L’analphabĂ©tisme, ce flĂ©au qui a tant fait de mal Ă notre pays durant la guerre de LibĂ©ration, n’en continue pas moins de toucher une bonne frange de la population, principalement celle habitant les zones rurales et montagneuses. La wilaya de Mila, malgrĂ© tous les moyens mis en Ĺ“uvre pour Ă©radiquer ce mal, compte un peu plus de 22% d’analphabètes de tout âge et des deux sexes. Parmi ces derniers, il y a ceux qui n’ont jamais eu la chance de frĂ©quenter l’Ă©cole ; ce sont gĂ©nĂ©ralement les gĂ©nĂ©rations d’avant-IndĂ©pendance mais Ă©galement les autres, celles de post- IndĂ©pendance dont la mĂ©moire, malgrĂ© de brefs passages dans les institutions Ă©ducatives algĂ©riennes, na rien retenu des leçons de leurs maĂ®tres et qui se sont retrouvĂ©es, par la force de l’oubli des chiffres et des lettres appris, analphabètes malgrĂ© elles. Aujourd’hui, elles ne savent plus ni lire ni Ă©crire. Le centre d’alphabĂ©tisation de Mila contribue par le biais de ses enseignants, trop souvent recrutĂ©s parmi les personnes ayant le niveau de troisième annĂ©e secondaire, Ă inculquer le savoir Ă plus de 21 mille apprenants rĂ©partis entre les niveaux 1, 2 et 3 dans des locaux de fortune (sièges d’associations), dans des mosquĂ©es et dans des Ă©coles primaires. Le grand problème pour ces personnes en mal d’instruction et pour leurs enseignants est l’horaire. En effet, au niveau des Ă©coles primaires, les cours dĂ©butent Ă partir de 17 heures, un horaire vraiment contraignant principalement pour  la gent fĂ©minine dont le nombre dĂ©passe largement celui de la gent masculine.