Le Midi Libre - Reportage - Donner au praticien son statut de spécialiste

Edition du 23 Janvier 2013



Le Mi-Dit

Caricature Sidou


Archives Archives

Contactez-nous Contacts




Société algérienne de médecine générale
Donner au praticien son statut de spécialiste
23 Janvier 2013

«Tu fais quoi comme métier ? - Médecin généraliste... Et tu comptes te spécialiser !? »... La littérature internationale a largement démontré que les systèmes de santé reposant sur des soins de santé primaires bien organisés, avec des médecins généralistes qui ont un niveau de formation élevé, fournissent des soins plus efficaces et plus efficients...




Le 25 octobre 2011, la Société algérienne de médecine générale a eu son agrément. Société savante ayant des objectifs purement scientifiques, regroupant tous les médecins généralistes des secteurs privé et public.
Il faut dire que les médecins généralistes, très nombreux mais dispersés aux quatre coins du pays, ne se regroupaient que lors de manifestations scientifiques (congrès, EPU) organisées par d’autres sociétés savantes.
Mais vu l’expérience de certains médecins généralistes dans le domaine de la formation médicale et s’imbibant de l’expérience des autres pays concernant l’évolution de la médecine générale ou la médecine de famille, et restant toujours en contact avec les différentes sociétés savantes algériennes des autres spécialités, la question leur a été posée : pourquoi ne pas créer une société savante de médecine générale puisque le médecin généraliste reste le pilier incontournable du système de santé algérien.
Ces médecins généralistes qui juste après leur cursus se retrouvent devant leurs responsabilités, directement affectés dans des services, des pavillons d’urgence, des entreprises publiques, des polycliniques ou des unités de soins prenant en charge parfois des situations cliniques qui dépendent de spécialités différentes dépassant ainsi leurs compétences.
L’expérience des CES a montré ses limites, la formation médicale continue palliant le vide scientifique mais n’arrivant jamais à donner au médecin généraliste son véritable statut de médecin pourquoi pas de médecin spécialiste en médecine générale et c’est dans ce contexte que la SAMG est née, car si dans d’autres pays ils ont réussi à faire de la médecine générale une spécialité, faisons de telle sorte qu’en Algérie nous devons suivre et que les générations futures de médecins généralistes ou médecins de famille soient considérés comme des médecins spécialistes en médecine générale avec une formation initiale nouvelle.
Les objectifs de la SAMG sont principalement :
• Le développement scientifique et la pratique de la médecine générale
• L’actualisation et l’amélioration de la la formation des médecins généralistes pour une meilleure prise en charge des malades par la qualité du diagnostic, du dépistage et du suivi et ce, par l’amélioration de la formation médicale initiale en médecine et l’amélioration de la formation médicale continue.
• La contribution à la mise en place des référentiels des pratiques des médecins généralistes.
• L’organisation des échanges interdisciplinaires et des manifestations nationales et internationales.
• La société prévoit aussi d’établir des conventions avec les facultés de médecine dans le but de promouvoir la qualité et la pertinence de l’enseignement et de la recherche en médecine générale et participer à la formation des enseignants en médecine générale.
• De faire de la médecine générale une spécialité clinique orientée vers les soins primaires.

La médecine générale,
une spécialité ?
Dans un contexte historique, la médecine générale était considérée comme une branche de la profession médicale sans bases de recherche et de formation spécifique.
La médecine générale (MG) est la branche de la médecine prenant en charge le suivi durable et les soins médicaux généraux d’une communauté, sans se limiter à des groupes de maladies relevant d’un organe, d’un âge ou d’un sexe particulier. Le médecin généraliste (on dit aussi médecin omnipraticien) ou médecin de famille, est donc le professionnel de la santé assurant le suivi, la prévention, la promotion de la santé, bilans de santé, vaccinations, dépistages. les soins et le traitement des malades de sa collectivité, dans une vision à long terme de la santé et du bien-être de ceux qui le consultent.
Le médecin généraliste a, donc, pour vocation de soigner toutes les maladies (pathologies. Son activité demande un fort investissement personnel et des nerfs solides.
Certains pays ont peur que les décennies qui viennent seront marquées par la disparition progressive du "médecin de famille", et que pour les plus démunis, les soins de premier recours seront assurés, comme dans le tiers-monde, par les consultations externes des hôpitaux et des dispensaires.
La littérature internationale a largement démontré que les systèmes de santé reposant sur des soins de santé primaires bien organisés, avec des médecins généralistes qui ont un niveau de formation élevé, fournissent des soins plus efficaces et plus efficients. C’est pour cela que certains pays ont initié un processus de reconnaissance universitaire de la médecine générale afin de développer l’enseignement et la recherche en soins primaires dans le but d’améliorer la formation des médecins généralistes.

Médecine générale ou médecine de famille
Les médecins généralistes sont des médecins formés aux principes de cette discipline. Ils sont le médecin traitant de chaque patient, chargés de dispenser des soins globaux et continus à tous ceux qui le souhaitent indépendamment de leur âge, de leur sexe et de leur maladie. Ils soignent les personnes dans leur contexte familial, communautaire, culturel et toujours dans le respect de leur autonomie.
Ils acceptent d’avoir également une responsabilité professionnelle de santé publique envers leur communauté. Dans la négociation des modalités de prise en charge avec leurs patients, ils intègrent les dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle, mettant à profit la connaissance et la confiance engendrées par des contacts répétés.
Ils agissent personnellement ou font appel à d’autres professionnels selon les besoins et les ressources disponibles dans la communauté, en facilitant si nécessaire l’accès des patients à ces services.
Ils ont la responsabilité d’assurer le développement et le maintien de leurs compétences professionnelles, de leur équilibre personnel et de leurs valeurs pour garantir l’efficacité et la sécurité des soins aux patients.
Les caractéristiques de la discipline de la médecine générale-médecine de famille
La médecine générale a profondément évolué depuis une vingtaine d’années. Elle est devenue une discipline scientifique et universitaire, avec son contenu spécifique de formation, de recherche de pratique clinique, et ses propres fondements scientifiques. C’est une spécialité clinique orientée vers les soins primaires.
• Elle est habituellement le premier contact avec le système de soins, permettant un accès ouvert et non limité aux usagers.
• Elle utilise de façon efficiente les ressources du système de santé par la coordination des soins, le travail avec les autres professionnels de soins primaires et la gestion du recours aux autres spécialités, se plaçant si nécessaire en défenseur du patient.
• Elle développe une approche centrée sur la personne dans ses dimensions individuelles, familiales et communautaires.
• Elle utilise un mode de consultation spécifique qui construit dans la durée une relation médecin-patient basée sur une communication appropriée.
• Elle a la responsabilité d’assurer des soins continus et longitudinaux, selon les besoins du patient.
• Elle base sa démarche décisionnelle spécifique sur la prévalence et l’incidence des maladies en soins primaires.
• Elle gère simultanément les problèmes de santé aigus et chroniques de chaque patient.
• Elle intervient à un stade précoce et indifférencié du développement des maladies, qui pourraient éventuellement requérir une intervention rapide.
• Elle favorise la promotion et l’éducation pour la santé par une intervention appropriée et efficace.
• Elle a une responsabilité spécifique de santé publique dans la communauté.
• Elle répond aux problèmes de santé dans leurs dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle.
Le médecin généraliste exerce au sein d’une structure de soins primaires, c’est-à-dire de premier recours (il est le premier médecin vu par le patient). Le mode d’exercice le plus fréquent de la médecine générale est la médecine libérale. Mais en Algérie, beaucoup de nos médecins généralistes exercent aussi dans des structures publiques : hôpital (services et urgences), polycliniques, unités de soins, PMI…

Spécificités de la médecine générale
Beaucoup d’études ont montré qu’en dehors des problèmes ophtalmologiques, obstétricaux et dermatologiques, tous les motifs de consultation sont pris en charge majoritairement en médecine générale. En particulier, un fort pourcentage concerne les maladies endocriniennes et métaboliques (91%), les affections digestives (88%), les atteintes de l’appareil cardio-vasculaire ou respiratoire (87% chacune), les lésions ostéo-articulaires ou traumatiques (86% chacune), les troubles mentaux et du sommeil (65%). Ainsi, la plupart des problèmes de santé de la population, qu’ils soient biomédicaux ou psychiques, sont traités et/ou suivis en médecine générale.• Une intervention au stade précoce des maladies : le patient consulte souvent dès l’émergence des symptômes. Il est vu en général dans sa première consultation par le médecin généraliste privé ou public .
• La gestion simultanée de plaintes et de pathologies multiples : le patient consulte souvent pour plusieurs motifs ou plaintes. Il présente en moyenne deux motifs de recours et ce chiffre augmente avec l’âge. Les poly pathologies sont fréquentes et concernent particulièrement les personnes âgées. La médecine générale intègre ces nombreuses sollicitations dans le temps d’un même acte médical. • La capacité de suivi au long cours :la médecine générale développe une approche dans l’instant et dans la durée. Elle offre au patient l’opportunité d’une prise en charge régulière au long cours et la possibilité d’un suivi de la naissance à la mort. Elle assure la continuité des soins grâce à un accompagnement des patients tout au long de leur vie. • L’aptitude à la coordination des soins : la médecine générale remplit ce rôle de pivot du système de soins, même si les conditions structurelles ne sont pas toujours réunies. L’accès direct aux spécialistes et aux autres intervenants de santé complique parfois le rôle de coordination. • Une pratique efficiente : un plateau technique léger limite la surenchère des investigations et optimise les coûts. La proximité, la continuité et la coordination des soins, la connaissance du patient améliorent la réponse médicale. La médecine générale limite les coûts à leur réelle nécessité et propose au patient une attitude raisonnée en terme de consommation de soins médicaux. Un médecin généraliste compétent devra, donc, être à même d’être performant dans chacune de ses caractéristiques. Le détail de ces compétences peut s’exposer de la façon suivante .


*T. B. A. Médecin généraliste,
vice-président de la SMAG

Par : Par *Docteur Tafat Bouzid Abdelkrim

L'édition du jour
en PDF
Le Journal en PDF
Archives PDF

El Djadel en PDF
El-Djadel en PDF

Copyright © 2007 Midilibre. All rights reserved.Archives
Conception et réalisation Alstel