Toujours aussi disponible qu’avenant, le Docteur Larbi Mariche, le pĂ©diatre habituĂ© de nos colonnes, nous parle aujourd’hui de l’Ă©pidĂ©mie de rubĂ©ole qui sĂ©vit ces jours-ci chez nous. D’emblĂ©e, notre mĂ©decin se veut rassurant et n’est pas avare de conseils aux mamans. Le Docteur Mariche prĂ©sente dans cet entretien Ă nos lecteurs cette maladie et les prĂ©cautions Ă prendre…
Midi Libre : Il y a une Ă©pidĂ©mie de rubĂ©ole qui sĂ©vit dans les alentours d’Alger en ce moment, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est cette maladie ?
Dr L. Mariche : La rubĂ©ole est une maladie infectieuse Ă©ruptive qui concerne surtout les enfants chez qui elle est habituellement bĂ©nigne. Elle est due Ă un virus de la famille des Togaviridae. genre Rubivirus ; il a Ă©tĂ© isolĂ© pour la première fois en 1962 par Parkman et par Weller et Neva. C’est un virus strictement humain et se transmet par contacts interhumains directs (par l’intermĂ©diaire des gouttelettes de Pflugge).
La rubĂ©ole est une infection cosmopolite qui sĂ©vit toute l’annĂ©e mais avec une recrudescence au printemps, comme c’est le cas dans notre pays ces derniers jours.
Comment se manifeste-t-elle ?
La rubĂ©ole dans son histoire naturelle survient chez l’enfant dans la seconde enfance ; entre 4 et 10 ans (mais le nourrisson peut ĂŞtre atteint) après une pĂ©riode d’incubation qui sĂ©pare la contamination de l’Ă©ruption est qui dure en moyenne 14 Ă 21 jours survient une phase de prodromes durant 2 Ă 3 jours et associant fĂ©bricule( fièvre modĂ©rĂ©e) ; malaise; cĂ©phalĂ©es puis apparition de l’Ă©ruption cutanĂ©e (exanthème) qui est en fait le premier signe de la rubĂ©ole ; elle dĂ©bute au visage et s’Ă©tend rapidement au cou, au thorax, puis aux membres supĂ©rieurs, puis enfin aux membres inferieurs en 48 heures. Cette Ă©ruption s’accompagne d’adĂ©nopathies (ganglions enflĂ©s) au niveau des cervicales postĂ©rieures et occipitales et retro-auriculaires ; elles sont douloureuses Ă la palpation. Cette Ă©ruption dure en moyenne 3 jours. L’Ă©tat gĂ©nĂ©ral du malade est conservĂ©.
Est-elle contagieuse ?
La rubĂ©ole est une maladie contagieuse par excellence. Les sujets infectĂ©s sont contagieux 10 jours avant l’Ă©ruption et le demeurent 15 jours après que la maladie soit apparente ou non.
Quelles sont ses complications ?
La rubéole est une maladie en général bénigne mais certaines complications peuvent survenir:
- les atteintes articulaires (arthrites) aiguës touchant les chevilles, les genoux, les poignets et les petites articulations des mains ;
- les complications neurologiques (encéphalites) sont exceptionnelles ;
- le purpura thrombopĂ©nique (par diminution du taux sanguin des plaquettes) d’Ă©volution bĂ©nigne
- les réinfections sont possibles.
Est-il obligatoire de vacciner les enfants contre cette maladie ?
La vaccination est obligatoire dans certains pays (USA, France Suède…), mais dans notre pays elle ne figure pas dans notre calendrier vaccinal national
Est-elle dangereuse chez la femme enceinte ?
Le vrai danger de la rubĂ©ole est sa transmission possible Ă une femme enceinte encore sĂ©ronĂ©gative et donc rĂ©ceptive du virus. Le virus peut, en effet, en gagnant l’embryon ou le fĹ“tus par voie transplacentaire, provoquer une infection et/ou de sĂ©vères malformations groupĂ©es sous le terme de RubĂ©ole CongĂ©nitale associant la triade de Gregg:
- cataracte et autres anomalies oculaires ;
- malformations cardiaques ;
- surdité et retard psychomoteur.
L’objectif de la vaccination contre la rubĂ©ole est donc de supprimer la redoutable rubĂ©ole congĂ©nitale en supprimant la rubĂ©ole et la circulation du virus.
Comment la soigne-t-on ?
Puisque la rubĂ©ole est une infection virale, donc elle n’a pas de traitement spĂ©cifique et son traitement repose uniquement sur les mesures symptomatiques avec repos et Ă©viction scolaire jusqu’Ă guĂ©rison
Conseils pour maman ?
Pas de panique, la rubĂ©ole est une maladie gĂ©nĂ©ralement bĂ©nigne chez l’enfant sans caractère de gravitĂ© ; sans toux et sans prurit. Les formes de l’adolescent et de l’adulte sont souvent plus sĂ©vères, comme ils existent des formes frustres et asymptomatiques, c’est-Ă -dire forme inapparente (le quart des cas.)