Le Midi Libre - evénement - Ingérence pour les uns et protection pour les autres

Edition du 9 Novembre 2011



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Appel à l’aide étrangère
Ingérence pour les uns et protection pour les autres
9 Novembre 2011

Le développement de la crise syrienne confirme nos appréhensions déjà exposées dans nos précédents papiers. Le tabou de l’intervention étrangère inculqué par les pouvoirs en place, est en train de s’effriter.

Dans un communiqué, le Conseil national syrien (CNS), réclame «l’envoi immédiat d’observateurs arabes et internationaux à Homs pour qu’ils surveillent la situation sur le terrain et empêchent le régime de continuer à commettre ses massacres barbares". Ainsi, l’opposition syrienne, sur les traces de celle de son homologue libyenne, n’hésite pas à demander ce qu’elle appelle la «protection internationale», qui n’est autre chose qu’un appel à l’intervention étrangère aux yeux du président al-Assad et de son régime. Du point de vue du droit international, la protection internationale vise à protéger les droits de l’homme contre l’oppression des Etats. Même si l’on peut trouver des inconvénients à l’Onu, force est de reconnaître que son avènement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale a contribué à l’émergence d’une institution arbitrale entre les Etats dans le monde et principalement entre les Etats qui y adhèrent volontairement. Le texte de référence sur lequel s’appuie l’organisme onusienne est la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948. Depuis lors, plus de 50 conventions relatives aux droits de l’homme, inspirées de ce document de base, ont été ratifiées par les Etats membres. Dans les faits, ces engagements des Etats à respecter les droits de l’homme n’ont jamais été respectés. Beaucoup de gouvernements ont créé des institutions démocratiques factices pour éviter de rendre des comptes sur leur gestion des droits politiques et socio-économiques des populations qu’ils administrent. Des régimes «pluralistes» de façade servent purement d’écrans pour cacher leur nature dictatoriale profonde. Ce qui signifie que l’adhésion de ces pays aux nombreuses conventions n’est que de pure forme. Leur souci majeur reste le paraître et la fabrication de l’image extérieure dans un contexte dominé par la médiatisation à outrance à la faveur de l’essor des nouvelles technologies. C’est dans le cadre d’un modèle politique étriqué et anachronique que les citoyens des pays concernés sont appelés à faire valoir leurs droits. La marge de manœuvre étant de ce fait très réduite, les protestations sont arrêtées par les autorités en place sous des prétextes divers : atteinte à l’ordre public, non-respect des lois du pays, danger des radicalismes politiques, etc. Les peuples, en fait, ne disposaient pas jusque-là de suffisamment de ressources politiques pour s’imposer face à leurs gouvernants. Les crises au Maghreb et au Moyen-Orient ont eu pour effet de faire éclater ces cadres factices, ces règles du jeu préfabriquées, qui servent à étouffer les expressions de larges pans de la société civile. On l’a vu très bien avec la crise en Libye et en Syrie, les institutions «démocratiques» face à la contestation populaire qui les remettait en cause ont sorti les blindés contre la foule en colère.
La nouveauté, cette fois-ci, réside dans le fait que le mouvement de dé-légitimation des pouvoirs en place soit revendiqué par la Ligue arabe, réputée jadis comme le syndicat des chefs d’Etat. Que vaut la légitimité d’un Etat quand celui-ci n’est pas en mesure de garantir la sécurité de ses ressortissants sur son propre territoire ? C’est cette problématique que, désormais, soulève ce vent de révolte qui souffle dans les pays du Sud.

Par : LARBI GRAÏNE

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