Le Midi Libre - evénement - La carte bleue pour appâter l’intelligence

Edition du 7 Avril 2010



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Un nouveau titre de séjour valable dans les 27 pays de l’UE
La carte bleue pour appâter l’intelligence
7 Avril 2010

Le gouvernement français veut bien des étrangers sur son territoire à condition qu’ils soient très qualifiés. Pour aspirer les compétences des pays du Sud, le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale s’apprête à présenter à l’adoption un texte instituant la «carte bleue» européenne.

Ce nouveau titre de séjour valable dans les 27 pays de l’Union européenne pour une durée de 3 ans renouvelables est réservé aux étrangers justifiant d’un diplôme niveau bac+3 ou d’une expérience professionnelle d’au moins 5 ans. Ces conditions réunies, l’étranger doit également posséder un contrat de travail d’une entreprise française ou européenne avec un salaire égal d’au moins une fois et demi du SMIG du pays d’accueil. Cette carte bleue permet une procédure plus facile pour le regroupement familial comme par exemple la suppression de la condition de durée minimale exigée des autres étrangers pour faire venir leurs enfants ou leur conjoint.
Celui-ci bénéficie des conditions induites par la carte bleue puisqu’il peut travailler dès son arrivée en France par le biais du regroupement familial. La carte bleue aura t-elle plus de succès que la carte compétences et talents instituée en 2007 ? Rien n’est moins sûr. La carte compétences n’a été délivrée qu’à 469 personnes en 2009 et seulement 25% des étrangers entrés en France cette même année étaient titulaires d’un diplôme supérieur. En réalité, un haut niveau d’études ne garantit pas toujours l’accès à un emploi en France non seulement pour des raisons économiques telles que l’augmentation du taux de chômage mais également pour des raisons de discriminations comme il a été prouvé par plusieurs testings et enquêtes.
Les étrangers, comme d’ailleurs nombre de jeunes français d’origine maghrébine, préfèrent tenter leurs chances aux USA, en Grande-Bretagne et de plus en plus dans les pays du Golfe. Pour les autres candidats à l’immigration, le ministre français de l’Immigration se montre moins magnanime. Dans son projet de loi, les conditions de séjour en France sont durcies et le recours aux expulsions facilitées. Un étranger, même en possession d’un visa, peut être expulsé s’il est considéré comme une menace à l’ordre public. Il peut être refusé le renouvellement de son titre de séjour d’un an à un étranger qui n’aurait pas respecté le contrat d’accueil et d’intégration qui stipule, entre autres, l’apprentissage de la langue française.
L’acquisition de la nationalité est, elle, soumise à la signature d’une «charte des droits et devoirs du citoyen.» Le plus dur est réservé cependant aux sans-papiers. Arguant de la transposition de trois directives européennes dans le droit français, le nouveau texte prévoit la création d’une zone temporaire dès que la frontière est franchie. Autrement dit, en n’importe quel lieu sur le territoire, là où des clandestins sont arrêtés.
Toutes les organisations de défense des droits des étrangers et des droits de l’Homme en général ont dénoncé ce texte «liberticide» qui confère en outre plein pouvoir au juge administratif. Il est à craindre que ces protestations n’émeuvent pas outre mesure le ministre de l’Immigration, décidé à donner un coup de vis supplémentaire à l’immigration.
G. K.

Par : Ghania Khelifi

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