Le Midi Libre - Culture - «Langues et pratique entre domination et sensibilité»

Edition du 21 Fevrier 2013



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Colloque national à l’université de Bouira
«Langues et pratique entre domination et sensibilité»
21 Fevrier 2013

Le département de français de l’université de Bouira organise un colloque national les 10 et 11 juin prochain autour du thème «Langues et pratique. Entre domination et sensibilité». Le comité scientifique lance en cette occasion un appel à communication aux chercheurs dans le domaine et les informe que le dernier délai pour y participer est le 20 avril 2013.


A travers le texte argumentatif, le comité scientifique souligne que «la langue est l’illustration symbolique de la communication, la traduction d’une culture par le biais d’un échange permanent entre les sujets linguistiques, valorisant la spécificité des phénomènes socioculturels dans les interactions sociales. La langue est encore ce dialecte propre à un milieu, à une communauté, à un individu» et c’est dans sa double dimension, communicationnelle, d’une part, et socioculturelle, d’autre part, que s’inscrit la problématique de ce colloque.
La question de la pratique de la langue constitue aujourd’hui une thématique qui occupe l’intérêt des chercheurs en sciences humaines et sociales. Pour plusieurs spécialistes des études linguistiques, l’identité du Moi ne peut être acquise qu’à travers sa relation avec l’Autre. L’interaction de l’individu avec son environnement socioculturel et linguistique lui facilite l’intégration dans un groupe ou une catégorie sociale, et l’adaptation à un contact transculturel.
La langue met en jeu un message entre des actants qui entretiennent des relations qui, à l’aide d’un code ou d’un registre particulier, permettent d’appréhender le monde dans sa totalité, dans ses dimensions culturelles et linguistiques. La langue permet, en outre, de voyager à travers les cultures pour rencontrer des communautés ou pour mieux connaître l’Autre. Ainsi, la mise à jour d’une dimension sociolinguistique et spatiotemporelle conduit à la découverte de milieux, autres que ceux habituellement fréquentés, mais aussi à la connaissance d’autres langues, voire d’autres cultures.
Par la présentation de certaines visions du monde et de perceptions particulières de la réalité, des rapports sociaux singuliers surgissent et engendrent de nouveaux comportements. Aussi, apprendre une langue ou s’emparer de la langue de l’Autre, suppose la découverte d’un autre système de valeurs culturelles. C’est dans l’affirmation de la nécessité des contacts et des échanges et dans la requête d’appartenances diverses que naît le dialogue des cultures.
Trois thèmes occuperont l’intérêt de son colloque. Le premier thème sera autour du «multilinguisme dans les projets d’écriture». il y aura ainsi une approche linguistique et socioculturelle des textes littéraires qui constitue un des angles de la lecture. Elle pourrait témoigner de la nécessité portée aux différentes langues dans lesquelles sont écrits les textes. Les écrivains, maghrébins qu’ils soient ou autres, peuvent-ils écrire dans une seule langue ? A quel niveau présentent-ils ce glissement d’une langue à une autre ? Dans quelle langue expriment-ils leurs sentiments ? Que représentent le Moi et l’Autre dans les différentes expressions littéraires ?
La deuxième approche sera celle de «l’Urbanité et citadinité» avec l’analyse des différences/différenciations langagières entre les ruraux, les urbains et les citadins pourrait déboucher sur un examen des interactions culturelles productrices d’incompréhensions, de malentendus, de rapprochements ou d’éloignements. La notion de citadinité sera donc revisitée car sa considération s’est avérée assez intéressante dans les recherches de sociolinguistes mais n’a pas encore délimité clairement ce qui pourrait différencier les citadins des urbains. Nous serions, donc, en mesure de nous demander qui seraient les citadins et qui seraient les urbains ? Y aurait-il un rapport de domination/ minoration dans les rapports entre les uns et les autres ? Sous quelle dimension pourrait-on envisager le lexique de ces sujets linguistiques ? Leurs représentations langagières sont-elles en rapport direct avec le milieu socioculturel qui les entoure ?
Enfin, la dernière approche sera celle de «l’enseignement de la langue dans les milieux universitaires et scolaires». L’enseignement de l’interculturel dans les classes de langue doit tenir une place privilégiée dans la didactique. Cette nécessité pourrait être justifiée par le traitement des interactions montrant ainsi les différences entre les langues. Quels contenus culturels privilégier dans les formations universitaires ? Quelles approches méthodologiques adopter pour enseigner une langue ou une culture ?

Par : Kahina Hammoudi

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