Le Midi Libre - Culture - Joséphine Baker, Anna Karina et Anna Politkovskaïa à l’honneur

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31e Festival de Films de Femmes de Créteil
Joséphine Baker, Anna Karina et Anna Politkovskaïa à l’honneur
15 Mars 2009

En rendant hommage à trois femmes qui ont donné la preuve de l’amour de leur métier et de leur patrie, jusqu’au sacrifice suprême, la 31ème version de ce festival perpétue sa vocation vouée à l’art et aux luttes des femmes à travers le monde.
Ayant ouvert ses portes le vendredi 13 et se poursuivant jusqu’au dimanche 22 mars, la rencontre où sont attendues plus de 40 réalisatrices du monde entier et qui prévoit la projection de 150 films, rend hommage au talent de Anna Karina en proposant huit de ses films au public. Une soirée autoportrait de la célèbre actrice a eu lieu hier, en sa présence, avec la projection du film Pierrot le fou de Jean Luc Godard. D’origine danoise, l’actrice née en 1940, a à son actif des dizaines de films dont de nombreux succès. Elle est également chanteuse et réalisatrice. Mannequin à ses débuts, elle est découverte à l’âge de 17 ans par Coco Chanel qui lui donne son pseudonyme. Elle est ensuite repérée par Jean-Luc Godard, alors journaliste aux Cahiers du cinéma. Elle l’épouse en 1961. Elle a notamment travaillé avec Jacques Rivette, Serge Gainsbourg, et Luchino Visconti.
D’autre part, fidèle à sa tradition de lutte anti-discriminatoires et anti-raciste, le festival compte une section « Frontières invisibles », composé de trente films réalisés par des femmes d’Amérique et d’Europe. Dans ce cadre, un hommage sera rendu à l’artiste afro-améridienne, Joséphine Baker, dont le talent a bouleversé le siècle. De son vrai nom Freda Josephine McDonald, cette danseuse et chanteuse au talent retentissant est née le 3 juin 1906 à Saint-Louis, Missouri, et décédée le 12 avril 1975 à Paris. Souvent considérée comme la première star noire, elle prend la nationalité française en 1937 et joue un rôle important dans la résistance contre l’occupant nazi durant la 2ème guerre mondiale. Elle lutte ensuite de toutes ses forces contre le racisme, et pour l’émancipation des Noirs, en particulier en soutenant le Civil Rights Movement de Martin Luther King. Pour le grand public, elle reste cette danseuse d’une grande beauté qui scandalise le monde en dansant vêtue d’un simple pagne de bananes en première partie de la Revue Nègre, le 2 octobre 1925, au Théâtre des Champs-Elysées à Paris. Elle devient l’égérie des cubistes et on lui fait porter la responsabilité de l’engouement des Parisiens pour le jazz et les musiques noires.
Se voulant « lieu témoin de débats historiques », le festival qui reste attentif aux engagements artistiques, politiques et sociaux des femmes dans le monde a créé un nouveau jury qui porte le nom d’ Anna Politkovskaïa, journaliste russe assassinée à son domicile, à Moscou, le 7 octobre 2006. Ce jury qui primera le meilleur film documentaire est constitué de journalistes presse et télévision ainsi que des jeunes journalistes étrangères lauréates de la fondation ELLE. Anna Politkovskaïa, qui couvrait les événements en Tchétchénie, devait publier un article sur les tortures dans cette région, photos à l’appui, dans l’édition du 9 octobre de Novaïa Gazeta, bi-hebdomadaire pour lequel elle travaillait. Anna Politkovskaïa, mère de deux enfants, est née en 1958 à New York dans une famille russo-ukrainienne. En 1982, elle a commencé sa carrière dans le journal Izvestia. Anna Politkovskaïa était particulièrement connue pour son travail en Tchétchénie, région où elle s’est rendue plus de quarante fois. L’engagement d’Anna Politkovskaïa dépassait de loin sa seule profession journalistique. Elle accompagnait parfois au tribunal, les femmes russes qui avaient perdu leurs fils en Tchétchénie. En dehors de ses reportages, Anna Politkovskaïa publiait ses réflexions critiques sur la politique russe en Tchétchénie. Anna Politkovskaïa abordait dans ses reportages beaucoup de sujets tabou. Elle recevait des menaces de mort qui l’ont poussée en 2001 à se réfugier en Autriche. Ses amis disent que dans les derniers mois, elle se savait menacée mais repoussait l’idée de l’exil.

Par : Karimène Toubbiya

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