D’après l’OMS, d’ici 2015, la planète comptera quelque 2,3 milliards d’adultes en surpoids et plus de 700 millions d’obèses. Revers de l’industrie pharmaceutique. En effet, trois laboratoires amĂ©ricains et français ont abandonnĂ© l’un après l’autre des molĂ©cules anti-obĂ©sitĂ©, mais la recherche continue face Ă ce flĂ©au en expansion dans le monde. L’Ă©ponge a Ă©tĂ© jetĂ©e, et les millions de dollars investis avec, en raison d’effets psychiatriques indĂ©sirables. Erreur stratĂ©gique de conception ? En tout cas, les molĂ©cules de Merck, Sanofi-Aventis et Pfizer, le taranabant, le rimonabant (seule molĂ©cule commercialisĂ©e sous le nom d’Acomplia) et le "CP-945,598", appartiennent Ă la mĂŞme famille : elles visent Ă produire dans le cerveau un effet contraire Ă celui du cannabis qui ouvre l’appĂ©tit. Les bĂ©nĂ©fices au regard des effets indĂ©sirables Ă©taient toutefois insuffisants pour obtenir une autorisation de mise sur le marchĂ© (AMM), rĂ©sume auprès de l’AFP le Dr Catherine Baulac de Pfizer-France. D’après l’OMS, d’ici 2015, la planète comptera quelque 2,3 milliards d’adultes en surpoids et plus de 700 millions d’obèses. Les exigences des autoritĂ©s sanitaires sont de plus en plus drastiques, selon les analystes financiers. Et le retour sur investissement dans ce marchĂ© porteur de l’obĂ©sitĂ©, comme dans celui des maladies rhumatismales, reste semĂ© d’embĂ»ches. En 2005, Pfizer a suspendu la vente de l’anti-inflammatoire Bextra (valdĂ©coxib) en raison de risque de rĂ©actions cutanĂ©es graves et de problèmes cardiovasculaires. En 2004, Merck retirait du marchĂ© mondial un produit similaire (anti-COX2), le Vioxx (rofĂ©coxib) pour cause de risque cardiaque. L’AmĂ©ricain Pfizer a, d’ailleurs, indiquĂ© qu’il ne lancerait plus de nouvelle recherche sur l’obĂ©sitĂ©. Mais des spĂ©cialistes expriment leur dĂ©ception tel l’Anglais Colin Waine (National Obesity Forum). L’Acomplia aurait pu bĂ©nĂ©ficier Ă ceux pour qui les deux mĂ©dicaments encore disponibles, l’orlistat (Xenical de Roche) ou la sibutramine, ne convenaient pas. Selon les analystes, ces revers mettent Ă mal le modèle de "blockbusters" mĂ©dicaments de masse qui dĂ©gagent rapidement un milliard de dollars de chiffre d’affaires par an. Mais la recherche continue. Ainsi, des chercheurs ont dĂ©couvert une molĂ©cule de synthèse qui Ă©vite Ă des souris de grossir malgrĂ© un rĂ©gime surchargĂ© de graisses, selon la revue amĂ©ricaine Cell Metabolism. AdministrĂ©e en prĂ©ventif, la molĂ©cule de synthèse, baptisĂ©e SRT 1720, a protĂ©gĂ© les souris de l’obĂ©sitĂ© malgrĂ© leur rĂ©gime trop riche en graisses, tout en les prĂ©servant de faire un diabète, dont l’apparition est favorisĂ©e par l’excès de poids. "Elles peuvent Ă©galement courir deux fois plus longtemps et deux fois plus loin que les autres", poursuit-il. Leurs niveaux de sucre et graisses sanguines (cholestĂ©rol...) ont diminuĂ©. "Le SRT 1720 n’a guère eu d’effets sur le poids des souris obèses, mais a en revanche agi sur leur diabète (excès de sucre dans le sang) en restaurant un profil se rapprochant de la normale", dit-il. "La molĂ©cule, dĂ©veloppĂ©e par Sirtris (compagnie du groupe GlaxoSmithKline), mimerait un effet de restriction calorique" ajoute le chercheur qui "ne serait pas surpris qu’elle accroisse la longĂ©vitĂ©". En aoĂ»t dernier, des AmĂ©ricains montraient qu’un antiĂ©pileptique testĂ© contre la dĂ©pendance Ă la cocaĂŻne, la vigabatrine, faisait maigrir rapidement des rats de laboratoire.