leur compenser les locaux fermés pour travaux de réfection à l’historique marché couvert de Djelmati qui est considéré comme un pan de la mémoire collective de ceux qui ont résidé et vécu à l’ancienne Maison Carrée.

Restructuration des marchés
à El Harrach
En raison de l’exiguïté des espaces de commerce avérée surtout pendant le mois de Ramadhan et les fêtes religieuses où la surconsommation est de mise à grande épreuve, il est devenu impératif pour les élus et responsables de l’APC d’El-Harrach, selon M. Abzar, d’élaborer un plan de restructuration des marchés existants de même que la révision du mode de gestion des structures économiques actuelles.
Ainsi, pour multiplier les espaces de vente de produits de large consommation et donner l’essor au commerce local, notamment pour rentabiliser leur gestion, l’APC d’El-Harrach a décidé de céder la gestion du marché connu de D 15 à travers l’annonce d’adjudication pour cession.
Les circonstances de création de cet espace de vente improvisé en 2000, explique-t-on, étaient celles d’extension urbanistique de l’ancienne ville de Maison carrée vers le Sud, oùl y avait un bon nombre d’entreprises économiques activant dans la zone industrielle. par ailleurs, la croissance démographique résultant de cette intense activité a engendré le besoin des riverains à un espace d’approvisionnement en produits alimentaires, d’autant plus que l’exode rural s’était alors accentué. Il y avait juste près de l’oued un terrain ayant servi durant une longue période de marché de véhicules, sur lequel le choix est fait pour y improviser un espace d’échange d’habits, d’aliments et de pièces détachées. Ce site a été très vite envahi par les petits commerçants, les intermédiaires et les revendeurs à la sauvette. Cet espace portait dans un laps de temps l’appellation marché D15.
Par ailleurs, la réception du nouveau marché de viandes sis à la rue d’Alger suscite le mécontentement des bouchers qui mettent en cause l’inadéquation des locaux aux mesures d’hygiène requises, alors que l’ancien marché a été dernièrement démoli à cause de son exiguïté et de son insalubrité, ce qui a poussé les instances concernées à élaborer un plan de restructuration des marchés existants et de revoir le mode de gestion des structures économiques locales.
Alors que l’ancien marché de la rue Malika-Gaid a été dernièrement démoli pour ériger à son emplacement un centre commercial et ce dans le but essentiel de répondre aux attentes des citadins de la Maison Carrée qui ont tant souffert en matière d’approvisionnement en produits alimentaires. Pis l’anarchie sévissant pas loin, à l’espace de Boumaâti, laisse à désirer, d’où la nécessité d’inscrire un projet de marché de proximité qui servira aussi les consommateurs des sites avoisinants, notamment ceux de Sidi M’barek et Kourifa.
Pour cela, les responsables de l’APC d’El-Harrach œuvrent à tirer profit des conditions financières présentement favorables du fait qu’ils ne nient pas avoir bénéficié d’importantes sommes de l’ancien marché de D15, si bien que la société gestionnaire du marché D15 annonce avoir apporté de la précédente cession du marché près de 700 millions de centimes.

Les marchés de proximité représentent-ils l’alternative ?
La création de nouveaux marchés et l’extension d’anciens espaces ont été envisagés comme alternative à ce tissu tentaculaire de commerce informel. Si la majorité des 57 communes de la capitale ont bébificié de projets de réalisation de marchés de proximité à partir de l’an 2007, ce n’est pas le cas de quelques communes de la périphérie, à l’image des communes d’Alger Est telles Sidi Moussa, Baraki et les Eucalyptus.
A ce propos, les responsables du secteur économique au niveau de la wilaya déléguée de Baraki n’ont pas tardé à engager des opérations d’assainissement des pratiques commerciales à travers lesdites communes où la croissance démographique est grandissante ces dernières années. Dans la ville de Baraki où la population ne cesse d’accroitre ces dernières années pour atteindre, selon le recensement de 1997, les 100 mille âmes. Cependant, le seul espace de commerce consiste en l’ancien marché couvert situé au centre-ville lequel est devenu au dessus des besoins de consummation. Selon M Yahiaoui élu à l’APC , "il a fallu opérer des travaux d’extension de ce marché d’auatnt que l’étude relative à cette infrastructure économique est prête, de même que les schémas de nouveaux espaces de vente». Le centre projeté sera doté de parc automobile et d’une décharge d’ordures en plus d’une centaine d’étals modernes pour faciliter la tâche au 100 vendurs, dont 40 récupérés des trottoirs. Les chefs de famille résidant aux sites semi- urbains à Haouch Mihoub et les 13 Hectares sont confrontés à des difficultés de déplacements pour s’approvisionner de l’ancien marché de Baraki. Pour les citadins, l’état avancé de dégradation constatée à cet espace, qui remonte aux années 1950, laisse à désirer. Alors que les habitants des localités rurales sont contraints souvent de se déplacer aux espaces de ventes existants à Rais dans la commune de Sidi Moussa, notamment pour les achats d’épices et de viandes ovines. D’autres se dirigent vers l’espace adjacent de Benatalha, aménagé en 2008 pour servir la clientèle locale estimée à environ 3 mille habiatnts.

Des kiosques et des recours
Evidemment, un bon nombre de ces commerçants délocalisés ont porté des recours auprès des instances compétentes pour réclamer une solution d’auatnt plus que de pareilles activités apportent à leurs familles de quoi se substitiuer et ce durant des décennies.
A la seule commune de Bachdjarrah, on parle de 3 mille recours addressés à l’APC, car on aspire avoir des locaux à l’instar de la soixantaine de commerçants recasés dans le nouveau centre de commerce.Tandis qu’à Bab El-Oued, les jeunes revendeurs à la sauvette crient contre l’ijustice quant à la distribution de locaux au moment où certains d’entre ces comerçants "lésés" réclamment dans d’autres wilayas comme Blida, Médéa et M’sila, entre autres, la distribution des 100 locaux realisés dans chaque commune au titre du programme du president de la République, mais lesquels demeurent fermés depuis des années.
Pour parer à cette situation naissante de la délocalisation des commerces informels, différentes formules ont été suggérées en fonction des possibilités de chaque région et de sa vocation économique. A titre d’exemple, dans les communes urbaines de la capitale et les villes de population assez dense, on opte pour la construction de kiosques multiservices en mesure de répondre aux demandes des citadins aux quartiers résidentiels, tandis qu’à la banlieue, il est généralement question de réaliser des marchés de proximité ou de mini-centres de commerce. Mais le problème se pose quant à la commercialisation de produits agricoles lesquels sont censés être disponibles et tout près de lieu de résidence des citadins ce qui donne lieu à ce genre de vendeurs ambulants qui peuvent servir les locataires des immeubles et des blocs des cités urbaines peuplées qu’on trouve souvent dans les prolongements des grands centres urbains. Un autre probléme de nature juridique qui intervient dans le contexte de règlementation des pratiques commerciales, celui d’autoriser les épiciers d’alimentation génèrale à vendre des légumes et fruits au profit des locataires des groupes et des immeubles géants et cités peuplées. Cette formule a été débattue récemment au Parlement sans aboutissement. Maintes autres propositions sont également faites au sein de l’Union des commerçants et associations professionnelles allant dans le sens d’approcher et d’intensifier les points de vente de divers produits de large consommation des habitants dans les milieux urbain, semi- urbain et rural. A. M.

Par : Abdelhamid Meghiche

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