Le Midi Libre - Supplément Magazine - Un peu d’histoire 

Edition du 7 Avril 2010



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Un peu d’histoire 
7 Avril 2010

Le terme miel, du latin mel, est apparu dans la langue au Xe siècle. Le miel a accompagné les plus anciennes civilisations dans leur évolution. On trouve sa trace sur des peintures rupestres datant de 20 mille ans. De tout temps, on lui a rattaché une riche symbolique, dont celle d’être la substance des dieux. Sumériens et Babyloniens s’en servaient dans leurs rituels religieux, tandis que les Egyptiens en embaumaient leurs morts. Pour les Hébreux, la Terre promise était celle où coulaient le lait et le miel. Selon les cultures, le miel est un élixir de longue vie, aliment des aliments, boisson des boissons, médicament des médicaments, et on lui a prêté de nombreuses propriétés médicinales. On s’en servait également pour conserver les aliments. C’est ainsi qu’au Ve siècle, l’historien Hérodote écrit que les Grecs allant chasser le faisan, dans ce qui est l’actuelle Géorgie, les immergeaient dans des amphores remplies de miel pour le voyage de retour. L’histoire des abeilles se confond, donc, avec celle de l’humanité. L’homme des cavernes récoltait déjà du miel dans des anfractuosités rocheuses ou dans les arbres. Non seulement les abeilles produisent ce divin nectar, qui fut longtemps le seul édulcorant connu, mais encore elles sont indispensables à la pollinisation des fleurs. Le rôle de l’abeille est capital dans les divers cycles de la vie. Elle constitue un élément dans la chaîne interactive des écosystèmes. Sans abeilles, pas de reproduction de certaines espèces végétales, ce qui entraînerait leur disparition et, donc, la disparition de certaines espèces animales.

Usages thérapeutiques du miel
Depuis la nuit des temps, le miel a servi de médicament sur toute la planète. Durant les Première et Seconde Guerres mondiales, le miel était utilisé pour soigner les blessés. La généralisation des antibiotiques après 1945 a fait un peu oublier ses vertus antiseptiques et cicatrisantes.
Empiriquement, on prête au miel les vertus de la plante dont il est issu. Les dernières recherches scientifiques montrent que c’est un plus compliqué !
Dans les années 90, plusieurs centres hospitaliers universitaires africains ont mené des recherches sur l’usage thérapeutique du miel, notamment le CHU de Lomé au Togo. Face à l’afflux de patients présentant des plaies infectées et des brûlures, ces hôpitaux, disposant de peu de moyens, étaient démunis. Se souvenant de l’utilisation ancestrale du miel dans les régions reculées, ils ont eu l’idée de l’utiliser pour traiter leurs patients. Notant scrupuleusement leurs résultats, ils sont passés d’un usage empirique à une validation scientifiquement prouvée. Les résultats obtenus sont spectaculaires : cicatrisation des plaies et des brûlures, disparition de pratiquement tous les germes au bout de 45 jours. Cet effet cicatrisant est dû au peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée) produit en continu par les enzymes du miel à partir de son sucre au contact d’une plaie. Ainsi, sans léser les tissus, le miel tue les microbes, même ceux qui résistent aux antibiotiques. De plus, il crée un milieu acide et humide propice à la croissance des cellules, apaise la douleur et stimule le système immunitaire.
Au début des années 2000, des essais cliniques ont été repris en Europe, notamment en France, au CHU de Limoges. Le miel se montre incomparable sur les plaies béantes, mêmes infectées, et sur les brûlures au 1er et 2e degrés. La cicatrisation est deux fois plus rapide qu’avec des produits conventionnels venus tout droit de l’industrie pharmaceutique !
Attention, pas d’automédication ! D’abord, tous les miels n’ont pas les mêmes vertus. Les plus efficaces sont ceux de thym, de lavande et de châtaignier. Par ailleurs, le miel doit être d’une pureté totale, sans résidus ni germes. Il ne doit pas avoir été chauffé, ni exposé à la lumière.

Usage cosmétique :
Au vu de ce qui précède, on comprend l’intérêt du miel dans les cosmétiques. Si nous vous déconseillons un usage thérapeutique sans contrôle médical, nous ne pouvons qu’approuver un usage immodéré dans vos produits de beauté ! Vous pouvez l’ajouter à vos préparations maison — attention ne pas le chauffer à plus de 40°, il perdrait toutes ses vertus — voire tel quel, en masque par exemple. Veillez à ne pas endommager vos miels par un stockage dans de mauvaises conditions et à les prélever à l’aide d’ustensiles propres (spatules, cuillères, etc.). L’intérêt des préparations maison, c’est que vous pouvez choisir le type de miel adapté. Par analogie, vous privilégierez les miels utilisés en dermatologie.
On comprend aussi que l’adjonction de miel dans une crème de soin ou un shampooing n’est souvent qu’un simple argument marketing. En effet, conserver toutes les propriétés de ce précieux ingrédient demande énormément de précautions au niveau choix du miel, de son stockage et de sa transformation. Des impératifs quasi impossibles à tenir dans l’industrie des cosmétiques conventionnels. Rappelez-vous que presque tous les industriels de l’agro-alimentaire ont un département cosmétique. Aussi, les miels que vous retrouvez dans leurs produits de beauté sont ceux qui ont été déclassés, voire ceux qui sont impropres à la consommation.

Le miel en Suisse
La Suisse est le pays qui a la plus forte densité de ruches au monde. Elle produit près 3 mille tonnes de miel par an. Cependant, pour couvrir la demande des consommateurs, elle doit en importer environ 6 mille tonnes. Quant à la production de miels bio en Suisse, elle est confidentielle.


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