Le Midi Libre - Midi Est - Les jeunes face Ă  leur destin
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Edition du 3 Septembre 2009



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Redjas (MILA), ChĂ´mage
Les jeunes face Ă  leur destin
3 Septembre 2009

A Redjas, les chĂ´meurs sont de plus en plus nombreux mĂŞme s’ils sont pour la plupart des diplĂ´mĂ©s universitaires, ils ne cessent de courir vainement d’une administration Ă  l’autre pour un Ă©ventuel recrutement...

A  Redjas, le chef-lieu de la commune de Oued Endja, la malvie et le chĂ´mage se conjuguent au quotidien, le chĂ´mage est roi, chercher du travail ou en trouver Ă  Redjas,  c’est chercher une Ă©pingle dans une botte de foin.
 RĂ©cemment plusieurs jeunes et moins jeunes ont Ă©tĂ© recrutĂ©s dans le cadre du prĂ©emploi et touchent des «pensions» de 12.000 dinars. Le jour de paye, ils se font plaisir par l’achat de vĂŞtements neufs et font plaisir  aux parents, sĹ“urs et frères par l’achat de fruits, lĂ©gumes et viandes, ils font la fĂŞte Ă  leur manière. Les jeunes ne demandent qu’Ă  ĂŞtre utiles, malheureusement l’absence d’emplois les oblige, oisivetĂ© aidant, Ă  plonger dans les affres de la dĂ©linquance et de tous les vices  malgrĂ© eux. A Redjas, les chĂ´meurs se font très nombreux et sont pour la plupart des diplĂ´mĂ©s universitaires, ils ne cessent de courir d’une administration Ă  une autre pour un Ă©ventuel recrutement mais sans succès. A dĂ©faut d’emplois permanents, ils se contentent de filet social et d’emploi de jeunes en attendant des jours meilleurs. Et comme ces postes d’emploi temporaires sont limitĂ©s, la compensation est minime, aussi heureux sont ceux qui dĂ©crochent le ticket gagnant.
CafĂ©s et promenades Ă  travers les artères de la ville sont le passe- temps  favori de ces chĂ´meurs d’un genre nouveau (instruits et diplĂ´mĂ©s),  ils se rĂ©signent Ă  leur sort. Certains travaillent comme vendeurs dans des magasins ou comme receveurs dans des bus pour des salaires de misère, ils ne touchent mĂŞme pas la moitiĂ© du Snmg, c’est Ă  prendre ou Ă  laisser, les privĂ©s ne plaisantent pas avec le fric et le pire, c’est qu’ils ne sont mĂŞme pas assurĂ©s.
Beaucoup de jeunes ont quittĂ© Redjas pour se rendre sous d’autres cieux (Alger, Annaba, Skikda, Tizi-Ouzou...) et y travaillent comme manĹ“uvres, maçons, peintres… chez des privĂ©s, ils  dorment dans des hammams ou dans des villas en construction (lieux de leur travail), se nourrissent de repas froids ou de sandwiches. Ils regrettent  amèrement d’avoir suivi des Ă©tudes supĂ©rieures  et d’avoir perdu leur temps sur les bancs des Ă©coles, collèges, lycĂ©es et universitĂ©s pour ne rĂ©colter que souffrance et peine.
«Ne me parlez surtout pas de mes diplĂ´mes, les miens je les ai accrochĂ©s Ă  un clou dans ma chambre car ils ne m’ont jamais servi Ă  rien» nous confiera Ali, devenu par la force du chĂ´mage un maçon Ă©mĂ©rite. A Redjas, les annĂ©es se suivent et se ressemblent pour la plupart des jeunes, seule leur exil vers d’autres villes leur permet de pouvoir subvenir Ă  leurs besoins, ceux qui ne partent pas finissent trop souvent par s’Ă©loigner du droit chemin au grand dam de cette ville connue pour son calme lĂ©gendaire.

Par : ZAOUI ABDERAOUF

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