Le Midi Libre - Société - Pourquoi cette mode ? Comment décrocher ?

Edition du 12 Janvier 2011



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Cocaïne
Pourquoi cette mode ? Comment décrocher ?
12 Janvier 2011

La cocaïne infiltre désormais divers milieux en Europe. Un «merveilleux» piège qui détruit, rend parano, menteur, délirant. Mais dont on peut en sortir…

Pourquoi parle-t-on tellement de la cocaïne?
Aujourd’hui, la cocaïne est la seconde drogue consommée dans les pays européens, derrière le cannabis, et elle est nettement moins chère qu’il y a 20 ans : 60 € en moyenne, soit deux fois moins (120 à 150 € que dans les années 90. Longtemps épargnée, l’Europe est devenue le marché à conquérir pour compenser la saturation du marché nord-américain. Les dealers n’hésitent pas à proposer aux consommateurs habituels de cannabis de la coke gratuite pour essayer. "La cocaïne est la drogue de la société actuelle,

Les ados y sont confrontés
Les générations précédentes, au même âge, ne pouvaient imaginer essayer une telle drogue, réservée seulement aux milieux aisés. La marchandise circule partout et tout le temps, dans les soirées, aux concerts, devant le lycée…

Comment agit cette substance?
La cocaïne est un stimulant qui entraîne euphorie, bien-être et sensation de toute-puissance. La fatigue et les problèmes sont gommés, le doute et la peur s’éloignent… Freud parlait de «drogue magique», de «merveilleux remède». Vous sniffez un rail et pendant trente minutes, vous plongez dans un tsunami de bien-être.
Le problème, c’est ce qui se passe après, pendant la descente. Le manque survient quelques heures suivant la dernière prise avec des effets inverses à la montée : tristesse, sentiment de malaise, perte de l’estime de soi, désintérêt pour le sexe, parfois paranoïa chez les consommateurs réguliers, et cela dure quelques jours. Du coup, pour retrouver cet état d’euphorie, vous en reprenez. Et, comme la cocaïne coûte cher et que la descente est trop pénible, pour compenser vous allez fumer du cannabis et du tabac, prendre de l’alcool et des tranquillisants.

Quelles sont les conséquences sur la santé ?
Les risques sont sérieux : crise cardiaque, accident vasculaire cérébral, crise d’épilepsie peuvent survenir quelle que soit la fréquence de consommation et à chaque prise. Autrement dit, même si on essaie une seule fois (pour voir) ! Sachant que certains seront plus vulnérables que d’autres, et que la quantité ou la qualité du produit entrent en ligne de compte. Par ailleurs, le partage des pailles pour sniffer entraîne des risques d’hépatites B et C et de VIH (sida). Chez les sniffeurs, elle détruit les cloisons nasales avec pour effets secondaires des saignements de nez, des rhinites et des infections. L’usage répété est à l’origine de paranoïa, d’états délirants. On ne le sait peut-être pas, mais la cocaïne est la drogue qui induit le plus de tentatives de suicides et de dépression selon les psychiatres

Rend-elle physiquement dépendant
De nombreuses idées reçues traînent à son sujet, et notamment le fait que l’on peut très bien gérer sa consommation occasionnelle, que la coke est sans danger, que la poudre ne rend pas dépendant physiquement… C’est faux. Même s’il n’existe pas de manifestations physiques aussi nettes que dans l’addiction à l’alcool, au tabac ou à l’héroïne, la dépendance physique existe bel et bien chez les consommateurs réguliers. Le manque surgit aussitôt que l’effet de la drogue s’estompe (variable selon qu’elle est fumée ou sniffée), avec une anxiété, une irritabilité, une agressivité contre soi ou les autres. Par ailleurs, ce qui fait sa spécificité, c’est le craving, qui touche les occasionnels comme les accros : l’usager souffre d’une envie à crever de consommer. Il y a goûté, il en veut encore.

Peut-on savoir si son enfant en prend?
Certains signes peuvent alerter : des troubles du comportement avec une irritabilité, des moments dépressifs forts, une chute des résultats scolaires, des gestes autour du nez pour les sniffeurs, des rhumes à répétition alors qu’avant l’ado n’y était pas prédisposé, des dépenses anormales…
En ce cas, les parents doivent commencer par en parler à leur enfant, consulter leur médecin
En attendant la mise sur le marché du vaccin curatif anticocaïne (actuellement en cours d’expérimentation),
plusieurs solutions sont possibles.
• Pour les ados, le travail se fera essentiellement en psychothérapie individuelle et familiale.
• Pour les adultes, un programme de traitement avec une désintoxication courte sur trois semaines en consultation, voire en hospitalisation si nécessaire.
Il faut savoir que les antidépresseurs, les neuroleptiques, les stabilisateurs d’humeur (comme le lithium) ne fonctionnant pas du tout pour supprimer la dépendance à la cocaïne.


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