Le Midi Libre - La 24 - Le déni continue

Edition du 22 Avril 2010



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Célébration du 8 mai 1945 en France
Le déni continue
22 Avril 2010

Les cérémonies sont programmées dans toutes les villes de France pour rendre hommage aux anciens combattants et pour célébrer le jour de la victoire sur l’Allemagne nazie. Mais rien n’est prévu pour ces milliers d’Algériens massacrés parce qu’ils ont cru, eux aussi, à la libération.

La commémoration du 8 mai 1945 en France est toujours un moment difficile pour les Algériens vivant en France car le déni de ce dont leurs compatriotes ont été victimes à Sétif et Kherrata revient avec toute sa brutalité. Les cérémonies sont programmées dans toutes les villes de France pour rendre hommage aux anciens combattants et pour célébrer le jour de la victoire sur l’Allemagne nazie. Rien n’est prévu pour ces milliers d’Algériens massacrés parce qu’ils ont cru, eux aussi, à la libération. Des associations algériennes marqueront cette date par des conférences et cérémonies de recueillement, mais la France officielle persiste dans son refus de reconnaître ses crimes coloniaux. Les esprits sont de plus en plus loin de cette reconnaissance si l’on en juge par les propos des uns et des autres. Recemment, à l’Assemblée nationale française un député, un certain Jacques Myard, a interpellé le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sur une lettre officielle adressée à son homologue algérien.
Le député lui y a rappelé que «la presse a fait état d’un courrier adressé à votre homologue algérien, dans lequel vous auriez écrit que le peuple algérien est victime du système injuste et dégradant qu’était le système colonialiste. J’attends un démenti de votre part car il faut regarder devant soi et se comporter en partenaires. Les Algériens veulent toujours nous ramener à la période coloniale, nous pourrions leur parler des barbaresques des XVIIe et XVIIIe siècles».
Ces propos n’ont presque pas besoin de commentaires par la liberté qu’ils prennent avec l’Histoire; ils disent cependant à quel point la classe politique française, dans sa grande majorité, voudrait enterrer son passé colonial au détriment de la mémoire algérienne. Kouchner a confirmé l’envoi de ce courrier en ajoutant: «mais je ne juge pas de la sorte ceux qui, sur place, ne profitaient pas du système» (colonial ndlr). Il s’agissait d’un mouvement de l’Histoire avec des conduites humaines souvent extrêmement dignes et justes». Kouchner ne pouvait évidemment que tempérer sa déclaration sur la violence colonialiste en distinguant entre «bons» et «mauvais» colons. Il est moins diplomate quand il s’agit de la relation franco-marocaine. Interrogé justement sur la position de la France sur la question du Sahara Occidental, il n’hésite pas à prendre position pour Rabat. «Quoique je connaisse bien Tindouf, je ne suis pas responsable du problème sahraoui. La frontière entre l’Algérie et le Maroc est l’une des plus hermétiques au monde.
A l’instar de l’ONU, nous avons salué comme une avancée la proposition d’autonomie déposée par les Marocains sur le bureau du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon». Le ministre français omet de signaler que le peuple sahraoui ne veut pas de cette proposition et qu’il a exprimé clairement sa détermination quant à la souveraineté du Sahara occidental.
Encore une fois, Paris veut faire croire qu’il existe et «un bon et un mauvais» colonialisme et que les sahraouis seraient satisfaits de vivre sous «protectorat» marocain.

Par : Ghania Khelifi

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