Le Midi Libre - Supplément Économie - Le développement de l’économie numérique nécessite un travail à faire sur 4 axes essentiels

Edition du 23 Janvier 2013



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Docteur Faiçal AZOUAOU, EXPERT EN TECHNOLOGIES NUMéRIQUES, au Midi Libre
Le développement de l’économie numérique nécessite un travail à faire sur 4 axes essentiels
21 Janvier 2013



Midi Libre : La nouvelle économie est-elle menacée par l’éclatement de la bulle financière ?

Docteur Faiçal Azouaou : La nouvelle économie regroupe les secteurs économiques liés aux nouvelles technologies de l’information et de la communication tels que télécommunications, industrie du logiciel internet, contenu numérique services informatiques services en ligne. On parle également d’économie numérique ou de l’économie de l’internet (sans les télécoms). Elle est devenue ces dernières années l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie de plusieurs pays qui ont su soutenir et accompagner le développement de ces secteurs.
Même si l’argent est le nerf de toute économie, nous constatons avec surprise que la nouvelle économie fait preuve de beaucoup de résistance et continue son développement rapide dans le monde, et ceci que ce soit dans le pays développés ou ceux en voie de développement.

A l’heure où la monnaie sculpturale, bien que connue, reste non maîtrisé chez nous la nouvelle économie peut-elle s’adapter à cette donne ?

A mon avis, nous pouvons réussir dans l’économie numérique, ceci indépendamment de nos déboires dans l’ancienne. Plusieurs pays l’ont montré : l’Inde, les philippines, et dans les pays arabes, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie. Au contraire, je considère qu’il s’agit d’une opportunité, qui nous permet de de sauter plusieurs étapes du développement et de rattraper ainsi notre retard par rapport aux autres pays, ce qui est appelé en anglais « leaprfrog ».

Parmi les points forts de cette économie c’est qu’elle soit
mondiale, selon vous quelle impact peut-elle avoir sur notre PIB ?

La seule évaluation dont nous disposons de la part de la nouvelle économie par rapport au PIB algérien, est celle faite par notre chef de gouvernement Abdelmalek Sellal, à l’occasion de sa participation au forum arabe sur l’innovation technologique. Il a déclaré que les TICs (technologies de l’information et de la communication) représentent déjà 4% de notre PIB et que ce taux augmentera pour atteindre les 8% dans les quatre prochaines années. Cette augmentation générera 300.000 nouveaux postes d’emploi direct et 100.000 autres postes d’emploi indirect.
Ceci est déjà bien, mais nous aurions pu faire beaucoup mieux. Il suffit de voir les exploits de nos voisins : Maroc et Tunisie, beaucoup plus compétitifs que nous dans ce domaine, ainsi selon le rapport des technologies de l’information 2012, publié par le forum économique mondial, l’Algérie est classé 118 dans l’index (Networked Readiness) contre 91 pour le Maroc et 50 pour la Tunisie. Nous constatons qu’il nous reste encore du chemin à faire.
Si nous prenons l’exemple du logiciel par exemple, nous pouvons comparer les chiffres des logiciels algériennes (2009) estimés à 17 millions dollars contre 297 millions dollars pour le Maroc et 41 pour la Tunisie.
Nous constatons donc que nous sommes très en retard par rapport aux pays, malgré des ressources financières plus importantes.

Selon vous, dans l’état actuel de nos habitudes commerciales la nouvelle économie peut-elle être adaptable ?

La nouvelle économie propose de nouvelles habitudes commerciales liée au e-commerce, dont le développement nécessite l’existence de technologies sécurisées et une législation du paiement en ligne.
En dehors des achats en ligne, nous constatons dans plusieurs pays, que la disponibilité des prix du internet, et la possibilité de les comparer, a permis une baisse de ces prix dans le commerce traditionnel. Car les consommateurs depuis leurs domicile savoir où sont proposés les prix les moins chers.
Le e-commerce existe déjà en Algérie avec un paiement à la livraison ou pas virement bancaire ou postale. L’inexistence du paiement en ligne, bloque son développement et celui des e-commerçants algériens.

Et globalement de nos équipements dans le secteur ?

Nous souffrons d’un retard énorme dans le domaine des infrastructures dans ce domaine, qui freine son développement : une connexion Internet chère et de mauvaise qualité, qui empêche le développement du e-commerce, du contenu numérique en ligne, du cloud computing… inexistence du paiement en ligne qui empêche le développement du e-commerce mais également de l’e-gouvernement alors que le monde entier se lance la téléphonie de 4e génération, l’Algérie n’arrive toujours pas à lancer celle sa 3G...
Ce sous-développement de l’infrastructure, a des conséquences négatives pour le développement de l’économie numérique algérienne, elle a freine la compétitivité des entreprises algériennes en leur engendrant des coûts plus élevées par rapports à leurs concurrentes des autres pays.

Si elle venait à naître, de quelle structure ou tutelle devrait-elle dépendre ?

Effectivement, certains pays ont créé des structures dédiées au numérique, ce qui n’est pas encore le cas de l’Algérie. Pour le moment le navire amiral chez nous est le ministère de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication. Ceci dit, l’implication des autres ministères (commerce, industrie…) est fondamentale pour créer un environnement favorable à l’émergence de cette nouvelle économie.
Je profite de votre question pour saluer la décision du ministère MPTIC pour créer l’observatoire algérien du numérique. Il s’agit d’un outil important pour quantifier et suivre le développement de cette nouvelle économie.

Quel est le rôle de l’état ?

Le développement de l’économie numérique nécessite un travail à faire sur 4 axes essentiels : une meilleure gouvernance, des ressources humaines de qualité, une infrastructure de base et un environnement d’entreprenariat et économique libre
Notre état doit élaborer une politique globale pour développer chacun de ces quatre éléments.
Une gouvernance intelligente à travers ses différentes structures : ministères, ARPT, ANPT, les autres agences concernées.
Des ressources humaines de qualité : améliorer la formation de base et la formation continue des travailleurs, en généralisant par exemple le programme déjà commencé de la certification ICDL (International Computer Driving Licence).
Une infrastructure de base de qualité : investir dans les liaisons et interconnexions internet, faire baisser les prix de gros d’internet, favoriser l’existence de plusieurs providers, lancer la téléphonie 3G et la 4G aussi rapidement que possible.
Un environnement d’entreprenariat et économique libre. Malheureusement l’environnement des affaires en Algérie est très mauvais. Selon le rapport 2013 de la banque mondiale, l’Algérie est classée 152 !! ceci est choquant, l’Algérien entrepreneur fait donc face à des contraintes qui n’existent pas ailleurs, ce qui n’est justifiable.
Nous souhaitons que nos responsables
s’inspirent des bonnes pratiques existantes dans les autres pays pour améliorer l’environnement des affaires de notre très cher pays.

Par : Propos recueillis par D. A.

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