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Cycle de la guerre d’AlgĂ©rie dans le cinĂ©ma français
Un devoir de mémoire et de reconnaissance
11 Octobre 2009

"Le cycle de la Guerre d’AlgĂ©rie dans le cinĂ©ma français" : trois films pour revenir sur la reprĂ©sentation de la guerre d’AlgĂ©rie dans le cinĂ©ma français organisĂ© par le Centre culturel français d’Alger. Une initiative pour se souvenir des Ă©vĂ©nements les plus marquants de notre histoire.

AbordĂ©e de manière dĂ©tournĂ©e par quelques cinĂ©astes militants, la Guerre d’AlgĂ©rie a longtemps Ă©tĂ© un sujet tabou, peinant Ă  trouver sa reprĂ©sentation cinĂ©matographique dans le 7ème Art hexagonal. En effet, il faut attendre les annĂ©es 2000, avec entre autres La trahison de Philippe Faucon, Cartouches gauloises de Mehdi Charef ou encore L’ennemi intime de Florent Emilio Siri, pour voir le conflit directement portĂ© Ă  l’Ă©cran proposant enfin un espace propice au dĂ©bat et au travail de mĂ©moire. A travers ce cycle de films, le Centre culturel français d’Alger offre aux cinĂ©philes, mais Ă©galement aux passionnĂ©s d’histoire et de mĂ©moires. Après la projection, mercredi passĂ©, du long mĂ©trage français Muriel, ou le Temps d’un retour  d’Alain Resnais (1963, 117 minutes) avec Delphine Seyrig, Jean-Pierre KĂ©rien et Jean-Baptiste ThierrĂ©e, le Centre culturel prĂ©voit ce mercredi de 15 Ă  18h30 la projection du film Nuit noire 17 octobre 1961 d’Alain Tasma (France, 2005, 105minutes) d’après le scĂ©nario de Patrick Rotman, François-Olivier Rousseau et Alain Tasma avec la participation de plusieurs comĂ©diens Ă  l’instar de Clotilde Courau, Thierry Fortineau et Jean-Michel Portal. Les Ă©vĂ©nements se dĂ©roulent bien entendu le 17 octobre 1961, 30.000 de nos compatriotes gagnent le centre de Paris pour une manifestation pacifique, Ă  l’appel du FLN. Dans la soirĂ©e, des milliers de personnes sont arrĂŞtĂ©es. Dans les jours qui suivent, on repĂŞche des cadavres dans la Seine.

A la croisée des destins
Le film croise les destins de personnages qui ont, chacun, une vue partiale et partielle de la situation : Sabine, journaliste ; Nathalie, porteuse de valises ; Martin, jeune flic sans engagement politique ; Tierce, policier syndicaliste ; Tarek, ouvrier de nuit non militant ; son neveu, Abde, qui suit des cours du soir ; Ali SaĂŻd, cadre au FLN ; Maurice, coordonnateur de la FĂ©dĂ©ration de France du FLN, Ă  tous ces personnages s’ajoute une figure historique : le prĂ©fet Papon.A partir de la juxtaposition et de la confrontation de ces points de vue, le spectateur reconstitue le puzzle des Ă©vĂ©nements, Ă©pouse tour Ă  tour les «vĂ©ritĂ©s changeantes» de chacun. Nuit noire 17 octobre 1961 a remportĂ© le Grand Prix du scĂ©nario au FIPA (Festival international des programmes audiovisuels) de Biarritz en 2005. Au dĂ©part, ce long mĂ©trage est un tĂ©lĂ©film produit par la chaĂ®ne cryptĂ©e Canal +. DiffusĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision le 7 juin 2005, ce long mĂ©trage a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une sortie en salles, le 19 octobre 2005. En 1997, le documentaire Ă  succès de Yamina Benguigui MĂ©moires d’immigrĂ©s avait connu pareil destin, passant du petit au grand Ă©cran. EvĂ©nement occultĂ© des livres d’histoire pendant de nombreuses annĂ©es, la rĂ©pression meurtrière, par la police, et avec le consentement du gouvernement, des manifestants le soir du 17 octobre 1961, n’a Ă©tĂ© portĂ©e sur la place publique qu’Ă  partir des annĂ©es 80, mĂŞme si Pierre Vidal-Naquet avait Ă©voquĂ© cette question dès 1972 dans La Torture dans la RĂ©publique. Le scĂ©nariste de Nuit noire 17 octobre 1961, Patrick Rotman est un spĂ©cialiste de la Guerre d’AlgĂ©rie. Co-auteur, avec HervĂ© Hamon, du livre Les Porteurs de valises en 1979, il a rĂ©alisĂ© pour la tĂ©lĂ©vision des documentaires sur le sujet : La Bataille d’Alger (1997) et L’Ennemi intime (2004) (adaptĂ© d’un de ses ouvrages). En 1992, il co-signe avec Bertrand Tavernier le documentaire-fleuve La Guerre sans nom. Très tĂ´t, dans les films français, des allusions sont faites Ă  la Guerre d’AlgĂ©rie. Le hĂ©ros d’Adieu Philippine de Rozier (1963) se prĂ©pare Ă  faire son service, mais les "Ă©vĂ©nements" sĂ©parent aussi les amants des Parapluies de Cherbourg de Demy (1964). Godard traite le sujet de façon frontale dans Le Petit Soldat, un film qui, pour cause de censure, ne sortira qu’en 1963, soit trois ans après son tournage. Dans les annĂ©es 60 toujours, Alain Cavalier signe deux films politiques, Le Combat dans l’Ă®le et L’Insoumis. Citons ensuite Avoir 20 ans dans les Aurès de RenĂ© Vautier (1971), Elise ou la Vraie Vie de Michel Drach (1970) et R.A.S. de Yves Boisset (1973). Après ces Ĺ“uvres de dĂ©nonciation, les cinĂ©astes peuvent Ă©voquer le sujet de manière plus apaisĂ©e (Outremer de Brigitte RoĂĽan en 1990, Les Roseaux sauvages d’AndrĂ© TechinĂ© en 1994), mĂŞme si Nico Papatakis signe en 1991 le très sombre Les Equilibristes. En 1999, Pour Vivre au paradis, Bourlem Guerdjou, un film sur la vie des immigrĂ©s algĂ©riens Ă  Nanterre dans les annĂ©es 60, la manifestation du 17 octobre 1961 est Ă©voquĂ©e Ă  travers une reconstitution.Nuit noire 17 octobre 1961 a Ă©tĂ© tournĂ© intĂ©gralement en rĂ©gion parisienne. Lieux-clĂ©s du rĂ©cit, le bidonville de Nanterre a Ă©tĂ© reconstituĂ© Ă  Stains (Seine-Saint-Denis) et le Pont de Neuilly sur l’Ă®le Saint-Denis.La sĂ©ance de projection sera suivie Ă  partir de 18h30 d’un dĂ©bat animĂ© par Daho Djerbal, professeur d’histoire Ă  l’universitĂ© de BouzarĂ©ah, chercheur et directeur de la revue Naqd.

Par : Kahina Hammoudi

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