Le Midi Libre - Culture - Le parolier qui forgeait le vers
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Evocation, Zerrouk Daghefali
Le parolier qui forgeait le vers
22 Juillet 2008

Il y a deux ans, nous a quittés sur la pointe des pieds, le poète et parolier Zerrouk Daghefali, à l’âge de 57 ans. Nombre d’interprètes chaabis ont repris ses textes, parmi un diwan riche de plus de deux cents qcids.

Natif de Larbaa, Zerrouk Daghefali grandit dans les ruelles et venelles de l’antique Casbah où il s’imprégnait de l’ambiance des airs chaabis qui embaumaient les quartiers d’El Bahdja dans les années cinquante et soixante. Il écrivait par les moyens de l’enthousiasme et de la force de l’imagination. Sa fibre sensible et sa passion de la versification n’avaient de cesse de grandir en lui. «Tout jeune, je ne faisais qu’écouter et apprécier la belle poésie des cheikhs Bensahla, Ben Msaib, El Maghraoui, Kaddour El ’Alami et autre Sidi Lakhdar Benkhlouf», confiait-il, quelques jours avant sa disparition, au détour d’une qaâda dans un café dans le quartier populeux qu’est Bab el-Oued. Zerrouk ne gratte pas la mandoline, ne pince pas les cordes du banjo, ne joue pas la percussion, ne chante pas, mais le Destin l’avait prédisposé pour déclamer le qçid que beaucoup d’interprètes répercutent lors de soirées conviviales. Malgré le travail mené dans l’ombre, il était sollicité aussi bien par des maîtres affirmés que des chanteurs en herbe. Parfois, il s’isole pour pouvoir s’inspirer. Il a écrit notamment pour son ami intime Dahmane Kobbi et autres Abdelkader Chercham, Abdelkader Chaou, Kamel Bourdib, Noureddine Mokdad pour ne citer que ceux-là. En effet, Zerrrouk Daghefali possède un riche diwan constitué de plus de deux cents qcids. «Ce qui me tient à cœur est de léguer ce patrimoine populaire pour la postérité, les jeunes, notamment (…), car cela fait partie de notre héritage culturel, tenait-il à souligner. Les thèmes de prédilection du regretté Zerrouk Daghefali sont aussi variés que diversifiés, mais la majeure partie de ses œuvres est composée de mdih. Parmi ses titres, l’on peut citer ‘’Arrassi yahdik’’, ‘’Zahoue’ Abssari’’, ‘’Sidi Mohamed El f’dhil’’, ‘’Yadra anchouf mqam El hachemi el Mokhtar’’et autres qcids comme ‘’Ya Taha Mohammed’’, ‘’Ya raouf’’, ‘’Koul châter et oualfi’’. Le parolier, nous expliquait-il, doit être avant tout un «observateur patenté de la société au sein de laquelle il évolue (...). Il doit s’abreuver de son substrat». Zerrouk vivait son exil intérieur en silence. Un exil qui se résume dans ce besoin pressant de s’exprimer, établir un constat des lieux et interpeller la conscience sur telle ou telle chose.

Par : Farouk Baba Hadji

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