Si les diffĂ©rents mĂ©dias sont prĂ©sents pour rapporterr les Ă©vĂ©nements Ă la minute près, on s’accordera Ă dire que les diffĂ©rents genres artistiques existent certainement pour faire de ces Ă©vĂ©nement des Ĺ“uvres d’art.
C’est le but que s’est tracĂ© le cinĂ©aste français Julien Leclercq en rĂ©alisant le film L’Assaut sorti en salle en France le 9 mars dernier. Avec ce long mĂ©trage le rĂ©alisateur raconte les pĂ©ripĂ©ties du dĂ©tournement de l’Airbus A-300 d’Air France.
Ainsi, quatre terroristes de l’ex- GIA prennent en otage Ă Alger l’Airbus reliant la capitale algĂ©rienne Ă Paris et les 227 personnes prĂ©sentes Ă bord. Personne ne connaĂ®t leurs intentions : ils sont armĂ©s et apparaissent extrĂŞmement dĂ©terminĂ©s. Les terroristes revendiquent la libĂ©ration de leurs camarades d’armes et exigent le dĂ©collage immĂ©diat de l’avion. Mais ce n’est finalement qu’après de longues nĂ©gociations diplomatiques tendues entre les gouvernements françai et algĂ©rien et l’exĂ©cution de 3 passagers que l’avion quitte l’aĂ©roport d’Alger.Nous sommes le lundi 26 dĂ©cembre, il est 3h33 du matin, quand l’Airbus d’Air France atterrit Ă Marseille-Marignane. Trois personnages, Thierry, un soldat du GIGN, Carole Jeanton, un technocrate ambitieux et Yahia Abdallah, un djihadiste dĂ©terminĂ© sont au cĹ“ur de l’Ă©vĂ©nement.Leurs logiques vont s’affronter jusqu’au dĂ©nouement final. Devant 21 millions de tĂ©lĂ©spectateurs, l’assaut du GIGN va mettre un terme Ă cette prise d’otage sans prĂ©cĂ©dent dans l’histoire du terrorisme... mais annonciatrice des terribles Ă©vènements du 11 septembre 2001. Beaucoup ont en mĂ©moire les images retransmises en direct Ă la tĂ©lĂ©vision de l’assaut donnĂ© par le GIGN, Ă l’aĂ©roport de Marignane, de l’Airbus A 300 d’Air France dĂ©tournĂ© par un groupe du GIA en 1994. Julien Leclercq, jeune rĂ©alisateur d’une trentaine d’annĂ©es, a dĂ©cidĂ© de faire de cet Ă©vĂ©nement historique un film Ă la gloire du GIGN. Empruntant les codes qui ont fait le succès de Vol 93 de Paul Greengrass, il livre un long mĂ©trage nerveux Ă la photographie documentaliste qui rĂ©ussit Ă maintenir le spectateur en haleine mais déçoit par son traitement lĂ©gèrement orientĂ© de l’histoire Originaire du nord de la France, Julien Leclercq se lance en 2004 dans la rĂ©alisation, avec un court mĂ©trage autoproduit intitulĂ© Transit. A travers ce petit film interprĂ©tĂ© par Pierre Richard, Caroline Cellier et Philippe Nahon, il impose son univers rĂ©trofuturiste peuplĂ© d’ĂŞtres de chair et de mĂ©tal. RemarquĂ© par le producteur Franck Chorot et la Gaumont, cet autodidacte se voit allouer un budget de 8,7 millions d’euros pour mettre en scène, en 2006, son premier long mĂ©trage Chrysalis, l’histoire d’un lieutenant de police, jouĂ© par Albert Dupontel, Ă la recherche du meurtrier de sa femme dans le Paris de 2025. Il retourne ensuite Ă la rĂ©alitĂ© pour un projet non moins ambitieux, un film sur la prise d’otage du vol Paris-Alger de dĂ©cembre 1994. Après plusieurs annĂ©es de prĂ©paration, L’Assaut sort enfin en salles, en 2011, avec en tĂŞtes d’affiche Vincent Elbaz et Gregori Derangère en attendant bien entendu sa sortie en AlgĂ©rie. Nous attendons avec beaucoup d’impatience l’accueil que rĂ©servera le public algĂ©rien Ă ce film, surtout concernant les personnes ayant vĂ©cu l’Ă©vĂ©nement. Ă€ l’instar de l’auteure AĂŻcha Kassoul qui fera de ce malheureux Ă©vĂ©nement un livre Le pied de Hanane.