Le référendum sur la révision constitutionnelle, dont la date a été fixée lundi par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour le 1er novembre 2020, se déroulera conformément aux dispositions prévues dans la Constitution et la Loi organique de 2016 relative au régime électoral.
L’article 8 de la Constitution stipule que "le pouvoir constituant appartient au peuple". Le mĂȘme article Ă©nonce que "le peuple exerce sa souverainetĂ© par l’intermĂ©diaire des institutions qu’il se donne. Le peuple l’exerce aussi par voie de rĂ©fĂ©rendum et par l’intermĂ©diaire de ses reprĂ©sentants Ă©lus. Le prĂ©sident de la RĂ©publique peut directement recourir Ă l’expression de la volontĂ© du peuple". Dans le mĂȘme sillage, l’article 91.34 fait rĂ©fĂ©rence aux pouvoirs et prĂ©rogatives que confĂšrent les dispositions de la Constitution au prĂ©sident de la RĂ©publique, citant dans son alinĂ©a 8 que le PrĂ©sident "peut, sur toute question d’importance nationale, saisir le peuple par voie de rĂ©fĂ©rendum".
Dans l’article 208 de la Constitution, il est mentionnĂ© que "la rĂ©vision constitutionnelle est dĂ©cidĂ©e Ă l’initiative du prĂ©sident de la RĂ©publique". Elle est votĂ©e en termes identiques par l’AssemblĂ©e populaire nationale et le Conseil de la nation, dans les mĂȘmes conditions qu’un texte lĂ©gislatif. Le mĂȘme article Ă©nonce que la rĂ©vision constitutionnelle est "soumise par rĂ©fĂ©rendum Ă l’approbation du peuple dans les cinquante (50) jours qui suivent son adoption", notant aussi que cette "rĂ©vision constitutionnelle, approuvĂ©e par le peuple, est promulguĂ©e par le PrĂ©sident de la RĂ©publique". L’article 209 de la Constitution prĂ©voit, en outre, le cas de figure de rejet du rĂ©fĂ©rendum par le peuple et stipule Ă cet effet : "La loi portant projet de rĂ©vision constitutionnelle repoussĂ©e par le peuple, devient caduque. Elle ne peut ĂȘtre Ă nouveau soumise au peuple durant la mĂȘme lĂ©gislature". Sur le plan pratique et technique, la Loi organique de 2016 relative au rĂ©gime Ă©lectorale apporte des dĂ©tails sur le dĂ©roulement du rĂ©fĂ©rendum, notamment dans ses articles 149, 150 et 151. En ce sens, l’article 149 de cette Loi stipule : ""Les Ă©lecteurs sont convoquĂ©s par dĂ©cret prĂ©sidentiel quarante-cinq (45) jours avant la date du rĂ©fĂ©rendum". Le texte soumis au rĂ©fĂ©rendum est annexĂ© au dĂ©cret prĂ©sidentiel prĂ©vu Ă l’alinĂ©a cidessus".
Les modalitĂ©s de dĂ©roulement du rĂ©fĂ©rendum sont prĂ©cisĂ©es dans l’article150 qui Ă©nonce : "Il est mis Ă la disposition de chaque Ă©lecteur deux bulletins de vote imprimĂ©s sur papier de couleurs diffĂ©rentes, l’un portant la mention OUI, l’autre la mention NON". Le mĂȘme article prĂ©cise que "la question prĂ©vue pour les Ă©lecteurs est formulĂ©e de la maniĂšre suivante : Etes-vous d’accord sur... qui vous est proposĂ© ?", relavant aussi que "les caractĂ©ristiques techniques des bulletins de vote sont dĂ©finies par voie rĂ©glementaire".
Pour une Algérie nouvelle
Le rĂ©fĂ©rendum sur la rĂ©vision constitutionnelle constituera l’aboutissement d’une des prioritĂ©s majeures que s’est assignĂ©es, au lendemain de son Ă©lection, le prĂ©sident de la RĂ©publique, Abdelmadjid Tebboune, en vue de jeter les bases de "l’AlgĂ©rie nouvelle". La date du rĂ©fĂ©rendum sur la rĂ©vision constitutionnelle a Ă©tĂ© fixĂ©e au 1er novembre prochain, a annoncĂ© ce lundi la prĂ©sidence de la RĂ©publique dans un communiquĂ©. "Le prĂ©sident de la RĂ©publique, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu ce lundi M. Mohamed Chorfi, prĂ©sident de l’AutoritĂ© nationale indĂ©pendante des Ă©lections (ANIE), qui lui a prĂ©sentĂ© un exposĂ© sur les prĂ©paratifs en cours pour l’organisation des Ă©chĂ©ances Ă©lectorales programmĂ©es, Ă commencer par le rĂ©fĂ©rendum sur le projet de rĂ©vision de la Constitution", a indiquĂ© le communiquĂ©.
"Au cours de cette rencontre et, Ă la lumiĂšre des consultations du prĂ©sident de la RĂ©publique avec les parties concernĂ©es, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de fixer la date du 1ernovembre 2020 pour la tenue du rĂ©fĂ©rendum sur le projet de rĂ©vision de la Constitution", a-t-il prĂ©cisĂ©. Le prĂ©sident Tebboune a appelĂ©, lors de la rĂ©cente rencontre Gouvernement-walis, Ă se prĂ©parer pour le rĂ©fĂ©rendum de rĂ©vision de la Constitution "afin de garantir les meilleures conditions et moyens matĂ©riels et psychologiques Ă mĂȘme de permettre au citoyen d’avoir son mot Ă dire sur l’avenir de son pays". Il a exprimĂ©, par la mĂȘme occasion, ses remerciements Ă ceux qui ont contribuĂ© Ă l’enrichissement de la mouture de l’avantprojet de rĂ©vision de la Constitution parmi les personnalitĂ©s nationales, les partis politiques, les syndicats, les associations civiles, les enseignants universitaires et autres, comme il a saluĂ© et "valorisĂ©" les 2.500 propositions formulĂ©es. Il a soulignĂ© que la rĂ©vision de la Constitution constitue l’une des prioritĂ©s des chantiers annoncĂ©s par ses soins pour l’Ă©dification de "l’AlgĂ©rie nouvelle".
D’ailleurs, lors de sa confĂ©rence de presse tenue au lendemain de son Ă©lection le 12dĂ©cembre 2019, Ă la magistrature suprĂȘme, il avait affirmĂ© que sa prioritĂ©, sur le plan politique, consistera Ă opĂ©rer une "profonde rĂ©forme" de la Constitution. Joignant le geste Ă la parole, le prĂ©sident Tebboune, a procĂ©dĂ© le 8 janvier 2020, Ă la crĂ©ation d’un ComitĂ© d’experts chargĂ© de formuler des propositions pour une rĂ©vision constitutionnelle, dans le cadre de la concrĂ©tisation de cet engagement. La rĂ©vision de la Constitution constitue la "pierre angulaire pour l’Ă©dification d’une nouvelle RĂ©publique afin de concrĂ©tiser les revendications de notre peuple, exprimĂ©es par le mouvement populaire", comme l’a soulignĂ© la PrĂ©sidence de la RĂ©publique. PrĂ©sidĂ© par M. Ahmed Laraba, en sa qualitĂ© de professeur de Droit international public, et membre de la Commission du Droit international de l’ONU, le comitĂ© avait pour mission d’"analyser et d’Ă©valuer, sous tous ses aspects, l’organisation et le fonctionnement des institutions de l’Etat" et de "prĂ©senter au prĂ©sident de la RĂ©publique des propositions et recommandations ayant pour objet de conforter l’ordre dĂ©mocratique fondĂ© sur le pluralisme politique et l’alternance au pouvoir".
Les propositions et recommandations du comitĂ© devraient Ă©galement permettre de "prĂ©munir" le pays contre toute forme d’autocratie et d’assurer une "rĂ©elle sĂ©paration et un meilleur Ă©quilibre des pouvoirs en introduisant davantage de cohĂ©rence dans le fonctionnement du pouvoir exĂ©cutif et en rĂ©habilitant le Parlement notamment dans sa fonction de contrĂŽle de l’action du gouvernement". La mouture de l’avant-projet sur les amendements proposĂ©s par le comitĂ© a Ă©tĂ© remise, le 24 mars dernier, par M. Larabaau prĂ©sident Tebboune qui a saluĂ© les membres de ce comitĂ© "pour les efforts fournis, deux mois durant, pour traduire la volontĂ© de changement radical en articles constitutionnels lesquels constitueront les fondements de l’Ă©dification de la nouvelle RĂ©publique, une fois cautionnĂ© par le peuple dans sa version consensuelle finale". Il est Ă noter, par ailleurs, que la distribution de ce document aux personnalitĂ©s nationales, chefs de partis, de syndicats, d’associations et d’organisations de la sociĂ©tĂ© civile ainsi qu’aux mĂ©dias avait Ă©tĂ© reportĂ©e en raison de la conjoncture que vit le pays, suite Ă la propagation de la pandĂ©mie du coronavirus Covid-19, le temps de l’amĂ©lioration de la situation sanitaire.
-Le dernier mot reviendra au peuple
Le prĂ©sident Tebboune a affirmĂ© que "le changement revendiquĂ© par le Hirak populaire est, certes, un changement pacifique, mais radical qui passe par la Constitution, le socle de l’Etat", soulignant, Ă ce propos, que "le changement ne doit pas s’opĂ©rer au sein des bureaux ou ĂȘtre l’apanage d’un certain groupe mais doit Ă©maner du peuple qui aura le derniermot et toute la libertĂ© de valider ou de refuser la mouture de l’avantprojet de rĂ©vision de la Constitution".
Il a prĂ©cisĂ©, dans le mĂȘme sillage, qu’en cas de refus, "l’ancienne Constitution sera econduite, avec la dĂ©termination d’opĂ©rer le changement", ajoutant que "les partisans de la pĂ©riode de transition et les comploteurs d’autres rives ont tort puisque le train est dĂ©jĂ en marche et ne reviendra pas en arriĂšre".