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Ecrit par Frédérique Devaux
Un livre sur le cinéma kabyle
13 Avril 2016

L’auteure s’intéresse tout naturellement au contexte politique et social ayant accompagné la naissance des oeuvres et aux requêtes des Imazighen les ayant précédées.

Frédérique Devaux Yahi est française par sa mère, kabyle par sa famille paternelle. Le présent ouvrage s’adresse ainsi à la fois aux publics méconnaissant la culture kabyle et à uneaudience intéressée par l’analyse d’images et des sons au cinéma, le découpage, le montage…

L’étude prend appui sur les trois premiers films kabyles, La Colline oubliée,Abderrahmane Bouguermouh (1996),Machaho, Belkacem Hadjadj (1996), LaMontagne de Baya, Azzedine Meddour (1997), et se poursuit avec le premier film chaoui, La maison jaune de Amor Hakkar (2008), avant de faire un détour vers le cinéma berbère marocain, au côté de son initiateur Mohamed Mernic.

Après une analyse de l’organisation coutumière de la société kabyle, l’auteure étudie la place de ces structures traditionnelles dans les films analysés et dans les écrits éponymes. Elle retient des figures filmiques simples et envisage la manière dont les cinéastes les ont utilisées pour ne rien trahir de leur société d’origine, tout en donnant à penser de possibles améliorations de ces coutumes.

Elle s’intéresse tout naturellement au contexte politique et social ayant accompagné la naissance des oeuvres, et aux requêtesdes Imazighen les ayant précédées.Il semblerait que cet essai soit le premierouvrage à mettre en perspective ces baptistaires d’une possible cinématographie amazighe. Avant d’avoir en votre possessionle premier livre d’analyse qui s’intéresse, enfin, à ce genre de mouvement et de courant cinématographique, il est de notre devoir de revenir sur les classiques du cinéma kabyle qui est l’essence même de cet ouvrage.

Tawrirt yetswatsun (La Colline oubliée)

Adaptation du roman éponyme de Mouloud Mammeri (Paris, Plon, 1952, 1965) par le cinéaste Aberrahmane Boughermouh. Avec Djamila Amzal, Mohand Chabane, Samira Abtout, Abderrahmane Debiane, Faroudja Hadjloum, Hayet Tadjer, Said Amrane, Slimane Hamel, Mohamed Abbès. Durée : 1 h 45.

Le film devient le premier long-métrage de fiction tourné en tamazight et bénéficie d’un puissant mouvement de solidarité durant le tournage et à sa sortie en France et en Algérie. Abderrahmane Bouguermouh est né le 25 février 1936 à Ouzellaguène, en Kabylie. Études secondaires à Sétif où il voit de près l’horreur et la mort lors des événements de 1945. En 1957, il rencontre l’écrivain Mouloud Mameri !

Début d’une longue amitié. Après un passage à l’IDHEC en 1960, M. Bouguermouh réalise des émissions de variétés pour la télévision, RTF, à Cognacq Jay. En 1963, il retourne au pays et participe à la création du CNCA. Il en est exclu en 1964, à cause de ses idées.

En 1965, sur un texte de Malek Haddad, il tourne Comme une âme, un moyen métrage en berbère. Le film est refusé par le ministère qui exige une version en langue arabe. Il part alors pour Paris où, il postsynchronise le film en français ; cela lui vaudra un deuxièmelicenciement, la confiscation et la destruction des positifs et des négatifs.

Le film ne sera jamais diffusé. De 1965 à 1968, il réalise une série dedocumentaires de commande et prend contact avec les premiers intellectuels de la revendication berbère, M. Hannouz, Taous Amrouche, Mouloud Mammeri, Mouloud Batouche et Mohand Arab Bessaoud. Le réalisateur s’intéresse à un documentaire archéologique avant de tourner un autre moyen métrage La grive, en 1967. Plusieurs fois primés, le film constitue, selon les journalistes, l’une des premières anthologies cinématographiques algériennes.

En 1968,il dépose La colline oubliée à la commission de censure. Dans une lettre d’intention, il précise que ce film ne peut se faire qu’en langue kabyle. Le projet est rejeté sans explication. Commence alors une langue traversée du désert au cours de laquelle il collabore avec Mohamed Lakhdar Hamina dans Chronique des années de braises, en (1973),

Les oiseaux de l’été (1978), Kahla oua beïda, (1980) ; un grand succès populaire, Cri de pierre, (1987), un long métrage en 35mm,plusieurs fois primé à l’étranger, mais torpillé en Algérie. En 1989, on lui accorde, enfin, l’autorisationde tourner en tamazight La colline oubliée.

Adhrar n’Baya (La Montagne de Baya)

Réalisateur : Azzedine Meddour Scénario : Azzedine Meddour, Jean-Pierre Lledo. Image : Bachir Selami Interprètes : Djamila Amzal (Baya) Abderrahmane Debiane (Djendel) Ali Ighil Ali (Le vieux Belaïd), Ouardia Kessi (la vieille Aldja), Kamal Abderrahmane (Saïd).

La force de ce film, c’est une sensation physique, palpable : la relation à la terre, quasi charnelle, d’une horde de villageois traqués qui s’accrochent à leur montagne. On est en Kabylie, au début du siècle. Les villageois ont été expropriés par les Français. Baya, fille du guide spirituel de la communauté, voit son époux assassiné par le fils du bachagha, le seigneur local.

Elle affirme son emprise, féconde, sur la tribu, sur « sa » montagne, et trace son destin… Azzedine Meddour est né à Sidi-Aïch le 08 mai 1947 où il a vécu son enfance et suivi ses études primaires et secondaires. L’université d’Alger l’a accueilli pour des études en lettres françaises.

Par la suite, il part pour l’Union soviétique pour y suivre une formation dans le cinéma au VGIK de Moscou de 1971 à 1978. Suite à une longue maladie, Azzedine Meddour s’est éteint le 16 mai 2000 à l’âge de 53 ans. Il repose au cimetière d’Akbou, dans la commune de Timezrit, à 45 km du cheflieu de la wilaya de Béjaïa.

Machaho

Réalisation : Belkacem Hadjadj : né à Alger en 1950, Belkacem Hadjadj vit à Bruxelles depuis de nombreuses années. Après avoir étudié le cinéma à l’Insas, où il est diplômé en 1977. Il a travaillé pour la RTB jusqu’en 1978 et pour la RTA, de 1978 à 1987. Entre 1985 et 1991, il a enseigné le cinéma à l’Insic .

Interprétation : Belkacem Aït Salem, Saïd Amrane, Meriem Babès, Rachid Hadid, Belkacem Hadjadj, Arezki Hamamd, Sid- Ali Issaadi, Omar Lechany, Hadjira Oul Bachir, Farid Serkhane, Belaïd Texa, Amal Zediri Le paysan Arezki recueille Larbi, jeune homme mourant qu’il ramène à la vie et installe chez lui. Ce dernier s’éprend de Feroudja, la fille de la maison, qui tombe enceinte de lui.

Filmographie :
Le Bouchon – 1980 – Film.
La Goutte – 1982 – Court métrage.
Bouziane-el-Kalaï – 1983 – Film.
El Khamsa – 1988 – Film.

Un vampire au paradis – 1992. Machaho – 1995 – long métrage fiction en Tamazight.
L’Arc-en-ciel éclaté – 1998 – Long métrage documentaire Une femme taxi à Cidi-el-Abbès – 2000. El Manara – 2004 – salué pour son réalisme au festival de Carthage.

Par : ROSA CHAOUI

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