Le Midi Libre - evénement - L’impuissance des pouvoirs publics

Edition du 7 Juillet 2019



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Marchés informels
L’impuissance des pouvoirs publics
7 Juillet 2019

Alors qu’une guerre a été déclarée aux marchés informels, un simple tour dans les quartiers populaires d’Alger, peut nous dévoiler l’impuissance des pouvoirs publics à maîtriser la situation

Les pouvoirs publics subissent en effet échec après échec. Baisse de garde ou conséquence conjoncturelle ? On ne lesait pas !Mais, la réalité du terrain est là et le phénomène du "trabendo" reprend de plus belle à Alger. De Bab el-Oued, au quartier populaire de Bachdjarah, en passant par lequartier Mohamed-Belouizdad et Meissonnier, le marché informel est en pleine expansion.Mais ce retour fracassant ne s’est pas fait dans la sérénité.

Le nombre de vendeurs à la sauvette s’est multiplié, provoquant des débordements sur les chaussées et des rixesentre les nouveaux et anciens vendeurs qui tentent de protéger leurs espaces.Ajouter à cela, les risques qui pèsent sur lasanté publique avec des marchandises étalées
sur les trottoirs, surtout en ces tempsde grande chaleur. On y vend de tout.Des jeunes et moins jeunes proposent auxpassants des fromages (dans l’irrespecttotal de la chaîne du froid), des produits cosmétiques, des ustensiles, des vêtementsou encore des appareils électroniques, étalés à même le sol ou sur des supports bricolés. Tentés par "les bas prix", des habituésfont le bonheur des marchands à lasauvette. Ils préfèrent s’approvisionner auprès de l’informel, alors que le marché couvert setrouve à quelques mètres de là. Tout estmatière à gagner sa journée ou, pour certains,arrondir les fins de mois.On peut dire que le mouvement populaireest l’une des principales raisons du recul du gouvernement sur sa décision de livrer bataille à l’informel.

Car, sur le terrain, c’est tout le contraire du prédit, qui est en train de se produire. Ce sont, paradoxalement, les pratiques informelles qui s’étendent progressivement au secteur formel : vente sans factures, sans déclaration fiscale, sans garantie, ni service après-vente. D’où l’échec, de la tentative gouvernementale d’imposer, le paiement par chèque pour tout montant supérieur à 500.000 DA. La paix sociale a un coût que l’État est prêt à assumer dans un contexte de contestation qui embrase notre pays depuis quelques semaines déjà. "La bataille contre le commerce informel est loin d’être gagnée sur le terrain", regrettent à l’unanimité les commerçants rencontrés.

Certes des efforts ont été consentis, mais insuffisants. 1.092 marchés ont été éradiqués jusqu’à la fin 2018, selon un bilan du ministère du Commerce. Le nombre global d’intervenants informels exerçants dans ces marchés s’élève, quant à lui, à plus de 55.000, alors que le nombre d’intervenants réinsérés dans le tissu commerciallégal n’est que de près de 25.000

Par : IDIR AMMOUR

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