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Edition du 17 Mai 2010



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Activités culturelles à Tizi-Ouzou
Ali Amran enflamme la ville des Genêts
17 Mai 2010

Les Tiziouzéens ne sont pas près d’oublier l’après-midi d’anthologie passé en compagnie de l’artiste "qui monte, qui monte..., Ali Amran.

La salle de spectacles de la maison de la culture de Tizi-Ouzou a vécu un après-midi inoubliable samedi dernier à partir de 14 h à l’occasion d’un spectacle donné par Ali Amran. C’est une une véritable révélation et un artiste qui promet d’aller loin pour peu que l’hôte de la ville des Genêts continue sur sa lancée. Ceux qui s’attendaient à pouvoir accéder facilement à l’intérieur de la salle sont repartis bredouille. Dès 14 h, les guichets sont fermés. Beaucoup ne s’attendaient pas à une telle affluence, Ali Amran étant un jeune artiste dont la sortie du premier album remonte à peine à l’année 2002. À ce jour, il a édité tout juste trois albums. Mais là où la qualité prime, la quantité semble ne pas avoir droit de cité. Dans la salle, le public s’entasse tant bien que mal. Même les escaliers et les couloirs sont occupés par les spectateurs, dont la quasi-totalité est constituée de jeunes. Il y a beaucoup d’adolescents dans la salle et même des enfants. Le public adulte, même si minoritaire, est toutefois présent. La presse aussi s’est déplacée en masse pour couvrir cet événement artistique car c’en est un ! La salle explose lorsque l’artiste Ali Amran monte sur scène. Il est accompagné de ses musiciens. La scène sent le rock et promet de chauffer au maximum. Les applaudissements et les cris stridents fusent de partout. Du balcon, parviennent des youyous stridents. Le spectacle commence dans une ambiance de fête. Les chansons se suivent et le climat de fête ne fait qu’augmenter. Les jeunes laissent libre court à l’expression de leur joie. Ils répètent en chœur les chansons de Ali Amran. Ils ont appris par cœur son répertoire. Ils répètent les textes et les refrains sans se lasser. Après une première partie explosive, l’artiste invite ses musiciens à quitter momentanément la scène pour interpréter en solo certaines de ses chansons qui sont plutôt douces. Puis, quelques minutes plus tard, Ali Amran renoue avec son équipe et la fête reprend de plus belle. Jusqu’à 17 h, la salle de spectacle de la maison de la culture de Tizi-Ouzou a vécu des moments d’extase. Ali Amran a tenu toutes ses promesses et a réussi à obnubiler un public dont la majorité le découvre pour la première fois sur scène. «Je l’ai découvert en 2002 après la sortie de son premier album. Depuis, il reste l’un de mes chanteurs préférés», affirme un jeune qui n’a pas cessé de danser tout le long du spectacle. Une étudiante affirme que Ali Amran est l’un des artistes qu’elle aime écouter parce qu’il a apporté un plus à la musique et qu’il a cassé la routine qui caractérise, selon elle, la chanson kabyle.
En effet, même s’il puise sa source dans sa Kabylie natale, Ali Amran distille un savant mélange de genres qui fait l’originalité de sa musique. Au chant et à la guitare acoustique, il aborde un style dépouillé, sans fioritures. Ses chansons à textes, comme son sens mélodique, véhiculent l’âme d’une culture trop souvent bâillonnée ; ses compositions, quant à elles, empruntent leur rythmique à l’univers folk rock, avec des accents tantôt blues tantôt pop. En résulte une harmonie toute particulière, à l’image de sa voix, au timbre doux et profond .
Ali Amran a aujourd’hui conquis un large public, de même que la reconnaissance de ses pairs, à l’instar d’Idir, Abranis, ou encore Takfarinas, qui inscrivent sa démarche artistique, comme un souffle nouveau, dans l’histoire de la chanson kabyle. Tout juste sorti de l’adolescence, Ali se fait connaître en tant qu’auteur compositeur : ses premières compositions, inspirées de la tradition orale qui a bercé son enfance, sont interprétées par plusieurs artistes populaires, notamment Lani Rabah. Puis la période universitaire, celle des premières scènes, révèle peu à peu un artiste complet : accompagnant la troupe de théâtre et de chant" Meghres ", comme musicien, ses premières apparitions marquent la scène locale. Il compose de plus belle, intégrant de nouvelles influences ; il participe à différentes formations, se produit en concert ... En 1994, un premier enregistrement studio vient couronner cette phase initiatique, et le titre Adu (Le vent) se voit classé dans le top "Local rock" sur la chaîne francophone de la Radio nationale algérienne. Depuis, Ali Amran s’est produit dans plusieurs villes de Kabylie, notamment à Tizi-Ouzou, Béjaïa et Bouira. Chaque année, il gagne de plus en plus en popularité jusqu’à devenir ce qu’il est aujourd’hui. C’est-à-dire un artiste qui compte et qui jouit d’un public se comptant par milliers. Après Tizi-Ouzou, Ali Amran se produira à Bouira, Béjaïa ainsi que dans un certain nombre de chefs-lieux des daïras de Kabylie comme Draâ El Mizan, Boghni, Tizi Ghennif, Aïn El Hammam...
Cette tournée d’Ali Amran est fort louable puisqu’elle a permis à la région de sortir de sa léthargie.

Par : Lounes Bougaci

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