La commission de discipline de la FĂ©dĂ©ration internationale (Fifa) Ă©tudie aujourd’hui le cas de Thierry Henry et sa fameuse main contre l’Eire en barrage retour du Mondial-2010, le capitaine de l’Ă©quipe de France risquant au pire une lĂ©gère suspension ou une amende.
Deux mois jour pour jour après la polĂ©mique dĂ©clenchĂ©e par le geste de Titi et la qualification sans gloire des Bleus pour la Coupe du monde, le 18 novembre au Stade de France, l’instance suprĂŞme du football va donc revenir sur le dĂ©nouement du match contre les Irlandais (1-1 a.p.), devenu une affaire Ă dimension internationale. La saisine de l’instance disciplinaire, un organe indĂ©pendant de 21 membres prĂ©sidĂ© par le Suisse Marcel Mathier, avait Ă©tĂ© annoncĂ©e le 2 dĂ©cembre au Cap par le prĂ©sident de la Fifa Joseph Blatter Ă l’issue d’un ComitĂ© exĂ©cutif extraordinaire. "J’ai eu une conversation tĂ©lĂ©phonique avec Thierry Henry (...), avait expliquĂ© M. Blatter. On n’a pas parlĂ© de coupable ou pas coupable (...) c’Ă©tait une conversation entre sportifs. Je n’ai pas dit qu’il serait puni, j’ai dit qu’il ferait l’objet d’une enquĂŞte." La prudence du dirigeant suisse s’explique par la difficultĂ© qu’aura la commission de discipline Ă dĂ©cider d’une sanction symbolique alors qu’aucun texte de la Fifa ne prĂ©voit, Ă proprement parler, de barème pour un fait de jeu de cette nature (un contrĂ´le de la main avant une passe dĂ©cisive adressĂ©e Ă Gallas Ă la 103e minute de France-Eire). Une punition trop lourde ferait immanquablement jurisprudence, compliquant la tâche de la Fifa Ă l’avenir.
Indulgence ?
MalgrĂ© la tempĂŞte mĂ©diatique ("Hand of frog", la "main de la grenouille" avait notamment titrĂ© la presse irlandaise) et politique (demande de rejouer le match par le Premier ministre irlandais Brian Cowen) dĂ©clenchĂ©e par cette main, la tendance est donc plutĂ´t Ă l’indulgence.
Henry n’a d’ailleurs pas Ă©tĂ© convoquĂ© et la FĂ©dĂ©ration internationale peut très bien ne pas juger utile l’ouverture d’une procĂ©dure Ă l’encontre du meilleur buteur de l’histoire de l’Ă©quipe de France (51 buts en 117 sĂ©lections). Seuls deux articles du code disciplinaire de la Fifa pourront servir de base pour d’enventuelles sanctions. L’article 48 ("Comportement incorrect envers des adversaires ou toute personne autre que les officiels de match") prĂ©voit une suspension d’"un match si une occasion de but manifeste de l’Ă©quipe adverse est empĂŞchĂ©e (notamment en touchant dĂ©libĂ©rĂ©ment le ballon de la main)" ou "pour au moins un match en cas de comportement antisportif envers un adversaire ou une personne autre qu’un officiel de match".
Mais cet article repose sur le postulat d’une exclusion du joueur au cours de la rencontre ce qui n’a pas Ă©tĂ© le cas de Henry face Ă l’Eire. L’article 57 a de son cĂ´tĂ© pour objet "celui qui, par quelque moyen que ce soit (...) enfreint les principes du fair-play ou de la morale sportive". Ce texte renvoie juste Ă un Ă©ventail de sanctions communes aux personnes physiques et morales : mise en garde, blâme, amende, restitution de prix. Reste une dernière possibilitĂ© qu’avait Ă©voquĂ©e Joseph Blatter: accorder "une compensation morale" Ă l’Eire. "Ce pourrait ĂŞtre un trophĂ©e spĂ©cial, un prix, il faut voir", avait-il affirmĂ© le 3 dĂ©cembre.