Il est de bon temps pour tous les peuples au demeurant de renouer avec leur authenticité et leur diversité sans pour autant en faire leur seul et unique cheval de bataille… En effet, fiers de leur histoire et origine, les Algériens manifestent de mille et une manières leur attachement à leurs repères dont Yennayer qui coïncide avec la date du 12 janvier, cette date hautement symbolique en renouant avec les traditions de leurs aïeux.
En effet, pour cette année, le Nouvel An berbère 2976 est célébré comme jamais dans toutes les wilayas du pays, où des festivités grandioses battent leur plein pour donner la dimension que mérite cet événement et faire de cette terre qui l’a protégé et conservé durant des siècles, où le «vivre ensemble» ne relève point d’un vain mot depuis la nuit des temps, le creuset de ce patrimoine millénaire.
En effet, aujourd’hui comme jamais, Yennayer est toujours là pour nous rappeler notre repère majeur incontournable désormais au sein de larges couches de la population, qui se veut, résolument, tel un retour aux sources autant par son rituel emprunté à une tradition millénaire qu’on croyait perdue à jamais que son contenu.
Protégé et conservé durant
des siècles
Sa célébration vaut constat : depuis des siècles, les Algériens manifestent de mille et une manières leur attachement à cette date hautement symbolique en renouant avec les traditions de leurs aïeux.
Durant des siècles, il se fêtait, seulement, en famille autour d’un couscous garni de poulet, communément appelé Imensi n’Yennayer.
Dans les foyers, en effet, la célébration a créé une ambiance conviviale exceptionnelle. Le couscous reste le maître de cérémonie pour cette grande fête amazighe. La viande blanche de poulet semble convenir dans tous les plats familiaux. La tradition veut également que les confiseries doivent garnir la table. Au bonheur des enfants ! Le rituel de Yennayer est aussi accompagné de la première coupe de cheveux pour les petits enfants en leur préservant quelques mèches au-dessus du front, ainsi que des Tmachrets ou lawziaa pour certains. Usant aux gardes du temple en l’occurrence les vieilles, elles prient pour que l’année soit prolifique en produits alimentaires et que la famille ne se retrouve pas dans le besoin. Pour cela, avant la prière d’El fedjr, les vieilles poussent des youyous discrets sur les «Ikoufène» et les jarres d’huile.
Reconnaissance officielle
En effet, la reconnaissance par les plus hautes autorités du pays de Yennayer en tant que journée chômée et payée a, sans doute, réconcilié le peuple avec son Histoire. Depuis, la fête a pris une connotation officielle et symbolique à la fois, sur tout le territoire national.
Cette consécration où le festif côtoie le rituel a un sens historique, qui inaugure le mythe fondateur du calendrier berbère, ancré dans la sécularité de ce peuple foncièrement amazigh et jaloux de son ancestralité et ses valeurs millénaires. Autant de moments forts qui vont dans le sens de la consolidation de l’unité de tous les Algériens, de ces jeunes et moins jeunes qui viendront partager dans une joie intense ce premier jour du calendrier agraire, utilisé depuis l’antiquité par les berbères à travers l’Afrique du nord et, dans la convivialité familiale qui a toujours marqué cette date historique.
Lancement des festivités
officielles et nationales
Outre, institutions de l’etat, associations, organisations et des comités de quartiers et villages, le Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), pour sa part se distingue comme à son accoutumé à concocter des programmes des plus alléchants afin d’entrer comme il se doit dans la nouvelle année berbère. En effet, placé sous le slogan "De Béni Abbés, Yennayer brille pour une Algérie victorieuse", reflétant "la fierté d’appartenir à une Algérie unie et victorieuse", le coup d’envoi des festivités officielles et nationales, est donné vendredi dernier depuis Alger vers la wilaya de Beni Abbés, sous le haut patronage du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et la supervision du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA).
La cérémonie s’est déroulée en présence du président du Conseil de la nation, M. Azzouz Nasri, du président de l’Assemblée populaire nationale (APN), M. Brahim Boughali et du secrétaire général du HCA, M. Si El-Hachemi Assad, et de représentants d’instances officielles. La caravane s’est ébranlée depuis la gare de l’aéroport Houari Boumediene d’Alger, en direction de la commune d’Abadla, dans la wilaya de Béchar, avant de poursuivre son périple par route à destination de la wilaya de Beni Abbés.
Le programme prévoit plusieurs activités culturelles, dont l’inauguration à Béni Abbés d’une fresque artistique intitulée L’arabité et l’amazighité, réalisée sous la supervision du Musée national de la calligraphie islamique de Tlemcen. Un espace sera également aménagé pour le marché de Yennayer, avec des stands de livres permettant aux auteurs et créateurs de commercialiser leurs ouvrages, ainsi que des stands pour les start-up. Également une conférence scientifique sur "La dimension historique et civilisationnelle de Yennayer et son lien avec le calendrier agraire (agricole)", ainsi que des spectacles artistiques et des expositions artisanales reflétant la richesse du patrimoine amazigh, outre l’organisation d’un atelier de traduction d’ouvrages arabes en Tamazight, ainsi qu’un forum participatif pour les enfants sur le thème "Yennayer : symbole de diversité et d’unité".