Nous sommes parfois loin d’une alimentation saine et Ă©quilibrĂ©e adĂ©quate dans notre quotidien. En effet, notre alimentation a bien perdu de sa qualitĂ© saine de jadis. On mange souvent trop gras, trop sucrĂ©, trop salĂ©. Cette malnutrition a dĂ©veloppĂ© ces dernières dĂ©cennies plusieurs maladies que l’on nomme aujourd’hui «les maladies du siècle», telles que le diabète, l’hypertension artĂ©rielle, les maladies cardiovasculaires, l’obĂ©sitĂ©, etc. Par sa composition nutritionnelle unique, le soja peut nous aider Ă corriger notre alimentation oh combien dĂ©sĂ©quilibrĂ©e. Effectivement, le soja est l’une des meilleures sources de protĂ©ines du monde vĂ©gĂ©tal, et cela a Ă©tĂ© prouvĂ© scientifiquement. Pratiquement sans cholestĂ©rol, pauvre en graisses saturĂ©es et riche en poly insaturĂ©, les qualitĂ©s du soja sont exceptionnelles pour l’homme, car cette graine miraculeuse rĂ©pond parfaitement Ă la tendance actuelle du "manger mieux et Ă©quilibrĂ©. Le soja favorise, donc, l’Ă©quilibre nutritionnel. Plante exemplaire Ă©galement pour la terre, elle bonifie le sol, protège la nappe phrĂ©atique et forme des substances nutritives d’excellente qualitĂ© en moins de 100 jours. Pour toutes ces vertus, tout le monde s’y intĂ©resse aujourd’hui. C’est ce que nous allons dĂ©couvrir avec M. Benchernine qui a bien voulu nous accorder cet entretien.
Midi Libre : Voulez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
A. Benchernine : Nous sommes un centre de recherche, de formation, information, vulgarisation des techniques de transformation et de la culture de la graine de soja.
Ce centre appartient Ă l’Organisation nationale des continuitĂ©s gĂ©nĂ©rations, (ONCG) depuis 2005, après son lancement en 2003 par un ressortissant suisse.
Au niveau du centre, nous assurons des formations et nous accompagnons des jeunes entrepreneurs dans le cadre de l’ansej.
Beaucoup d’Ă©tudiants ont suivi une formation et un encadrement spĂ©cifique pour des mĂ©moires en vue de l’obtention du diplĂ´me d’ingĂ©nieur. Nous sommes partenaires avec l’UNICEF pour luter contre la malnutrition et l’Ă©chec scolaire des enfants issus des milieux dĂ©favorables. Chaque matin, la majoritĂ© de ces enfants partent Ă l’Ă©cole avec ule ventre creux, ce qui fait que l’enfant ne peut se concentrer plus de 20 minutes sur son cours. Nous avons, donc, eu l’idĂ©e de produire des barrettes nutritives Ă base de dattes et de farine de soja, dont le taux de protĂ©ines est de 19 g pour 100 g de produit ce qui couvre gĂ©nĂ©ralement les besoins journaliers d’un enfant et qui couvrent les besoins de croissance et le dĂ©veloppement de son cerveau.
Vous produisez Ă©galement du lait de soja ; pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?
Le lait de soja s’obtient par la transformation de la graine de soja en exerçant une extraction Ă chaud Ă l’aide d’un appareillage spĂ©cifique. Le lait de soja est très riche en protĂ©ines ; il dĂ©passe lĂ©gèrement le lait d’origine animale (lait de vache), il est Ă 0% de cholestĂ©rol, dĂ©pourvu de lactose et contient, en outre, des omĂ©gas 3 et des omĂ©gas 6, donc très intĂ©ressant pour les maladies cardiovasculaires.
A-t-il d’autres vertus pour la santĂ© ?
Il est très conseillĂ© pour les femmes mĂ©nopausĂ©es du fait qu’il diminue les bouffĂ©es de chaleur, souvent handicapantes. Selon certaines Ă©tudes mĂ©dicales, il existe une relation entre le soja et la prĂ©vention du cancer du sein. Chez les hommes, la consommation de 2 verres de lait de soja par jour rĂ©duirait les risques du cancer de la prostate de 70%.
Où avez-vous trouvé les graines de soja ?
Les graines nous proviennent d’Italie. Elles sont certifiĂ©es non OGM, chose qui est vraie du moment qu’en Europe la lĂ©gislation n’autorise pas la plantation des vĂ©gĂ©taux OGM. Mais nous pouvons Ă©galement les semer en AlgĂ©rie ?
Dans quelles rĂ©gions d’AlgĂ©rie les cultivez-vous ?
Le soja est une légumineuse de la même famille que les fèves, haricots, pois-chiches...
Elle peut pousser sans problème en AlgĂ©rie, elle ne demande que de l’eau et du soleil, ce qui ne manque pas chez nous.
GĂ©nĂ©ralement au Sud de l’AlgĂ©rie, le soja est cultivĂ© pour un double objectif :
- Le premier Ă©tant d’un point de vue Ă©conomique. En effet, l’introduction du soja dans le système de production dans le Grand Sud permettra de rentabiliser les terrains ; nous pourrons avoir deux rĂ©coltes par an (cĂ©rĂ©ales, soja) du fait que le cycle vĂ©gĂ©tatif du soja ne dure que trois mois. En outre, les terrains sont gĂ©nĂ©ralement pauvres, donc le sol en bĂ©nĂ©ficie de ses avantages. Les rendements sont de l’ordre de 25 Ă 45 quintaux Ă l’hectare.
Lors de la culture du soja, on bénéficie de la graine et de sa paille qui représente un excellent aliment pour le bétail (0,6 UF unité fourragère.)
- Le deuxième objectif est lié au sol du fait que la plante améliore la texture et la structure des sols.
En fait, le soja, en tant que lĂ©gumineuse, a la particularitĂ© de fertiliser le sol par le système racinaire du fait qu’il existe une symbiose entre ces racines et des bactĂ©ries (azotobacters). Ces dernières captent l’azote atmosphĂ©rique et le fixent au sol, donc un fertilisant naturel, qui apporte dĂ©jĂ une solution sans faire appel Ă la fertilisation chimique souvent onĂ©reuse.
Le soja apporte le ciment qui manque pour lier les grains de sable (amélioration de la structure des sols en les rendant moins perméables et empêche, par voie de conséquence, la remontée des sels.
Après maturité, que faites-vous de cette légumineuse ?
On peut faire Ă©normĂ©ment de transformations, mais nous ne citrons que les plus connues : les extractions : extraction Ă froid et qui consiste en l’Ă©laboration de l’huile de soja, cette huile sert Ă l’assaisonnement, friture et l’industrie de margarinerie.
C’est une huile riche en omĂ©gas 3 et 6 et elle est de 0% de cholestĂ©rol. En plus, après l’extraction de l’huile on obtient du tourteau de soja qui sert Ă l’alimentation du bĂ©tail, de la volaille, poisson d’Ă©levage et autres….
La deuxième extraction Ă chaud permet d’obtenir du lait qu’on appel jus de soja ainsi que de l’okara ; une farine sans gluten pour les personnes qui ont une intolĂ©rance au gluten.
Avez-vous d’autres perspectives ?
Pour l’heure, notre centre, sis Ă Hussein Dey, est le seul qui est opĂ©rationnel. Nous projetons, donc, la crĂ©ation d’autres centres Ă travers l’ensemble des wilayas du pays. Cela nous permettra de faire connaĂ®tre nos activitĂ©s qui sont très peu connues, de crĂ©er des emplois, d’enrichir nos rations alimentaires en protĂ©ine d’autant plus que la tendance mondiale pour combattre toutes ces maladies du siècle qui sont le diabète, l’hypertension artĂ©rielle, l’obĂ©sitĂ© est de consommer 5 fruits et lĂ©gumes par jour.