De son Ardèche qui a Ă©tĂ© le coeur battant de bien des luttes, Marcus Hönig est allĂ©, en aoĂ»t 2024, prendre avec une certaine gourmandise le soleil d’AlgĂ©rie.
Le jardinier et auteur Ă ses heures inspirĂ©es voulait surtout dĂ©couvrir ce pays avec lequel la France Ă©tait en froid. Il en revient avec un livre, « Les larmes de Jimmy », un rĂ©cit de voyage en AlgĂ©rie à « hauteur d’hommes ». Puissant et sincère. Tout est dans la sobriĂ©tĂ© dans l’Ă©criture de Marcus Hönig. L’Ă©criture est ciselĂ©e et les Ă©panchements sont Ă minima pour laisser place aux rencontres avec les AlgĂ©riens.nes. Le livre est une promesse tenue. Car les nombreux AlgĂ©riens que Marcus a rencontrĂ©s ont insistĂ© : « Raconte aux autres dès ton retour ce que tu as vu, ce que tu as entendu ».
Ce message lancĂ© comme une bouteille Ă la mer dit tout le dĂ©sespoir d’un peuple qui a le sentiment qu’il est seul, abandonnĂ© Ă son sort face Ă un rĂ©gime autoritaire. Le rĂ©cit commence le 6 aoĂ»t sur le bateau qui s’Ă©branle du port de Marseille. Marcus se frotte dĂ©jĂ savoureusement aux premières rencontres. Entre Marseille et Alger, le premier enchantement opère avec la rencontre de Sarah. L’auteur lui confie son projet de traverser l’AlgĂ©rie. Elle eut cette sentence imparable :
« Traverser l’AlgĂ©rie ! Marcus, mais c’est l’AlgĂ©rie qui va te traverser ! » La prophĂ©tie de Sarah, la fille des deux dĂ©serts, se rĂ©alisera », Ă©crit Marcus Hönig. Les paragraphes courent de lieux et de rencontre en surprise. Rien ou presque n’Ă©chappe au regard de l’auteur. Alger, Bejaia, Tigzirt, puis retour Ă Alger. Chaque halte est une station de rencontres tantĂ´t truculentes et tantĂ´t dĂ©chirantes. L’auteur voulait aller plus loin, visiter encore plus de rĂ©gions, pousser jusqu’Ă Ghardaia, mais ce n’est pas pas possible. On ne visite pas l’AlgĂ©rie en 10 jours, surtout quand on aime observer la vie des autres et discuter avec les gens comme Marcus Hönig. Ecrit sous forme d’un journal, ce livre raconte avec un souci de retenue et d’exactitude ce que l’auteur a vu et entendu. Sa prudence confine parfois Ă la candeur. Il n’y a dans ce rĂ©cit nul conseil, ni recette pour touristes.
Que du vĂ©cu brut. Pur. Nul jugement non plus, ni Ă priori ne transpire des 170 pages. L’auteur y a transcrit chaque moment, chaque halte ou rencontre avec ce souci de comprĂ©hension particulièrement dĂ©sarmant. Ce livre est un vrai rĂ©gal. Un voyage initiatique dans un pays qui a une folle soif de se dĂ©couvrir et de s’affranchir de l’insoutenable poids des interdictions qui castre son envie de crĂ©ation et de libertĂ©.
Les larmes de Jimmy est une main tendue d’un Français qui dĂ©couvre les AlgĂ©riens et leur terre. Mais aussi un miroir qui nous renvoie avec un luxe de justesse ce que nous sommes. Les larmes de Jimmy s’achève le 18 aoĂ»t Ă Marseille. Entretemps, l’auteur aura vĂ©cu mille vies et Ă©tĂ© traversĂ© de mille sentiments empreints parfois de joie et de dĂ©chirements. Les larmes de Jimmy, de Marcus Hönig.
Marcus Hönig est l’auteur de deux
autres ouvrages : Planète verte et
Continuer d’aimer.