Le Midi Libre - Sport - «Le judo féminin en Algérie va bien»
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Edition du 11 Mars 2010



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Salima Souakri, entraĂ®neur de l’EN fĂ©minine
«Le judo féminin en Algérie va bien»
11 Mars 2010

La judokate algĂ©rienne, Salima Souakri, est plusieurs fois championne d’Afrique et Ă©galement cinquième place au niveau mondial. MalgrĂ© son âge soi-disant avancĂ©, cette athlète s’accroche toujours devant les diffĂ©rents dĂ©fis. Cette ancienne sociĂ©taire du MCA, reine du tatami, totalise plus de dix titres africains. L’entraĂ®neur de la sĂ©lection nationale fĂ©minine reste optimiste quant aux progrès accomplis par le judo fĂ©minin algĂ©rien. Grosso-modo, Salima Souakri, avec sa carte de visite riche en titres, est devenue un symbole du judo fĂ©minin. Cette puissante et sĂ©duisante sportive algĂ©rienne affirme que cet art martial, plutĂ´t monopolisĂ© par les hommes, attire de plus en plus de filles en AlgĂ©rie. Dans cet entretien, Salima Souakri revient sur la pratique du judo fĂ©minin en AlgĂ©rie et son niveau ainsi que son programme de prĂ©paration en prĂ©vision des Ă©chĂ©ances internationales.

Pouvez-vous nous donner une petite lecture de la pratique fĂ©minine de cette discipline en AlgĂ©rie; est-ce rĂ©ellement le retour ?
Oui, c’est le grand retour. Avant c’Ă©tait vraiment difficile pour une fille de pratiquer n’importe quelle discipline. Concernant cet art martial, je dirais que ce n’Ă©tait pas Ă©vident pour nous car il Ă©tait plutĂ´t monopolisĂ© les hommes. Maintenant que les choses ont changĂ©, les mentalitĂ©s deviennent au fil du temps plus ouvertes, les filles gagnent au fur et Ă  mesure leur place sur les tatamis. En matière de chiffres je peux vous assurer qu’avant, on avait quatre catĂ©gories d’âge seulement, mais actuellement, il y en a sept et dans chacune d’elles, on a plus de 25 athlètes; ce qui veut dire que la pratique fĂ©minine de cette discipline progresse davantage. Toutes les filles veulent devenir comme Salima ou d’autres athlètes qui se sont distinguĂ©es que ce soit au niveau national ou international. La pratique fĂ©minine de cet art explose suite aux rĂ©sultats obtenus par les uns et les autres. Par exemple, moi quand j’ai dĂ©butĂ© le judo il y avait peu de filles, alors qu’aujourd’hui c’est tout Ă  fait le contraire. Je suis très confiante qu’il ait plus de filles qui pratiqueront le sport Ă  l’avenir, car le sport, avec tous les changements, n’est plus un tabou.

Vous Ă©tiez athlète et aujourd’hui Ă  la tĂŞte d’une sĂ©lection nationale. Comment voyez-vous le niveau du judo algĂ©rien, notamment celui des filles ?
Le niveau du judo algĂ©rien est satisfaisant. Avant, les judokas n’Ă©taient pas rĂ©munĂ©rĂ©s, en fonction de leurs rĂ©sultats, et n’Ă©taient pas pris en charge par quiconque; maintenant avec les primes et autres et de la bonne volontĂ©, les athlètes enregistrent de plus en plus de bons rĂ©sultats. Pas mal d’athlètes ont bel et bien reprĂ©sentĂ© les couleurs nationales dans plusieurs compĂ©tition internationales. Je sais qu’avec encore une meilleure prise en charge, les athlètes feront mieux. Sincèrement on a une bonne relève Ă  laquelle je prĂ©voit un avenir radieux. J’aimerai bien que chaqu’un de nous pense Ă  eux, et que les autoritĂ©s mettent Ă  leur disposition tout ce qu’il faut pour aller de l’avant. Certes, deux de nos athlètes ont pris leurs retraites et deux autres sont blessĂ©s, mais je tiens Ă  vous assurer que la relève existe. Ma politique actuelle consiste Ă  rajeunir la sĂ©lection nationale et me baser essentiellement sur la formation. Jusqu’Ă  maintenant j’ai mis la barre très haute, la sĂ©lection nationale devrait ĂŞtre renouvelĂ©e par des jeunes en prĂ©vision des Ă©chĂ©ances internationales.

Justement, quelles sont ces Ă©chĂ©ances et y aura-t-il un programme spĂ©cifique pour la sĂ©lection nationale en vue des compĂ©titions internationales ?
Effectivement, un riche programme nous attend en prĂ©vision de ces compĂ©titions internationales. D’abord, je tiens Ă  prĂ©ciser que la sĂ©lection nationale a effectuĂ© une tournĂ©e europĂ©enne il a quelques jours, lors de laquelle ont a participĂ© Ă  plusieurs tournois internationaux dont celui de paris oĂą on a arrachĂ© la troisième place. Je trouve que ce rĂ©sultat est vraiment magnifique pour nous et encourageant Ă©galement pour la suite du long travail qui nous attend. On a fait aussi un stage en Tunisie. Pour le reste du programme, je dirais qu’on a d’autres stages Ă  l’Ă©tranger notamment celui en Allemagne et en Pologne. Le dernier stage international sera en Russie ensuite l’Ă©quipe nationale regagnera le pays pour les dernières retouches Ă  alger. Puis, on aura le championnat d’Afrique qui se dĂ©roulera cette annĂ©e au Cameroun. Je dois dire, que toute victoire est une consĂ©quence d’un travail de longue haleine. Nous avons une image de marque Ă  dĂ©fendre lors de ces Ă©chĂ©ances donc, nous n’avons pas le droit Ă  l’erreur. Je suite très confiante des qualitĂ©s de mes judokas. Sincèrement, nous sommes en train de prĂ©parer une Ă©quipe d’Ă©lite fĂ©minine d’avenir. Je suis très optimiste pour l’avenir du judo algĂ©rien et sĂ»re qu’il va aller de l’avant. Je ne terminerais pas sans dire que la sĂ©lection algĂ©rienne fĂ©minine du judo est actuellement parmi les cinq premiers sĂ©lections au classement mondial cela veut dire que le judo algĂ©rien va bien.

L’AlgĂ©rie vient juste de cĂ©lĂ©brer, comme tous les pays du monde, la journĂ©e mondiale de la femme; c’est peut-ĂŞtre une occasion pour vous de transmettre un message aux femmes algĂ©riennes en gĂ©nĂ©ral et aux sportives en particulier …
Absolument, c’est une occasion de dire que le sport en gĂ©nĂ©ral et cet art martial qui est le judo en particularitĂ© n’est plus une propriĂ©tĂ© de l’homme. Sensibiliser les femmes pour pratiquer le sport doit se faire pendant toute l’annĂ©e. Certes, au dĂ©but, ce sont les hommes qui pratiquaient le sport, surtout avec tout ce qui s’est passĂ© notamment dans les annĂ©es 90; la pratique fĂ©minine du sport a connu une nette rĂ©gression. Mais maintenant, que les choses vont bien, le pays connait une stabilitĂ©, je ne vois pas de raisons pour que les filles ne pratiquent pas le sport. Au contraire, les mentalitĂ© ont changĂ©, le sort fĂ©minin n’est plus un tabou, la fille peut choisir n’importe qu’elle discipline, mĂŞme le football.
M. S.

Par : Mourad Salhi

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