Caricature Sidou
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| Bientôt publié : «Eléments pour la mémoire» d’Ould El Hocine Mohamed Chérif |
| Photos parlantes, biographies inégales |
| 8 Septembre 2009 |
C’est avec émotion que les lecteurs retrouveront dans cette récidive du moudjahid Ould El-Hocine les photos des acteurs de la guerre de Libération nationale précédemment cités par l’auteur dans son témoignage intitulé «Au cœur du combat». Ce premier ouvrage relate les batailles du commando Si Zoubir et de la katiba El Hamdania au sein de la wilaya IV de l’ALN. Après avoir constaté le succès du carnet photo inséré dans les pages centrales du récit, Ould El Hocine souligne en préface avoir estimé à la fois «nécessaire et opportun de livrer un recueil de photographies aussi exhaustif que possible.» Et, en effet, quoi de plus direct qu’une photographie qui souvent fournit une somme d’informations plus parlantes que les descriptions les plus élaborées ? Ainsi, la plupart du temps inédites, les photos des femmes qui ont combattu la France coloniale sont particulièrement édifiantes. Accompagnées de souvenirs personnels de l’auteur ou d’une recherche biographique, les visages fins et souriants des moudjahidate délivrent un message immédiat. Soigneusement coiffées et élégamment vêtues, le plus souvent à l’occidental, les martyres comme celles qui sont encore en vie sont souvent originaires de milieux citadins et lettrés. Constituant une sorte d’élite sociale, elles ont été également à l’avant-garde des luttes de leur temps. Les jeunes et moins jeunes vont découvrir le visage et la vie de celle qui a donné son nom à la cité Malki de Ben Aknoun. D’autres chahidate dont aucun lieu public ne porte le nom sont présentées par leur ancien compagnon d’armes. C’est le cas notamment de Oudaï Yamina dite Zoulikha de son vrai nom Yamina Echaïb. Native de Hadjout, cette mère de trois enfants rejoint le maquis où elle est capturée le 15 octobre 1957. Torturée pendant dix jours, cette femme raffinée, au cheveux courts et collier de perles, est exécutée le mardi 25 octobre 1957 à 15 h. Mais l’auteur omet de dire où. Cheveux courts ou longues tresses, en treillis posant avec les armes à la main comme des James Bond girls hilares ou en grande toilette classique, les compagnes de combat de Ould El Hocine n’ont pas fini de livrer à la postérité leur intériorité lumineuse. Photos de groupe ou d’identité se succèdent tout au long de l’album, accompagnées de notices d’inégale importance. Classées selon un ordre dont seul l’auteur connaît la raison, les longs paragraphes ou les quelques lignes qui commentent les portraits ne semblent pas liés à un quelconque choix de l’auteur quant à la différence d’importance de la matière livrée. Parfois des détails comme la simple date de naissance sont absents. Cette incohérence dans la manière d’éclairer les portraits porte préjudice à la crédibilité de l’ouvrage et à l’excellente initiative qu’il constitue. L’auteur a-t-il reculé devant la somme considérable de travail de recherche à effectuer pour compléter son album? Le lecteur ne peut que se poser la question devant les manques constatés. Ainsi des familles qui comptent des fratries totalement décimées, comme la famille Hocine et la famille Habchi, ne se voient accompagnées d’aucun texte autre que leurs nom et prénom. Le travail de mémoire entamé ne saurait pourtant pas se passer d’un travail approfondi de recherches et de compilations.
Par : Karimène Toubbiya
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