Frottis, colposcopie, conisation… Du diagnostic au traitement, la prise en charge des lĂ©sions et du cancer du col recèle de nombreux termes barbares que nous vous proposons d’Ă©claircir. Panorama de la prise en charge.
La quasi-totalitĂ© des cancers du col de l’utĂ©rus est due Ă l’infection par un virus dit papillomavirus. Le plus souvent, l’organisme va Ă©liminer spontanĂ©ment ce virus mais parfois, l’infection persiste. Des lĂ©sions au niveau du col entraĂ®nent des anomalies des cellules sur une zone privilĂ©giĂ©e et vulnĂ©rable : la zone de transformation.
Les cellules infectĂ©es subissent alors des modifications morphologiques qui sont dĂ©tectĂ©es Ă l’occasion des frottis. Ce sont ces anomalies qui potentiellement peuvent Ă©voluer vers un cancer.
Du frottis au diagnostic
En cas de frottis anormal, une colposcopie peut être pratiquée. Cet examen du col, effectué avec une loupe grossissante, permet de visualiser les lésions sous forme de "taches" qui peuvent alors être prélevées. Grâce à ces biopsies, on peut préciser la nature exacte des lésions
• Lorsqu’il s’agit d’une dysplasie lĂ©gère (CIN1), le traitement ne s’impose pas toujours car ces lĂ©sions peuvent disparaĂ®tre spontanĂ©ment après quelques mois. Si pour des raisons personnelles la patiente souhaite ĂŞtre traitĂ©e, ces lĂ©sions lorsqu’elles sont situĂ©es Ă l’extĂ©rieur du col sont dĂ©truites par vaporisation au laser. Avec cette technique, la rĂ©ussite du traitement est de l’ordre de 85 Ă 90%. Ce geste simple se pratique en ambulatoire avec ou sans anesthĂ©sie locale.
• Lorsque la malade prĂ©sente un frottis Ă©voquant une lĂ©sion prĂ©cancĂ©reuse (CIN2-3). Le traitement consiste Ă enlever la lĂ©sion. Ne nĂ©cessitant pas d’hospitalisation prolongĂ©e, ce geste simple qui se pratique sous anesthĂ©sie locale permet d’Ă©radiquer dĂ©finitivement ces lĂ©sions dans 95% des cas. Le volume du col est en gĂ©nĂ©ral conservĂ© ce qui ne compromet pas chez ces jeunes femmes leur fĂ©conditĂ© ou leur avenir obstĂ©trical.
Chacun de ces traitements est assorti d’un suivi post-thĂ©rapeutique pour s’assurer de la disparition du virus ou de sa non-Ă©volution. Ce suivi est essentiellement basĂ© sur des frottis et des colposcopies de contrĂ´le. Le test HPV devrait rapidement faire son entrĂ©e dans ce type de suivi.
Traitement du cancer
Le nombre de cancer du col de l’utĂ©rus n’a cessĂ© de dĂ©croĂ®tre depuis 20 ans. On dĂ©nombre cependant encore plus de 3 mille nouveaux cas par an. Lors du congrès Eurogin 2003, le Pr. Joseph Monsonego estimait qu’environ 65% de ces femmes n’avait jamais eu de dĂ©pistage et 30 Ă 35% avaient Ă©tĂ© faussement rassurĂ©es par des frottis Ă©tiquetĂ©s normaux. Ainsi, lorsque le diagnostic est Ă©tabli, un bilan de l’Ă©tendue du cancer est rĂ©alisĂ©. Il guidera le traitement, qui repose principalement sur la chirurgie et la radiothĂ©rapie. Dans certains cas, ce schĂ©ma thĂ©rapeutique peut ĂŞtre complĂ©tĂ© par une chimiothĂ©rapie.La radiothĂ©rapie peut prendre la forme d’une curiethĂ©rapie utĂ©rovaginale. Cette technique repose sur la mise en place d’une source radioactive au contact direct de la tumeur, dans la cavitĂ© utĂ©rine et le vagin. Cette opĂ©ration est rĂ©alisĂ©e sous anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale.
Lorsque le cancer est confinĂ© au col, l’intervention peut se limiter chez la femme jeune dĂ©sirant encore des enfants Ă une simple conisation (ou amputation du col) sous couvert d’une surveillance attentive. Chez la femme plus âgĂ©e, l’ablation de l’utĂ©rus (hystĂ©rectomie totale simple) est rĂ©alisĂ©e.
Dans des formes plus avancĂ©es, la prise en charge peut nĂ©cessiter une chirurgie plus large Ă©ventuellement associĂ©e Ă une radiothĂ©rapie externe de la zone pelvienne.π