Le Midi Libre - La 24 - Un face-à-face attendu

Edition du 24 Septembre 2009



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Sarkozy-Mahmoud Ahmadinejad
Un face-à-face attendu
24 Septembre 2009

Les échanges d’amabilités entre Nicolas Sarkozy et Mahmoud Ahmadinejad ne datent pas d’aujourd’hui. Au lendemain de la réélection très controversée de ce dernier ainsi que les interpellations et condamnations suite aux manifestations ont fait réagir les pays européens en général, la France en particulier.

L’Iran a vite fait de répondre en accusant le président français de s’ingérer dans les affaires internes de l’Iran. Et puis voilà que survient l’affaire Clotilde Reiss, cette jeune Française, chercheuse, retenue en Iran pour, selon les autorités de ce pays, espionnage. Celle-ci a été arrêtée le 12 juin et incarcérée le 1er juillet dernier durant quarante-cinq jours puis libérée le 16 août à condition qu’elle demeure à l’ambassade de France à Téhéran en attendant son jugement. Le président iranien avait alors conditionné le bénéfice de clémence en faveur de Clotilde Reiss par le fait que Nicolas Sarkozy en fasse autant à l’endroit des prisonniers iraniens détenus en France comme, notamment, un certain Ali Vakili Rad, emprisonné pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre Chapour Bakhtiar. Aussi, les relations entre Paris et Téhéran ont atteint un degré de tension extrême. Il est vrai que lors d’un séjour à Berlin, le 31 août dernier, le président Nicolas Sarkozy s’était exprimé en ces termes : «Je voudrais dire combien nous sommes admiratifs du courage du peuple iranien. Je veux redire qu’il mérite mieux que les dirigeants actuels». Le président français était alors interrogé sur la situation politique en Iran après la réélection contestée le 12 juin du président Mahmoud Ahmadinejad, qui a provoqué des manifestations de protestation sans précédent dans la République islamique. Il n’en fallait pas plus pour provoquer le courroux de Mahmoud Ahmadinejad. L’arrogance qu’on lui connaît n’a pas tardé à se manifester et c’est sur la chaîne de télévision française France2 que l’homme a tenu à répliquer à son homologue français. «Pour moi, la colère de monsieur Sarkozy n’est pas recevable.  Ce monsieur s’ingère dans les affaires intérieures de notre nation. Moi aussi j’ai un avis semblable. Je pense que le peuple français mérite mieux que ses dirigeants actuels». Il a en outre évoqué le sort de beaucoup de détenus iraniens dans les prisons françaises en suggérant la possibilité d’un échange entre ces détenus et la jeune universitaire française arrêtée en Iran. Est-ce là une proposition de compromis assortie de condition ? Et il devait poursuivre : «Vous devez savoir qu’il y a quelques Iraniens qui sont en prison en France depuis des années. Ce sont des prisonniers qui, eux aussi, ont une famille, eux aussi ont un père, une mère, malheureusement nous n’avons vu aucune action du gouvernement français en faveur de ces prisonniers». Le président ultra conservateur n’a pas manqué d’égratigner le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner qu’il estime avoir contribué aux troubles qui ont émaillé sa réélection. La réponse du président français était attendue hier. Jettera-t-il de l’huile sur le feu ou enterra-t-il la hache de guerre ? Une affaire à suivre.

Par : Soraya Hakim

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