Selon le Dr Alex Vasquez1, spĂ©cialiste en mĂ©decine nutritionnelle et fonctionnelle, toute pathologie commence par de l’inflammation. Il propose un protocole de soins en 7 points applicables Ă tout patient, presque sans exception, et la plupart du temps en parallèle des traitements classiques.
Ce schĂ©ma thĂ©rapeutique permet, le cas Ă©chĂ©ant, de potentialiser les soins classiques dans le cadre d’une prise en charge Ă visĂ©e intĂ©grative. Les indications de ce protocole sont les suivantes :
Les pathologies métaboliques : risque cardiovasculaires, tension artérielle, diabète, syndrome métabolique sous traitement ;
L’asthme allergique ou la rhinite allergique ;
Les maladies auto immunes, comme par exemple le psoriasis ou la polyarthrite rhumatoĂŻde.
Toutes ces maladies ont pour dĂ©nominateur commun l’inflammation. Il existe sept dĂ©nominateurs communs entre l’obĂ©sitĂ©, le diabète, l’hypertension, le syndrome mĂ©tabolique, l’allergie avec ou sans asthme et les maladies auto-immunes :
PrĂ©disposition gĂ©nĂ©tique : nous ne pouvons pas la modifier Ă l’heure actuelle, donc nous ne la considĂ©rons pas comme un facteur Ă prendre en compte ;
1. Nutrition : excès d’hydrates de carbone, allergies alimentaires, carences et dĂ©sĂ©quilibres nutritionnels (excès : blĂ©, sucres, insuline…);
2. Inflammation générée par des infections chroniques;
3. Immuno-modulation : possibilitĂ© d’une action sur l’Ă©pigĂ©nĂ©tique grâce Ă la modulation de certaines cellules immunitaires;
4. Dysfonction mitochondriale (respiration de la cellule) notamment liés aux toxines;
5. Psycho-neuro-immunologie : stress, psychologie, sociologie, mode de vie, activités physiques, sommeil;
6. Déséquilibres hormonaux;
7. Exposition aux xénobiotiques et accumulation de toxines : produits chimiques, métaux lourds, perturbateurs endocriniens…
Ce sont les sept causes mais également les sept facteurs Modifiables des désordres chroniques inflammatoires.
Commençons par la nutrition. Aujourd’hui, l’alimentation habituelle est principalement pro-inflammatoire. Voici les principes d’une diète anti-inflammatoire qui permet de lutter contre l’inflammation : Une nutrition de type palĂ©o-mĂ©diterranĂ©en : fruits -et en particulier baies, lĂ©gumes, poisson et bĹ“uf de bonne qualitĂ©, Ĺ“ufs, volailles, graines germĂ©es, olĂ©agineux (noix, noisettes, amandes etc..) ; Ni excès ni carences en vitamines et minĂ©raux : en particulier la vitamine D pour son action anti inflammatoire ;
Une bonne combinaison des acides gras polyinsaturĂ©s, « des bons gras » anti inflammatoires: en l’occurrence, l’acide alpha linolĂ©nique (ALA), l’acide gamma linolĂ©nique (GLA), comme l’huile de bourrache, les omega 3 : l’acide eicosapentaenoĂŻque (EPA) et l’acide decosahexaenoĂŻc (DHA) issus des poissons gras de mers froides, des algues, enfin, l’acide olĂ©ique de l’huile d’olive ;
Une complĂ©mentation en probiotiques, surtout en cas d’allergies, prise d’antibiotiques ou syndrome de l’intestin irritable ;
Une diminution de la consommation du sel de table ;
Un bon Ă©quilibre acido-basique qui permet de limiter la fuite des minĂ©raux, d’abaisser le cortisol, de mieux Ă©liminer les toxines, d’augmenter les endorphines analgĂ©siques.
La nutrition pro-inflammatoire est mondialement le lot de la majoritĂ© des populations aujourd’hui. Voici ce qu’il convient d’Ă©viter :
une nutrition riche en sucres : elle est immunosuppressive et gĂ©nère un stress oxydatif pendant les quatre heures suivant l’ingestion ;
une nutrition grasse : surtout l’acide arachidonique, l’acide linolĂ©ique et les gras saturĂ©s, avec dĂ©ficit de « bons gras », les acides gras polyinsaturĂ©s ;
un déficit en vitamines et minéraux, surtout en magnésium et en vitamine D ;
les allergènes ;
une insuffisance en phytonutrients : antioxydants, fibres… ;
une insuffisance en fibres, générant constipation et augmentation de la pression artérielleles aliments qui favorisent la dysbiose, et éventuellement une hyperperméabilité intestinale : sucre, blé, pomme de terre, produits laitiers ;
la sĂ©dentaritĂ© : l’adipose est pro-inflammatoire et pro- oestrogĂ©nique. L’exercice physique diminue l’inflammation, via l’immunitĂ© et la sensibilitĂ© Ă l’insuline ;
l’accumulation de toxiques : sous diagnostiquĂ©e sur le plan mondial ;
le stress Ă©motionnel et relationnel est toxique ; il contribue Ă l’inflammation, freine la capacitĂ© de rĂ©paration, intervient dans l’immunosuppression de la muqueuse, ce qui entraĂ®ne encore plus de dysbiose.
Focus sur les sucres
Le sucre sous toutes ses formes induit un stress oxydatif et une utilisation massive d’antioxydants. Il modifie la fonction mitochondriale (respiration de la cellule) mais aussi immunitaire. Il augmente la rĂ©sistance Ă l’insuline, qui est une mĂ©thode mise au point par le corps pour rĂ©sister Ă l’absorption du sucre; quand le sucre arrive en trop grande quantitĂ©, il est transformĂ© et stockĂ© sous forme lipides (gras), en bref, le corps produit de l’insuline pour se protĂ©ger de l’excès de sucre. Entre Ă©galement en jeu une substance appelĂ©e cĂ©ramide qui bloque l’entrĂ©e du sucre dans la cellule, sans quoi elle mourrait Ă©touffĂ©e. A l’heure actuelle la majoritĂ© de la population mondiale consomme des sucres 3 Ă 6 fois par jour : ce processus de tamponnage permanent conduit Ă l’hyperglycĂ©mie chronique puis au diabète de type 2. Hyperinsulinisme chronique, dyslipidĂ©mie, athĂ©rosclĂ©rose, tension artĂ©rielle chronique et syndrome mĂ©tabolique sont associĂ©s. Par ailleurs, l’insuline contribue Ă la rĂ©tention de sel et d’eau qui provoque une tension artĂ©rielle Ă©levĂ©e : il s’agit de facteurs pro-inflammatoires, consommateurs d’anti-oxydants, et gĂ©nĂ©rateur de dysfonction mitochondriale. Une alimentation pauvre en glucides, ainsi que le jeĂ»ne, diminue l’inflammation.
Focus sur le blé
Le blĂ© est un glucide, donc un sucre complexe, ce qui explique que sa consommation pluriquotidienne oblige le corps Ă gĂ©rer l’insuline au mĂŞme rythme que son absorption, trop Ă©levĂ© Ă ce jour pour un mĂ©tabolisme humain.
En plus, il existe de nombreuses autres raisons de modérer sa consommation de blé :
Le blé est pauvre en nutriments, surtout comparées aux légumes et aux fruits ;
Le blé est pauvre en phyto-nutriments ;
Le blĂ© est gĂ©nĂ©rateur d’intolĂ©rances, d’allergies, de maladie coeliaque, avec pour consĂ©quences : acnĂ©, migraine, urticaire…;
Le blé favorise la circulation de complexes immuns ;
Le blé produit des fermentations (gaz non odorants) liée à une présence majorée de certaines bactéries ;
Le blé est pro-inflammatoire : la gliadine, protéine du blé, stimule les monocytes pro inflammatoires.
L’alimentation modifie la flore intestinale, dans le bon ou le mauvais sens. L’objectif est le suivant : moins de bactĂ©ries dans l’intestin. Sans sucre, les bactĂ©ries sont condamnĂ©es : le jeĂ»ne, le rĂ©gime pauvre en glucides les font mourir. Pour exemple, l’hyperpermĂ©abilitĂ© intestinale et la dysbiose crĂ©ent un risque supplĂ©mentaire dans le cas de diabète.
Focus sur les OGM
AssociĂ©s Ă certains pesticides, ils gĂ©nèrent une rĂ©action pro-inflammatoire avec augmentation des anticorps comme les IgG, IgE, les IL-6, les T-cells. Par exemple, ils augmentent l’asthme, les allergies, l’arthrite juvĂ©nile, l’autisme - qui est passĂ© de 1 sur 10.000 Ă 1 sur 80 - , l’altĂ©ration du système immunitaire. Le cerveau peut ĂŞtre Ă©galement touchĂ© par le relarguage de glutamate, qui gĂ©nère des anomalies au niveau de la synthèse des neurotransmetteurs.
Infections chroniques et dysbiose
Aujourd’hui, nombre de patients produisent une rĂ©ponse inflammatoire pathologique Ă un microbe non pathogène. Il s’agira d’observer non pas une rĂ©action classique Ă un hĂ´te indĂ©sirable mais une rĂ©action individuelle Ă un dĂ©sĂ©quilibre de la flore intestinale qui exacerbe l’inflammation et dĂ©clenche des rĂ©ponses pathologiques personnelles : sur un mĂŞme terrain dĂ©sĂ©quilibrĂ©, une personne dĂ©clenchera une dermatite, une autre de l’arthrite, une autre une neuropathie pĂ©riphĂ©rique.
Les localisations peuvent ĂŞtre gastro-intestinales, bucco-dentaires, ORL et respiratoires, gynĂ©cologique, dermatologique…. La dysbiose peut avoir des effets cliniques dans la sphère mĂ©tabolique : maladie de Raynaud, migraines, maladie d’Alzheimer, fibromyalgie ou dans la sphère inflammatoire : psoriasis, eczĂ©ma, arthrite…
Il s’agira de :
rétablir le terrain grâce à des plantes anti-microbiennes dont certaines sont plus puissantes que les antibiotiques les plus puissants ;
restaurer l’immunitĂ© ;
améliorer la tolérance immunitaire.
L’analyse des selles et la recherche d’hypermĂ©abilitĂ© intestinale seront utiles pour le diagnostic : par exemple, on retrouve souvent le pseudomonas associĂ©e avec la sclĂ©rose en plaques.
Infections et dysbiose sont gĂ©nĂ©ratrices d’inflammation, et donc de toutes les pathologies qui seront dĂ©veloppĂ©es selon la sensibilitĂ© individuelle du patient.
L’ immuno-modulation
nutritionnelle
L’immuno-modulation nutritionnelle permet d’agir sur l’Ă©pigĂ©nĂ©tique grâce Ă la nutrition, via le système immunitaire. Il est possible de changer des populations de cellules immunitaires quel que soit l’âge du patient et dans un dĂ©lai d’un mois seulement : il s’agira de favoriser la tolĂ©rance et d’abaisser l’inflammation.
Les moyens suivants sont nécessaires pour favoriser cette restauration immunitaire :
Une alimentation pauvre en sel car le sel active l’inflammation via les cellules Th-17 ;
Une nutrition anti-inflammatoire comme détaillé précédemment ;
L’Ă©radication de la dysbiose intestinale ;
Une suffisance en vitamine A : 27 Ă 47% des patients ne savent pas convertir le bĂŞta carotène en vitamine A, c’est pourquoi il faut recommander de la vitamine A et non son prĂ©curseur ;
Une suffisance en vitamine D car elle induit des cellules immunitaires régulatrices (T cells). Le taux sanguin idéal se situe entre 50 et 100 ng/mL ;
Les probiotiques pour l’Ă©quilibre de la flore intestinale ;
Le thé vert pour son rôle anti-oxydant ;
Des anti-oxydants dont le majeur, l’acide alpha lipoĂŻque. Par exemple, l’acide alpha lipoĂŻque rĂ©duit de 35 Ă 50% les cellules immunitaires IL-17 impliquĂ©es dans la sclĂ©rose en plaques.
Des acides gras polyinsaturés (bonnes graisses).
Les dysfonctionnements
mitochondriaux
La dysfonction mitochondriale (respiration de la cellule), notamment liĂ©e aux toxines prĂ©sentes dans les tissus, gĂ©nère une inflammation chronique et nombre de maladies. Elle peut ĂŞtre Ă l’origine de l’inflammation, de l’allergie (asthme en particulier), d’auto-immunitĂ©, du syndrome mĂ©tabolique, de problèmes cardio-vasculaires, de fibromyalgie, de migraine, de maladies dĂ©gĂ©nĂ©ratives comme Parkinson et Alzheimer.
La fonction mitochondriale est améliorée par :
Un régime pauvre en hydrates de carbones (céréales et farineux) ;
Le jeûne : certaines cellules dysfonctionnantes ne peuvent être sauvées, il faut donc les éliminer, ce qui est envisageable par le jeûne thérapeutique ;
L’exercice physique quotidien ;
La micronutrition cellulaire : Coenzyme Q10, acide alpha lipoĂŻque, acetyl-carnitine, resveratrol;
L’Ă©radication de la dysbiose avec son cortège de pathologies associĂ©es.
5. Psycho-neuro-immunologie : stress, psychologie, sociologie, mode de vie, activités physiques, sommeil
Notre mode de vie affecte directement notre statut immunitaire :
Un sommeil de mauvaise qualité ;
La sĂ©dentaritĂ© : il est recommandĂ© de faire une heure d’exercices par jour, en alternant les types de pratiques ;
Une colonne vertĂ©brale mal alignĂ©e. Cette colonne est Ă entretenir par des visites rĂ©gulières chez le chiropraticien ou l’ostĂ©opathe.
Déséquilibres hormonaux
Les personnes présentant des désordres inflammatoires et auto-immuns ont également des déséquilibres hormonaux, et inversément :
- Une prolactine augmentĂ©e va promouvoir l’inflammation et la prolifĂ©ration des lymphocytes;
- Un estradiol augmentĂ© gĂ©nère de l’inflammation, de la prolifĂ©ration lymphocytaire, de la production d’autoanticorps, des mutations de l’ADN ;
- Une glycĂ©mie Ă jeĂ»n doit ĂŞtre maintenue sous 85 mg/dL , avec une hĂ©moglobine glyquĂ©e (Hgb A1c ) idĂ©alement aux environs de 4-5%. L’insuline doit ĂŞtre maintenue sous 5 micro IU/ml. Un hyperinsulinisme est un marqueur d’hyperglycĂ©mie chronique qui a un lien direct avec l’inflammation, le stress oxydatif, l’atherosclĂ©rose, la graisse viscĂ©rale, l’hypertension artĂ©rielle, l’hypercoagulation.
Exposition aux xénobiotiques et accumulation des toxines
Les toxiques entravent la fonction mĂ©tabolique : le mercure et le plomb gĂ©nèrent de l’hypertension. Ils activent l’insulino-rĂ©sistance, notamment les POPs. Ils abaissent l’immunitĂ©. Ils crĂ©ent de l’auto-immunitĂ© (anti-corps anti nuclĂ©aires).
La détoxification demande :
- Une bonne activité de détoxification du foie sur ses 2 phases, souvent ralenties, mal coordonnées, ou pas supportées ;
- Une bonne activitĂ© des reins via une hydratation de qualitĂ© et suffisante et l’obtention d’un pH urinaire correct ;
- Une bonne excrétion intestinale avec un flux biliaire suffisant, la lutte contre la constipation et la dysbiose ;
- Une exposition la plus réduite possible aux polluants.
Source :
Dr Alex Vasquez, spĂ©cialiste en nutrition et en mĂ©decine nutritionnelle et fonctionnelle, , University of Western States (UWS.edu). Docteur en chiropratique et ostĂ©opathie, Docteur en Naturopathie. Chercheur. Intervention au Congrès International de MĂ©decine Naturopathique qui s’est tenu Ă Paris en juillet 2013