Le Midi Libre - Culture - Quand la nostalgie vous rattrape
Logo midi libre
Edition du 4 Avril 2010



Le Mi-Dit

Caricature Sidou


Archives Archives

Contactez-nous Contacts




La culture déménage à Oran
Quand la nostalgie vous rattrape
4 Avril 2010

Au coeur d’Oran, la place du 1er-Novembre (ex-place d’Armes), jadis rayonnante avec ses clubs et cafĂ©s artistiques, son théâtre et sa maison de la presse, a perdu de la vocation culturelle qui fut longtemps sienne. Tout le "bouillon de culture", qui gravitait autour de cette belle esplanade, contribuant un tant soit peu Ă  l’essor culturel de la ville d’Oran, s’est effilochĂ© au fil du temps et des nĂ©gligences coupables, s’Ă©lève un buraliste du coin tout en Ă©voquant avec Ă©motion et nostalgie le fameux "CafĂ© du théâtre", fermĂ© depuis une dizaine d’annĂ©es, au grand dam de sa distinguĂ©e clientèle. L’ex-propriĂ©taire de ce grand cafĂ©, anciennement appelĂ© brasserie de l’OpĂ©ra, Menaouer Bensaâdoune, comparait pour sa part cet espace Ă  une "annexe" du théâtre tant il prolongeait, par le dĂ©bat, les reprĂ©sentations théâtrales qui se dĂ©roulaient Ă  cĂ´tĂ©. Il cite les grands noms du théâtre et de la chanson qui prĂ©fĂ©raient par dessus tout ce cafĂ©: Alloula, Sirat Boumediene, Kaki, Osmane Fethi, Yahia Benmabrouk, Djennat Boualem, Mourad Senouci, Bouziane Benachour, Mohamed Mihoubi, Azzeddine Mihoubi, Mohamed Lamari, Abdelkader Bendaamache, Abdelkader Khaldi et avant tout ce beau monde, Piaf, Aznavour, Tino Rossi, Annie Girardot... Le monde tout aussi magique du sport n’Ă©tait pas en reste et on pouvait rencontrer volontiers dans ce "quartier gĂ©nĂ©ral" d’anciens grands footballeurs comme Baghdad Abbou Kebir (USMO), Hasni et Rais (ASMO), Boudjelal (Galia d’Oran) ou encore Bouzidi (CA Planteurs). Des journalistes aussi (Ouasti, Ouahmed Ali, Medjadji, Adjina, Zaiter, Zaoui, Izli, Haffaf...) se sentaient un peu chez eux dans ce cafĂ© rassembleur, vĂ©ritable point de chute de ce que comptait Oran comme cĂ©lĂ©britĂ©s artistiques, sportives ou cĂ©rĂ©brales, mais aussi des personnes plus anonymes, des travailleurs (les marins pĂŞcheurs, par exemple) tout aussi fidèles et "non dĂ©pourvus d’Ă©lĂ©gance", comme le fait remarquer M. Bensaadoune. La convivialitĂ© rimait aussi avec confiance : "Ils nous arrivait de consommer et de payer plus tard grâce aux bons vieux crĂ©dits que les gĂ©rants de cafĂ© accordaient Ă  l’Ă©poque sans rechigner", se rappelle de son cĂ´tĂ© un ancien du quartier sagement assis sur un banc public dans le petit square d’Ă  cĂ´tĂ© et qui dit que depuis la fermeture de ce cafĂ©, il "n’a plus de point de repère particulier". Le dĂ©funt cafĂ© du théâtre, particulièrement bien situĂ© au coeur de la ville, n’Ă©tait pas cependant le seul lieu public Ă  se prĂ©valoir d’une frĂ©quentation aussi bigarrĂ©e qu’intĂ©ressante. Parmi ces clubs de rencontres, on cite aussi le cafĂ© "Nadjah" rĂ©servĂ© plutĂ´t aux sportifs. Aujourd’hui, force est de constater que, comme un peu partout en AlgĂ©rie, les cafĂ©s foisonnent, mais ont perdu cette saveur si particulière qui en faisait autant de forum de discussion sinon de vĂ©ritables ports d’attache. Leur clientèle change continuellement tout comme leur personnel dont l’instabilitĂ© est, de nos jours, lĂ©gendaire pour de multiples raisons. Quasiment tous dotĂ©s de petits Ă©crans, il se sont muĂ©s en "salles de spectacles" tĂ©lĂ©visuels qui s’animent surtout le temps d’un match de football rassemblant des dizaines de jeunes souvent dĂ©soeuvrĂ©s, se dĂ©sole un ancien habituĂ© des cafĂ©s du coin. R. C.


L'édition du jour
en PDF
Le Journal en PDF
Archives PDF

El Djadel en PDF
El-Djadel en PDF

Copyright © 2007 Midilibre. All rights reserved.Archives
Conception et réalisation Alstel