Le Midi Libre - Supplément Économie - Le football, une industrie florissante

Edition du 7 Juin 2010



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Investissements publics colossaux et intérêt grandissant du secteur privé
Le football, une industrie florissante
7 Juin 2010

Le football n’est plus ce sport pratiqué entre deux équipes de onze joueurs, le sport roi est passé à une étape supérieure faisant de lui une véritable industrie ou des milliards d’investissements sont engagés. Les enjeux sont aussi économiques et les pays tout comme les industriels sont dans une frénésie sans précédent. Les premiers sont en course pour l’organisation de grands rendez-vous sportifs et les seconds pour promouvoir leurs produits via l’image des noms de grands sportifs. Mais le but final est le même : investir pour engranger des bénéfices et la Coupe du monde est le meilleur moyen pour y parvenir.

Des investissements en milliards de dollars pour la réalisation des infrastructures et des millions d’autres sont consacrés pour des spots publicitaires qui se négocient à des milliers de dollars pour quelques secondes sur les écrans de télévision.
La Fédération internationale qui chapeaute cette manifestation planétaire a, elle aussi, opéré sa mue pour être aujourd’hui une institution qui prend les allures d’une entreprise industrielle qui gère des milliards de dollars.
L’Afrique du Sud qui sera à partir de vendredi prochain le centre du monde aura ainsi tout à gagner en organisant le Mondial 2010.
Une première pour le continent africain qui oubliera le temps d’un mois ses conflits et ses maladies.
Le pays de Mandela récoltera, à coup sûr, les dividendes de ses investissements. Ce pays déjà très fréquenté par les touristes sera la destination de milliers de supporters venus du monde entier.
De quoi booster davantage le secteur du tourisme en cette période de crise économique.

300 mille visiteurs étrangers
Pour une compétition qui durera un mois, l’Afrique du Sud s’apprête à accueillir 300 mille visiteurs et amoureux de la balle ronde qui auraient pu être encore plus nombreux si la crise économique n’était pas passée par là comme l’a souligné le ministre du Tourisme sud-africain.
Des milliers supporters qui seront d’un apport considérable pour le tourisme et l’image du pays qui avait, rappelons le, subi un embargo à cause du régime apartheid.
Aujourd’hui les choses ont changé et beaucoup évolué depuis la libération de Nelson Mandela, véritable icône des Sud-Africains et de tout le continent.
Ainsi pour être en mesure d’accueillir ce flux de visiteurs, le gouvernement sud africain a construit une trentaine d’hôtels rien qu’à Johannesburg, accroissant par là la capacité d’accueil des touristes dans la ville.
Les investissements ont touché d’autres secteurs à l’instar des transports où plus de 2 milliards de dollars sont dépensés pour la modernisation du réseau routier et ferroviaire.
La même somme est engagée pour moderniser les aéroports sud-africains et accroître leur capacité. À titre d’exemple, OR Tambo International (premier aéroport du pays) pourra désormais gérer chaque année un flux de 28 millions de voyageurs.
L’événement, comme l’ont souligné les responsables sud-africains, est une opportunité unique en matière d’investissement, de potentiel commercial et de croissance économique.
Les enveloppes engagées renseignent sur les objectifs à atteindre et le retour sur investissement n’est pas impossible.
Dans les milieux d’affaires l’Afrique du Sud attire encore davantage après avoir pris connaissance des réalisations sur le terrain.

La conviction par le football
Les investisseurs du monde entier seront également de la partie lors de ce Mondial. Et il n y aura pas que du football. Les yeux sont rivés sur les opportunités d’affaires qu’offre ce pays, première économie africaine suivie de l’Algérie.
La période post coupe du monde s’annonce importante pour tout le pays qui a besoin de nouveaux investissements car malgré les performances, il reste que le taux de chômage est très élevé.
L’Afrique du sud compte attirer plusieurs investisseurs après le Mondial. Le pays a déjà engagé des discussions et multiplie les rencontres comme celle tenue récemment au Etats-Unis.
Une étude réalisée par Deloitte, révèle, en effet, que 77% des dirigeants d’entreprise interrogés aux États-Unis estiment qu’au cours des cinq prochaines années, les infrastructures - publiques et privées - vont devenir un facteur plus important au moment de décider où implanter leurs activités pour obtenir la croissance souhaitée. Au vu des « sommes colossales investies dans le pays pour l’organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2010, l’Afrique du Sud fait office de candidat privilégié pour les investisseurs attentifs à l’état des infrastructures », souligne le même document.
Les responsables sud-africains sillonnent le monde pour tenter de convaincre et, aux Etats-Unis, où ils ont exposé les nouvelles infrastructures, les représentants de l’industrie du cinéma, banquiers d’affaires et développeurs immobiliers, sont « tous intéressés par des investissements éventuels en Afrique du Sud après la Coupe du monde ».
Dans ce pays tout le monde s’y met même Nelson Mandela à travers sa fondation (Mandela Fondation) qui sera partie prenante de la prochaine réunion très attendue en Afrique du sud.
La manifestation se déroulera pendant la Coupe du monde et réunira des chefs d’entreprise du Fortune 500, des chefs d’État, les représentants les plus influents des divers secteurs économiques internationaux, avec un objectif commun : « Exploiter les promesses de cette partie du monde en plein développement et débattre du potentiel du continent africain ».
Après le tourisme footballistique, les choses sérieuses commenceront le gouvernement de Jacob Zuma et le sport roi aura ainsi le mérite d’avoir contribué à faire connaître davantage le pays. La Coupe du monde comme les autres grands événements sportifs, Jeux olympiques notamment, sont aussi un tremplin pour les pays organisateurs de promouvoir leurs capacités en vu d’attirer les investisseurs.
La lutte « acharnée » entre les pays candidats pour abriter de telles manifestations n’est pas fortuite. Bien de pays ont réussi à franchir un cap après l’organisation d’une coupe du monde ou des jeux olympiques. La réputation du pays en sort généralement renforcée donnant la possibilité aux investisseurs de s’implanter et de découvrir les opportunités d’affaires.
D’où l’intérêt porté également par les médias qui ne se disputent les droits de retransmission.
Là aussi, c’est une véritable industrie qui a vu le jour. Pour les chaînes détentrices des droits, il s’agit d’un investissement à faire fructifier. En un mois, elles peuvent faire des bénéfices en millions de dollars grâce à la publicité et la revente des droits de retransmission. Par exemple, la chaîne de télévision française TF1 a déboursé 140 millions d’euros pour acquérir ces droits. A la fin de la Coupe du monde, rien ne dit qu’elle n’engrangera pas le double de ses dépenses.

Par : Ryad El Hadi

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