La moisson de titres de la saison dernière a placĂ© la barre très haut pour Marseille et son entraĂ®neur Didier Deschamps, toujours dans l’attente de ragaillardir un effectif jugĂ© trop court pour enfin passer un tour en Ligue des champions et contraint de composer avec les vellĂ©itĂ©s de dĂ©part de son buteur Mamadou Niang.
Champion de France, vainqueur de la coupe de la Ligue et du TrophĂ©e des champions: après 18 ans de disette nationale, l’OM a tapĂ© fort pour la première saison de Deschamps comme coach. Le recrutement prestigieux opĂ©rĂ© Ă l’Ă©tĂ© 2009 y Ă©tait pour beaucoup.
Des abandons de crĂ©ances dĂ©cidĂ©es avant son dĂ©cès par l’actionnaire Robert Louis-Dreyfus avaient il est vrai facilitĂ© la tâche, dans un contexte interne Ă l’Ă©poque aussi dĂ©stabilisĂ© que dĂ©stabilisant.
VĂ©ritable patron du sportif aux prĂ©rogatives largement adoubĂ©es par le nouveau prĂ©sident Jean-Claude Dassier, Deschamps avait su exploiter au mieux cette marge de manoeuvre, attirant au VĂ©lodrome des hommes qui s’avĂ©raient vraiment dĂ©cisifs (Lucho, Mbia, Heinze, Diawara).
Les dirigeants marseillais sont conscients des attentes nées de cette saison de tous les succès.
Ils ont encore en tĂŞte les images de liesse populaire qu’ils ont provoquĂ©es. Leur objectif demeure identique: conserver le titre, Ă tout le moins se qualifier de nouveau pour la Ligue des champions, et enfin passer un tour de cette Ă©preuve. Depuis trois ans, le club Ă©choue en effet lĂ oĂą Lyon ou Bordeaux ont rĂ©ussi.
Deschamps qui a renforcĂ© son influence avec l’arrivĂ©e de son prĂ©parateur physique fĂ©tiche Antonio Pintus, a identifiĂ© de longue date les besoins pour relever le gant : un attaquant de niveau international pour vraiment franchir le cap offensif sur lequel l’Ă©quipe a constamment butĂ© Ă ce niveau-lĂ , et un milieu dĂ©fensif puissant pour prendre le relais d’Edouard CissĂ©.
Départs annoncés
A trois jours de la reprise, aucun de ses vĹ“ux n’a pourtant Ă©tĂ© exaucĂ©. C’est que la donne financière a sensiblement changĂ©: la directive du conseil de surveillance de baisser de 10 Ă 15% une masse salariale d’environ 65 M euros limite en effet le champ des possibles.
Surtout que, si coup de pouce de l’actionnaire il y a, ce sera cette fois sans abandon de crĂ©ances... Crise financière oblige, l’atonie gĂ©nĂ©rale du marchĂ©, français comme europĂ©en, retarde aussi les ventes de joueurs, impĂ©ratives pour lancer ce mercato.
Concilier rĂ©alitĂ© financière pressante et ambition sportive contraint Deschamps Ă la patience et Ă la raison. D’autant que le dĂ©part annoncĂ© de Ben Arfa, las de ronger son frein sur le banc, après celui de KonĂ© dĂ©peuple un peu plus son rayon attaquants, et que Niang, pourtant 3e salaire de l’Ă©quipe et meilleur buteur du championnat en 2009-2010 (18 rĂ©alisations), est bien dĂ©cidĂ© Ă rejoindre Fenerbahçe...
En attendant l’arrivĂ©e de sang neuf, Deschamps peut nĂ©anmoins s’appuyer sur "l’ossature" de la saison dernière, en particulier sur la soliditĂ© dĂ©fensive qui semble avoir survĂ©cu Ă l’Ă©tĂ© malgrĂ© la blessure de Diawara.
Il pourrait, par la force des choses, mais pas contre l’air du temps, donner un peu de temps de jeu aux jeunes comme les frères Ayew ou N’Diaye "car doubler les postes avec des joueurs de mĂŞme valeur sera impossible".
R. L. /AFP