Le Midi Libre - evénement - Une fête sous haute surveillance

Edition du 14 Juin 2018



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Aïd el-fitr
Une fête sous haute surveillance
14 Juin 2018

Un dispositif préventif, sera appliqué par toutes les unitéset formations réparties surl’ensemble du territoirenational, par la multiplicationet le renforcement despatrouilles, des points decontrôle et de fouille, àl’entrée des villes, les routes express et l’autoroute Est-Ouest.

Al’occasion de l’Aïd el-fitr pour l’année 1439 de l’Hégire, etdans le cadre de la poursuite del’application du dispositif mis en place, durant le mois de Ramadhanpour la protection des personnes et desbiens, le commandement de laGendarmerie nationale a pris des dispositionspréventives durant les deuxjours de l’Aïd, en adaptant ses dispositifsopérationnels mises en servicesau niveau de toutes les wilayas dupays visant la préservation de la sécurité et la tranquillité publiques.

A cet effet, un ensemble de mesures etde dispositions ont été prises pourassurer la sécurité des citoyens lors de leurs déplacements et leur présence dans les lieux publics, notammentdans les lieux de prière, les cimetières,les lieux de loisirs..., en mobilisanttoutes les unités de la Gendarmerie nationale (territoriales, sécurité routière,sections de sécuritéet d’interventionet unités d’intervention) afinde garantir la disponibilité permanenteet continue, une interventionrapide, apporter l’aide nécessaire et présenter un service de proximité de qualité au citoyen.

Ce dispositif préventif, sera appliquépar toutes les unités et formationsréparties sur l’ensemble du territoirenational, par la multiplication et lerenforcement des patrouilles, des points de contrôle et de fouille, à l’entrée ndes villes, les routes express etl’autoroute Est-ouest ainsi que surtous les axes routiers dont les lignesferroviaires.

Il permettra d’assurer lasécurité des trains, stations de transportdes voyageurs, et la fluidité de lacirculation, notamment à la fin dumois sacré, qui connait une densité dela circulation ainsi qu’un nombreélevé des voyageurs, entre les wilayaset dans toutes les destinations, à traversles moyens de transport privé etpublic. A noter que le numéro vert 10- 55 et les sites électroniquesppgn.mdn.dz et Tariki-dz, restent à la disposition des citoyens, 24h/24h, pour toute demande d’aide ou assistance.La Gendarmerie nationale souhaite aupeuple Algérien, une bonne fête del’Aïd et vous accompagne dans vos déplacements et lieux de votre présence.

Qui arrêtera les poids lourds sur nos routes ?

Bon an mal an, les accidents de la route fauchent entre 3.500 et 4.000vies humaines en Algérie. L’annéepassée, un peu plus de 3.600 personnesont laissé la vie sur les routesdans quelque 25.000 sinistres.Une légère tendance à la baisse estenregistrée, mais les chiffres demeurentextrêmement élevés proportionnellementau nombre d’habitants etsurtout à la taille du parc automobilenational, estimé à six millions d’unités.

Pour saisir l’ampleur du désastre,essayons une petite comparaison, avecla France bien sûr : avec son immenseparc de 40 millions de véhicules, sapopulation avoisinant les 70 millionsd’habitants et autant de touristes qui y séjournent chaque année, ce pays enregistre moins de décès sur les routes que l’Algérie (3.400 en 2017). Depuis l’Indépendance, le nombre cumulé de victimes s’apparente à un bilan de guerre, ce qui, en principe devrait hisser la lutte contre le phénomène au rang de priorité nationale. ire que l’Algérie ne fait rien pour arrêter l’hécatombe serait inexact.

La législation est sans cesse mise à jour avec des clauses de plus en plus répressives, les différents corps de sécurité sont bien fournis en effectifs et moyens ultramodernes, un centre national de prévention routière est mis en place avec un budget conséquent et des campagnes de sensibilisation sontrégulièrement menées. Mais est-ce suffisant ? Au vu des chiffres macabres communiqués à chaque fin d’année, on est tenté de répondre par la négative, même si, à y voir de plus près, le problème ne réside pas dans les moyens humains et matériels ainsi que dans les outils législatifs mis en oeuvre.

La bonne interrogation serait donc celle-ci : l’Algérie fait-elle ce qu’il faut pour juguler le terrorisme routier ? Les actions menées ciblent-elles les véritables causes des accidents ? Là, le doute est permis, non seulement à cause du nombre de victimes qui demeure à des seuils élevés, mais aussi parce que les mêmes causes sont incriminées dans chaque bilan, sans susciter une réaction énergique et des mesures spécifiques. C’est le cas du comportement quasi criminel de certains chauffeurs de poids lourds. Les facteurs d’accidents sont maintenant largement identifiés et même hiérarchisés.

On sait par exemple que le gros des victimes sur les routes est causé par les camions de gros tonnage et les bus de transport de voyageurs. Comme ce lundi 11 juin, sur l’autoroute Est-Ouest au niveau de Lakhdaria, où une collision a eu lieu entre deux camions et un bus de transportde voyageurs. Bilan : deux morts et six blessés. Plus d’une fois, on a entendu des responsables de différents niveaux envisager de nouvelles mesures et promettrel’enfer aux chauffards, sans suite, hélas. Sur les principaux axes routiers, notamment les autoroutes, les mastodontes d’acier continuent de semer la mort, et au vu de certains comportements auxquels on assiste, on se demande bien si ces délinquants de la route n’ont pas un sentiment d’impunité.

Excès de vitesse, surcharge, conduite sur la voie de gauche, manoeuvres dangereuses… Sur les réseaux sociaux, on a même vu des vidéos de gros tracteurs avec remorque prenant l’autoroute en sens inverse, à vive allure. La volonté de tuer est manifeste. Parfois, c’est la pression du travail et du gain qui fait prendre à certains chauffeurs des risques insensés, comme la conduite durant de longues heures, sans repos. Les accidents impliquant bus ou camions sont quotidiens, d’où la questioninévitable à chaque fois qu’un grave danger plane sur la sécurité publique : que font les services de sécurité ?Les services de sécurité tentent de faire leur travail, mais une succession de dysfonctionnements et deméthodes désuètes a fini par castrerleur action.

Déjà que policiers et gendarmes ne sont pas présents en force sur certains axes routiers, maismêmequand ils le sont, leurs méthodes sont d’une inefficacité criante, avec notamment des barrages fixes et des radars aux mêmes endroits, ce qui n’est pas le meilleur moyen de surprendre les habitués. Aussi, il arrive certes qu’unchauffard soit pris en flagrant délit, mais il peut toujours récupérer son permis retiré en faisant actionner ses connaissances, où celles de son employeur. ela dit, le travail des agents de l’ordre aurait bien pu être simplifié si le gouvernement était allé au bout de son idée de doter les gros camions de mouchards, une méthode peu coûteuse et terriblement efficace. Tiens, une explication concernant cette autre, reculade ne sera pas de trop…

Par : CHAHINE ASTOUATI

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