Le Midi Libre - Culture - Abranis en concert à Béjaïaa

Edition du 9 Janvier 2013



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Nouvel an Amazigh Yennayer 2963
Abranis en concert à Béjaïaa
9 Janvier 2013

Le groupe légendaire de rock berbère Abranis revient sur la scène nationale pour fêter le nouvel an amazigh Yennayer 2963 le samedi 12 janvier prochain, à partir de 18 h, à la Maison de la culture de Béjaïa.




Abranis est un groupe de rock algérien de musique kabyle fondé en 1967 qui a connu un grand succès en Algérie, mais également en Europe, dans les années 1970, 80 et 90.
Le groupe a été créé en 1967 par Sid Mohand Tahar, dit Karim Abranis, chanteur bassiste. C’est en 1973 qu’il concrétisa son rêve avec ses amis Samir Chabane (batteur), Madi Mahdi (guitariste) et Shamy el Baz (organiste).
1967, deux ans avant Woodstock, Sid Mohand Tahar (Karim Branis) et Shamy El Baz Chemini se rencontrent au cours d’une partie de flipper dans un des quartiers populaires de Paris. Deux jeunes adultes qui grandissent avec les images d’Elvis Presley au cinéma et la lecture de magazines comme Salut les copains. Élevés aux mamelles de groupes comme les Doors, les Who et Grateful Dead, ils veulent devenir rockers.
C’est dans l’avion en direction d’Alger, en 1973, pour participer à un festival que les membres du groupe choisissent le nom de Branis, en référence à la tribu berbère des Branis, citée par l’historien Charles-André Julien. C’était un défit à l’orientalisme qui frappait la société algérienne sous l’influence du pan arabisme égyptien de Nasser. Oum Keltoum était présentée comme la référence musicale incontestée et même les artistes kabyles sombraient dans l’orientalisme. La musique des Abranis était un défi à l’idéologie dominante. A une époque où il n’était pas de bon ton de prononcer le moindre mot en berbère, les Abranis affichaient une berbérité décomplexée, naturelle sans être ostentatoire. Cependant, sur place, le nom ne sonnant pas assez algérien aux yeux du régime, les membres du groupe ajoutèrent un A avant Branis, ce qui donne le nom d’Abranis. Et c’est sous ce nom qu’ils remportèrent le prix du Festival, à la surprise générale.
Dans la foulée, ils enregistrent leur premier 45T, avec le label Oasis, dans lequel figurent les titres Athejeladde en face A et Itri lfjer en face B. Ce premier 45T sortira en 1974 sous le nom de El Abranis. Selon le leader du groupe, il s’agit d’une décision unilatérale d’Oasis.
L’année 1975 fut d’une grande richesse, avec l’enregistrement de 3 nouveaux 45T et d’un album sur cassette. Deux 45T chez le label La voix du Globe, avec le titre culte Thalite en Face B et la toute première version de leur célèbre tube Linda. Un autre 45T sort, chez le label Cléopatre, ainsi que leur premier album.
Ils enregistrent aussi deux scopitones, l’ancêtre du video clip, avec les Clodettes.
En 1975, après la tournée en Algérie, le groupe se scinde en deux.
Samir Chabane (le batteur) et Madi Mahdi (le guitariste) fondent alors un autre groupe du nom Syphax. Ils sont rejoints par le dernier membre du groupe Makhlouf et un chanteur du nom de Samy.
Des Abranis d’origine, ne restent que Karim, qui devient guitariste, et Shamy l’organiste. D’autres musiciens vont les rejoindre.
En 1977, parution d’un 45T et d’un album vinyle 33T, Abranis 77, chez Bordj El Fen, un label algérien. Musicalement, le groupe prend le contrepied de la déferlante disco de la seconde moitié des années 1970. Le style a beaucoup changé, rythme plus lent, textes plus profond, et tentative de fusionner rock et chaâbi. L’un de leur plus grands succès le très rock "Cna’lblues" triomphe sur les ondes. Et le groupe découvre la censure sur le morceau Yemma sur la face B du 45T. L’album est enregistre en France, au studio Citeaux. Lors de l’enregistrement de l’album, Karim enregistre lui-même plusieurs instruments : chant, guitare solo, rythmique, basse et batterie. La participation de nombreux musiciens vont contribuer à la coloration chaâbie de l’album, comme Mohamed Salahedine à la sitare, Arif Kendouci, Noumil Mouloud & Rami Mustapha aux violons, Emile Mayons au heaubois, Makhlouf à la basse, Smaïl Slimani au oûd et Hocine Staïfi à la derbuka.
En 1978, sortie du 3e album Imité Tayri, toujours chez Borj El Fen. Cet album est à l’opposé du précédent Abranis 77, sorti tout juste une année auparavant, laissant un impression partagée entre des morceaux légendaires comme le très bluesi "Cna’ lblues" et les titres aux sonorités chaâbies.
Pour cet album, le groupe s’est entouré de musiciens de la scène jazz, avec entre autres, le bassiste Yannick Top du célèbre groupe Magma, le pianiste Marc Goldfeder, le bassiste de Jazz Tony Bonfils. L’album Imité Tayri est un sublime album aux sonorités jazz-rock dans lequel alternent les très festifs E’edder Amerrzu, Tame’ra, Amjahe, Tassusmi et des morceaux au tempo plus lents avec Aqessam, Ayen ‘izin, Lqum agi (le désenchantement de cette génération)… En 1980, Arezki Baroudi, le batteur, et Hachemi Bellali, le bassiste, rejoignent le groupe Abranis. Sortie du 4e album, Amqsa d yize chez Numidie Music. Plus tard en 1983, le Français Yannick Guillo, guitariste, rejoint le groupe. Parmi les principaux tubes des Abranis : Linda, Wali Kan,Tizizwa ou encore Avehri.Alors que le groupe ne s’était pas produit depuis 1983, les Abranis, précurseur du genre rock-pop en Algérie, font un retour triomphal le 29 mars 2007 dans l’émission Ighw zif a yid («Retiens la nuit») avant de lancer en juin 2008 une nouvelle grande tournée dans le pays qui fut un vrai triomphe.

Par : Kahina Hammoudi

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