Ă€ l’approche de l’AĂŻd el-Adha, qui sera cĂ©lĂ©brĂ©, selon une association d’astronomie Ă©miratie, le 9 juillet prochain, les regards des AlgĂ©riens sont braquĂ©s sur le prix du mouton.
Alors que leur pouvoir d’achat ne cesse de s’Ă©roder, le rituel du sacrifice sera, cette annĂ©e, difficile Ă assumer pour de nombreuses familles algĂ©riennes en raison de la chertĂ© du mouton. Dans certains points de vente, le prix du mouton a atteint les 140.000 dinars. Pour Hazab Benchohra, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Union gĂ©nĂ©rale des commerçants et artisans algĂ©riens (UGCAA), "bien qu’elle soit regrettable, cette flambĂ©e n’est pas surprenante". "Pendant le Ramadhan, nous avions dĂ©jĂ relevĂ© une importante hausse des prix de la viande rouge. Nous sommes ans la continuitĂ© de cette hausse", a-t-il dit hier dans une dĂ©claration Ă TSA. Un avis partagĂ© par Mustapha Zebdi, le prĂ©sident de l’Association de protection du consommateur (Apoce). "Cette flambĂ©e ne date pas d’aujourd’hui. Cela fait plusieurs mois qu’il y a une hausse importante du prix de la viande rouge. Ă€ l’approche de l’AĂŻd, vu que c’est un rituel important, des gens en profitent pour augmenter encore un peu plus les prix. Mais la hausse Ă©tait dĂ©jĂ lĂ . Maintenant, il faut oeuvrer pour que cette hausse ne s’accentue pas", a-t-il dit. Pour expliquer cette flambĂ©e des prix du mouton, les deux intervenants pointent deux Ă©lĂ©ments : l’augmentation du prix de l’aliment de bĂ©tail et l’influence des intermĂ©diaires de la filière qui "tirent les tarifs vers le haut". "Les Ă©leveurs ne se dĂ©placent pas dans les grandes villes pour vendre.
C’est Ă ce niveau que les intermĂ©diaires interviennent. Il faut encourager les Ă©leveurs, leur garantir toutes les commoditĂ©s pour qu’ils puissent se dĂ©placer et, ainsi, limiter l’action des intermĂ©diaires et rĂ©duire leurs marges dans ce genre d’opĂ©rations commerciales", a dĂ©veloppĂ© M. Zebdi. Ă€ ce sujet, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Union gĂ©nĂ©rale des commerçants et artisans algĂ©riens estime qu’il serait "temps de contrĂ´ler le commerce de l’aliment de bĂ©tail et surveiller les intermĂ©diaires. Il faudrait mettre en place des coopĂ©ratives appartenant Ă l’État. C’est Ă l’État de vendre l’aliment de bĂ©tail Ă des prix fixes". M. Benchora tient par ailleurs Ă souligner : "Il y a un cheptel très important dans le Sud, dans les pays voisins, comme au Soudan. Mais on interdit Ă ce cheptel d’entrer en AlgĂ©rie alors qu’il coĂ»te trois fois moins cher que le nĂ´tre. On ne comprend pas pourquoi. Si le cheptel entre en AlgĂ©rie, les prix baisseront significativement. Mais cela ne servira pas les intĂ©rĂŞts des intermĂ©diaires et de certaines personnes…". Le prĂ©sident de l’Association des commerçants et artisans (Anca), Hadj-Tahar Boulenouar, a pour sa part estimĂ© que "la sĂ©cheresse de ces derniers mois, l’absence de main d’oeuvre, la multiplication d’abattoirs clandestins et le manque de moutons, notamment dans les wilayas du Nord ont causĂ© la dernière flambĂ©e des prix du mouton". Si "on avait plus de tĂŞtes (de moutons) en AlgĂ©rie et que le marchĂ© Ă©tait inondĂ©, les prix ne seraient pas aussi Ă©levĂ©s. Nous avons encore un problème d’Ă©levage dans le pays", a-t-il dĂ©plorĂ©.