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Edition du 18 Novembre 2025



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Octobre Rose 2025 à Béchar
Entre engagement humain et continuité scientifique
12 Novembre 2025

La campagne Octobre Rose 2025 organisĂ©e par l’Association El Fedjr de BĂ©char, sous l’Ă©gide de la Direction de la santĂ© et de la population, a dĂ©butĂ© le 25 septembre. Durant plus d’un mois des femmes de la rĂ©gion et des alentours ont Ă©tĂ© invitĂ©es pour un diagnostic des deux cancers les plus frĂ©quents, Ă  savoir ceux du sein et du col de l’utĂ©rus. Les cas nĂ©cessitants des examens plus poussĂ©s ont Ă©tĂ© retenus et appelĂ© a se prĂ©senter le lundi 3 novembre 2025 a l’hĂ´pital Tourabi-Boudjamaâ, plus connu sous le nom d’HĂ´pital des 240 lits.





Le Professeur Belkacem Chafi prĂŞte main forte
Ă  ces campagnes humanitaires
Ainsi, très top dans la matinĂ©e de ce lundi 3 novembre 2025, les patientes commencent Ă  affluĂ©es et les couloirs de cet Ă©tablissement bruissaient d’une agitation particulière. Des femmes de tous âges, parfois venues pour consultation ou pour prĂ©senter les rĂ©sultats de leurs examens demandĂ©s par les sages femmes. « D’ailleurs, nous confient-elles, ces campagnes menĂ©es rĂ©gulière par l’association El Fedjer sont salvatrices, ceci nous encourage Ă  nous faire diagnostiquer. » En salle de consultation, le professeur Belkacem Chafi, venu d’Oran, fidèle partenaire de ces actions humanitaires et scientifiques Ă©tait sur place.
Le professeur Ă©mĂ©rite Belkacem Chafi a une fois de plus prĂŞtĂ© main forte Ă  ses collègues de BĂ©char, parmi lesquels la docteure Amel Bendouda, Mme Biara et l’ensemble de son Ă©quipe de sages-femmes. « C’est une responsabilitĂ© collective », confie-t-il avec humilitĂ©, fidèle Ă  son engagement sans faille. Le professeur Chafi n’a, en effet, jamais manquĂ© de rĂ©pondre prĂ©sent chaque fois que la cause de la santĂ© publique l’appelait. « La mĂ©decine ne s’arrĂŞte pas aux frontières des villes », rappelle-t-il, soulignant l’importance de mobiliser tous les moyens disponibles, notamment les mĂ©dias, pour renforcer la sensibilisation autour de la prĂ©vention, du dĂ©pistage prĂ©coce des cancers fĂ©minins et du suivi rĂ©gulier des patientes. Par ses mots empreints de conviction, le professeur Chafi rappelle que la mĂ©decine, avant tout, est un acte de solidaritĂ© humaine.

« La misère n’est pas moins pĂ©nible sous le soleil ardent de BĂ©char »
Certes, ces femmes ont aujourd’hui accès Ă  des dĂ©pistages, Ă  des consultations gratuites et de qualitĂ©, offertes par un grand spĂ©cialiste en gynĂ©cologie. Mais derrière ces soins, leur rĂ©alitĂ© demeure celle d’une prĂ©caritĂ© silencieuse. Dans ces rĂ©gions reculĂ©es d’AlgĂ©rie, certaines familles tutoient la misère absolue. En effet, beaucoup vivent dans des conditions sociales et Ă©conomiques d’une extrĂŞme fragilitĂ©. Assumer le coĂ»t d’examens complĂ©mentaires (scanner, biopsie, radiographie ou analyses biologiques) devient un fardeau insurmontable. Dans le secteur public, les pannes rĂ©currentes des Ă©quipements accentuent encore leur dĂ©tresse. Chaque attente devient une Ă©preuve. Chaque jour perdu, une peur de plus que la maladie s’aggrave. Car les cancers pour survenir et s’aggraver n’attendent pas que les machines de radiothĂ©rapie soient fonctionnelles. Et pourtant, dans ce dĂ©sert oĂą la chaleur consume autant les corps que les espoirs, surgissent parfois des gestes de lumière. Des âmes gĂ©nĂ©reuses, un peu plus aisĂ©es, règlent discrètement les frais d’examens, offrent des vĂŞtements, des victuailles, de l’eau potable… un mot de rĂ©confort. Grâce Ă  ces Ă©lans de solidaritĂ©, l’humanisme continue de respirer lĂ  oĂą la pauvretĂ© tente d’Ă©touffer toute dignitĂ©.
Et dans les yeux de ces femmes, brûlés par le vent du Sud, persiste une force tranquille, celle qui refuse de se plier, même lorsque tout semble perdu. Association nationale des amis des malades :
« Éloigner le mal, soulager la douleur, donner de l’espoir »

FondĂ©e en 2012, l’Association nationale des amis des malades est une association humanitaire Ĺ“uvre sans relâche pour la santĂ© des enfants Ă  travers tout le territoire algĂ©rien. Ă€ sa tĂŞte, Djebbar Djamel, ancien paramĂ©dical et aujourd’hui enseignant, consacre son temps et son Ă©nergie Ă  une cause qui lui tient profondĂ©ment Ă  cĹ“ur : l’accès aux soins chirurgicaux pour les enfants des zones d’ombre. Depuis sa crĂ©ation, cette Association, au sein de laquelle Ĺ“uvrent des Ă©quipes de mĂ©decins, pĂ©diatres, chirurgiens et anesthĂ©sistes infantiles, issus aussi bien du secteur public que privĂ©, accompagnent bĂ©nĂ©volement l’Association. « Les interventions chirurgicales se font souvent les week-ends, afin de ne pas perturber l’activitĂ© normale des hĂ´pitaux. Nous rĂ©alisons parfois jusqu’Ă  90 interventions par jour », prĂ©cise Djamel Djabour. Au demeurant, ajoutera M. Djabour, « nous intervenant dans des zones Ă©loignĂ©es, des grands centres pour venir en aide aux populations dans le besoin en leur assurant l’accompagnement nĂ©cessaire afin de les faire bĂ©nĂ©ficier des soins et des intervention chirurgicales au niveau des centres hospitaliers des grandes villes ». explique M. Djebbar,

Une oreille tendue vers les enfants sourds
L’action de l’Association intervient Ă©galement dans le dĂ©pistage et la prise en charge de la surditĂ© infantile. Ainsi, l’Ă©quipe va faire assurer Ă©galement la pose de prothèses auditives pour les surditĂ©s lĂ©gères et Ă  la rĂ©alisation d’implants cochlĂ©aires pour les cas sĂ©vères, intervention chirurgicale dĂ©licate permettant de stimuler directement le nerf auditif. « Imaginez un enfant nĂ© sourd… Il ne pourra ni entendre ni parler et donc ni suivre une scolaritĂ© normale. Lui redonner ainsi l’ouĂŻe, c’est lui offrir une vie nouvelle », confie M. Djebbar avec Ă©motion.

Des campagnes de prévention et un engagement social constant
Outre les interventions mĂ©dicales, l’association mène des campagnes de sensibilisation Ă  la vaccination et Ă  la prĂ©vention des maladies infectieuses Ă©mergentes et réémergentes. NĂ©anmoins, son rĂ´le social ne s’arrĂŞte pas lĂ  : chaque annĂ©e, Ă  l’occasion du Ramadan, des fĂŞtes religieuses ou de la rentrĂ©e scolaire, elle apporte une aide caritative aux familles qui en ont besoin, Ă  travers la distribution de denrĂ©es, de vĂŞtements ou de fournitures scolaires nonobstant des moyens financiers limitĂ©s aussi lance-telle un appel aux dons afin de soulager la charge MalgrĂ© de ces activitĂ©s, "Nous sollicitons rĂ©gulièrement les autoritĂ©s locales, mais les rĂ©ponses tardent Ă  venir", dira M. Djebbar. "Heureusement, notre crĂ©dibilitĂ© et notre travail sur le terrain nous valent la confiance de nombreux bienfaiteurs", a-t-il ajoutĂ©. A cet effet, M. Djebbar plaide pour un soutien plus fort de l’État envers les associations de santĂ© : « La santĂ© publique n’a pas de prix. Aider un enfant malade, c’est investir dans l’avenir du pays. »

Une mission humanitaire porteuse d’espoir
Le slogan de l’association, « Éloigner le mal, soulager la douleur, donner de l’espoir », rĂ©sume parfaitement sa philosophie. Chaque enfant guĂ©ri, chaque famille soulagĂ©e tĂ©moigne de la portĂ©e humaine et spirituelle de cette mission. « Notre satisfaction est divine », conclut M. Djebbar. Au siège de l’association El Fedjr...
Des femmes se battent contre la maladie
et contre l’oubli

Elles sont dix-sept. Dix-sept femmes venues des fins fonds du pays, des villages oubliĂ©s du Sud, des hameaux perdus du Nord ou des Hauts-Plateaux, rĂ©unies Ă  BĂ©char, au siège de l’association El Fedjr, prĂ©sidĂ©e par Mme Biara, une femme au grand cĹ“ur qui a fait de la solidaritĂ© son combat. Certaines ont traversĂ© plus de 1.400 kilomètres en bus ou en train, dans la fatigue, le froid ou la chaleur, emportant avec elles un sac, un foulard, et surtout un espoir immense : celui de guĂ©rir et de retrouver leur foyer, leur famille et enfants.
« Elles arrivent Ă©puisĂ©es, souvent seules, mais jamais rĂ©signĂ©es », confie Mme Biara, le regard empreint d’une Ă©motion qu’elle ne cherche plus Ă  cacher. Dans cette maison d’accueil modeste mais pleine de chaleur humaine, ces femmes partagent bien plus qu’un toit : elles partagent leurs douleurs, leurs peurs, leurs rires parfois, et une solidaritĂ© qui les aide Ă  tenir debout. Elles sont jeunes, pour la plupart. Le cancer a frappĂ© sans prĂ©venir, du sein, du cĂ´lon, de l’utĂ©rus, et bouleversĂ© leur vie. Certaines n’ont pas revu leurs enfants depuis des mois. D’autres ont Ă©tĂ© abandonnĂ©es par leur mari, incapables de supporter la maladie. Toutes ont connu ce sentiment d’injustice qui ronge, cette solitude qui Ă©treint. Pourtant, ici, elles se reconstruisent, pas Ă  pas, grâce Ă  l’Ă©coute, Ă  la tendresse et Ă  cette thĂ©rapie de groupe qu’anime souvent Mme Biara elle-mĂŞme, entre deux dĂ©marches administratives ou un rendez-vous mĂ©dical. « Elles se soutiennent les unes les autres. Quand l’une faiblit, l’autre lui tient la main. Elles ont créé une famille de fortune, mais une vraie famille » Dans cet espace simple, les gestes du quotidien deviennent des rituels de survie : cuisiner ensemble avec les victuailles offertes par des bienfaiteurs, prĂ©parer le thĂ©, tricoter, coudre, rire un peu, marcher dans la cour quand la santĂ© le permet. C’est leur manière de rĂ©sister, de rester vivantes. Mais derrière les sourires, les larmes ne sont jamais loin. Mme Biara l’avoue : « Parfois, elles Ă©clatent en sanglots sans prĂ©venir… alors on s’assoit, on parle, on pleure ensemble. Puis on reprend courage. » Les difficultĂ©s financières aggravent encore leur peine. Faute de moyens, beaucoup ne peuvent payer les examens indispensables : scanners, Ă©chographies, analyses — quand les hĂ´pitaux publics dĂ©clarent leurs machines en panne. Dans ces cas-lĂ , c’est encore Mme Biara qui tire la sonnette d’alarme, cherchant un don, une aide, une oreille attentive. Et malgrĂ© tout, dans ce lieu de douleur et d’espĂ©rance mĂŞlĂ©es, la vie continue. Ces femmes refusent de baisser les bras. Elles rĂŞvent d’un retour au foyer, d’un jour nouveau oĂą la maladie ne sera plus qu’un souvenir lointain. Elles espèrent simplement vivre, pour leurs enfants, pour elles-mĂŞmes — et pour prouver que le courage, parfois, porte un foulard et un sourire silencieux.Le rĂŞve de Mme Biara
Construire un centre d’accueil plus vaste au profit de patientes venues des plus profondes contrĂ©es

Par solidaritĂ©, courage et dĂ©vouement, Mme Biara incarne une lutte quotidienne contre la maladie et l’abandon des femmes atteintes de cancer. PrĂ©sidente de l’association El Fedjr, elle a fait de la dignitĂ© des patientes son credo. Très active sur le terrain, cette dame, sage-femme de profession, est engagĂ©e dans la prĂ©vention, la sensibilisation et l’accompagnement social et matĂ©riel des personnes atteintes de cancer, en particulier envers celles venues des rĂ©gions Ă©loignĂ©es. En effet, ces dernières parcourent parfois des centaines de kilomètres pour venir se faire soigner. Au demeurant, dira Mme Biara, notre devoir et de venir en aide Ă  nos concitoyennes souvent dans le besoin. Pour l’heure, Mme Biara se bat chaque jour pour offrir gĂ®te et couvert Ă  ces patientes allant jusqu’Ă  transformer son propre domicile en structure d’accueil d’appoint dans l’attente de leur cure de radiothĂ©rapie laquelle peut s’Ă©taler selon le cas sur une pĂ©riode de 3 mois.
Cette petite structure de Mme Biara recevra par moment jusqu’Ă  une vingtaine de personnes lorsque le centre d’hĂ©bergement du CAC est saturĂ©. L’engagement de la prĂ©sidente ne s’arrĂŞte pas Ă  l’hĂ©bergement. Chaque jour, elle prend le volant de son vĂ©hicule personnel pour accompagner les patientes Ă  leurs rendez-vous mĂ©dicaux (examens ou sĂ©ances de radiothĂ©rapie.) En consĂ©quence, il est Ă  remarquer que pour pouvoir assurer ces activitĂ©s l’Association El Fedjr recoit par moment des dons de quelques citoyens reconnaissant par lĂ -mĂŞme l’engagement et les sacrifices de l’Ă©quipe de Mme Biara. Cependant, les besoins restent Ă©normes et les donateurs ne sont pas nombreux. Aussi, Mme Biara sollicitera une subvention des pouvoirs publics et au-delĂ  l’aide de bienfaiteurs Ă©ventuels pour rĂ©aliser le projet de ses rĂŞves, selon son expression, Ă  savoir construire un centre d’accueil plus consĂ©quent afin de rĂ©pondre de manière encore plus performante aux besoins de ces femmes. « Nous sommes toujours en attente de l’affectation d’un terrain et d’un dĂ©but de financement par les autoritĂ©s compĂ©tentes. En tout Ă©tat de cause, ce centre je le vois comme une planche de salut dans cet ocĂ©an de dĂ©tresse », conclut Mme Biara. ClĂ´ture d’Octobre Rose 2025 Ă  BĂ©char
La science et la solidarité main dans la main

Le 6 novembre 2025, la facultĂ© de mĂ©decine Tahri-Mohamed de BĂ©char a vibrĂ© au rythme d’une journĂ©e scientifique placĂ©e sous le signe de la solidaritĂ© et du savoir. OrganisĂ©e Ă  l’initiative de l’Observatoire rĂ©gional de santĂ© du Sud-Ouest, relevant de l’Institut national de santĂ© publique, cette rencontre a marquĂ© la clĂ´ture officielle de la campagne Octobre Rose 2025. MĂ©decins, enseignants, Ă©tudiants et responsables du secteur de la santĂ© s’y sont retrouvĂ©s dans une atmosphère Ă  la fois studieuse et profondĂ©ment humaine, unis par une mĂŞme volontĂ© : celle de faire reculer le cancer par la connaissance et la prĂ©vention. Inscrite dans le cadre de la formation mĂ©dicale continue, cette journĂ©e avait pour objectif de dresser le bilan des actions menĂ©es contre les infections Ă  HPV et les cancers du sein, tout en partageant les enseignements tirĂ©s de la campagne Ă©coulĂ©e. Les Ă©changes, d’une grande richesse, ont mis en lumière les dĂ©fis persistants du dĂ©pistage, en particulier dans les zones reculĂ©es oĂą chaque consultation peut reprĂ©senter un espoir. La prĂ©sence du vice-recteur de l’universitĂ©, du doyen de la FacultĂ© de mĂ©decine et de plusieurs responsables rĂ©gionaux de la santĂ© a donnĂ© Ă  l’Ă©vĂ©nement une portĂ©e Ă  la fois institutionnelle et symbolique. Ă€ travers leurs interventions, une conviction s’est affirmĂ©e : la mĂ©decine n’est pas qu’une science, elle est un acte de solidaritĂ©. LĂ  oĂą le savoir Ă©claire, la compassion unit. La journĂ©e s’est conclue sur un message vibrant, repris d’une mĂŞme voix : La sensibilisation au cancer du sein et du col de l’utĂ©rus ne s’arrĂŞte pas avec la fin d’Octobre Rose. Elle continue dans les amphithéâtres, les dispensaires, et surtout, dans les cĹ“urs et les consciences. Ă€ BĂ©char, cette Ă©dition 2025 n’a pas seulement rappelĂ© l’importance du dĂ©pistage : elle a cĂ©lĂ©brĂ© la tĂ©nacitĂ© d’une communautĂ© mĂ©dicale et citoyenne qui, annĂ©e après annĂ©e, poursuit son combat contre la maladie, animĂ©e par la foi en la vie et le refus de la rĂ©signation.


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