Le Midi Libre - Monde - Les partisans d’Ouattara déterminés à en découdre

Edition du 18 Décembre 2010



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Risques de nouvelles violences en Côte d’Ivoire
Les partisans d’Ouattara déterminés à en découdre
18 Décembre 2010

Les violentes manifestations de jeudi, qui ont ravivé le spectre de la guerre civile, ont fait au moins 20 morts à Abidjan, dix manifestants et dix membres des forces de l’ordre, selon une porte-parole du président sortant, dont la réélection le 28 novembre proclamée par le Conseil constitutionnel est rejetée par la communauté internationale.

Le gouvernement mis en place par Alassane Ouattara, déclaré vainqueur de la présidentielle par la Commission électorale indépendante avec le soutien de la communauté internationale, a indiqué pour sa part que les forces de sécurité loyales à Laurent Gbagbo avaient tué 14 manifestants qui marchaient sur le siège de la Radio-télévision ivoirienne (RTI).
Les partisans d’Alassane Ouattara ont annoncé qu’ils poursuivraient leurs manifestations ce vendredi pour forcer Laurent Gbagbo à céder le pouvoir. "Nous continuerons à défiler. Demain, nous essaierons de nouveau de nous rendre à la RTI", a déclaré jeudi soir un porte-parole de l’équipe Ouattara, Patrick Achi, joint par téléphone.

Des miliciens du Liberia ?
Les rues d’Abidjan étaient plus calmes qu’à l’accoutumée vendredi matin. De nombreux commerces sont restés fermés et la circulation était fluide. L’échec des partisans d’Alassane Ouattara jeudi semble montrer que Laurent Gbagbo contrôle fermement l’appareil militaire, notamment la garde présidentielle, qui, d’après des témoins, a joué un rôle majeur dans ces affrontements. D’après le camp Gbagbo, certains manifestants étaient armés tandis que du côté d’Alassane Ouattara on affirme que des miliciens originaires du Liberia ont attaqué la foule. Les deux parties démentent ces accusations réciproques. Des affrontements ont également été signalés jeudi à Tiebissou, une ville du centre de la Côte d’Ivoire sur la ligne de démarcation qui divise le pays depuis la brève guerre civile de 2002-2003 entre le Nord tenu par les rebelles et le Sud contrôlé par le gouvernement de Laurent Gbagbo. Les violences de jeudi sont les plus graves depuis que le pays a basculé dans une situation de blocage politique, les deux candidats du second tour se considérant comme élu. "Les forces de sécurité pro-Gbagbo comme les Forces nouvelles rebelles pro-Ouattara semblent prêtes à en découdre, il suffirait de très peu de choses pour que la situation dégénère complètement", résume Rolake Akinola, analyste chez VoxFrontier Consulting.

Ultimatum
L’Onu, les Etats-Unis, les Etats africains et la France ont reconnu la victoire d’Alassane Ouattara mais Laurent Gbagbo et le Conseil constitutionnel la contestent en faisant état d’une fraude électorale massive dans le nord du pays.
A Washington, un responsable de l’administration américaine a prévenu jeudi soir que les Etats-Unis, la France et les puissances africaines avaient fixé à Laurent Gbagbo un ultimatum pour quitter la Côte d’Ivoire dans un délai qui se compte "en jours", faute de quoi il s’exposerait à des sanctions. "Nous pensons fermement qu’il écoute attentivement ce que les Etats-Unis, la France, la Cedeao et l’Union africaine lui disent tous clairement. Il a une décision à prendre et il a un laps de temps limité pour se décider", a-t-il dit. Une délégation de l’Union africaine emmenée par Jean Ping, le président de la Commission africaine, doit discuter avec les deux camps vendredi à Abidjan. L’UA a cependant fait savoir qu’elle ne croyait guère en un accord de partage de pouvoir qui permettrait de sortir la Côte d’Ivoire de cette crise. L’Union européenne s’est accordée lundi sur des sanctions ciblées contre le président de la Côte d’Ivoire et son entourage. Mais on souligne à Bruxelles, de source diplomatique, que la France presse ses partenaires pour que les sanctions ne soient pas immédiatement appliquées. Paris, explique-t-on, souhaite conserver une carte pour faire face à une dégradation de la situation.


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