Absents pour leur majorité sur le terrain, et en prédateurs rompus, les partis politiques se montrent à chaque événement au créneau pour tenter de se replacer sur l’échiquier politique et tenter surtout de récupérer une base électorale.
Les algériens en connaissent un bout, puisque chacun d’entre eux peut dresser un tableau sur l’ADN de chaque parti et même les pratiques inscrites dans leurs agendas. Hormis quelques formations qui tentent tant bien que mal de s’affirmer, toute l’armada de partis «fantoches» autorisés dans le sillage des «réformes politiques» donnent l’image d’un État politiquement figé.
Encore une fois, la cloche électorale a sonné et les partis se préparent déjà à se repositionner sur l’échiquier pour ne pas rester en marge de processus qui pourraient les laisser en rade. C’est le cas de ce début de l’année, où ces derniers multiplient les rencontres, les sorties médiatiques et les initiatives.
C’est le cas du parti du Front de Libération Nationale qui a fait un déplacement à Mila. Devant les militants et les partisans de son parti, le Secrétaire général, Abdelkrim Benmbarek, a mis en relief les accomplissements avérés dans les domaines politique, économique et social. Il a soutenu que « l’Algérie avance sur la voie des réformes et de l’édification ».
Il a mis en garde, néanmoins, contre les parties hostiles qui s’échinent à déstabiliser le pays par des manœuvres itératives.
De son point de vue, la seule parade est l’unité des rangs et la cohésion sociale. Le Front El-Moustakbal, a préféré rencontrer ses militants et ses sympathisants du côté de Boussaâda (M’sila). Par le biais de son président Fateh Boutbig, il a tenu à souligner la nécessité de renforcer l’engagement des jeunes dans la vie politique et de soutenir les élites, estimant que les défis actuels exigent unité nationale, vigilance et primauté de l’intérêt national.
Le Secrétaire général du RND, Moundir Bouden, a choisi Ksar El Boukhari (Médéa) pour prêcher la bonne parole de sa formation politique. Il a appelé à une participation massive aux prochaines élections, afin, a-t-il dit, de « consolider le front intérieur » par le truchement d’institutions élues et légitimes. A partir de Constantine, le président du parti Talaie El-Houriyet, Reda Benounane, a également incité à porter un intérêt accru aux élections législatives. Il a affirmé qu’il est important que le parti soit bien représenté dans l’enceinte du Parlement, dans le but de « consacrer une démocratie participative responsable ». De Skikda, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a conféré une appréciation positive à l’adoption, par l’APN, de la loi portant criminalisation du colonialisme français. Elle a estimé important d’exhorter l’ancien colonisateur à consentir des «réparations pour les crimes qu’il a commis ». Louisa Hanoune a déclaré, par ailleurs, que son parti cautionne pleinement les mesures sociales engagées par le président de la République, dont la revalorisation du SNMG, de l’allocation chômage et des pensions de retraite.
Toujours à Skikda, le Secrétaire général du mouvement Ennahda, Mohamed Dhouibi, a procédé, dans la wilaya de Skikda, à l’installation du comité électoral du parti. Il a affirmé que l’Algérie se prépare à « une année électorale de premier plan.
Connus dans leur majorité par tous les algériens, comme partis d’occasions surtout électorales, ces formations politiques, qui en principe les garants de la diversité et de l’alternance politique, ont souvent été pour ne pas dire jamais éloignés des franges sociales qu’ils étaient censés représenter.
En attendant la remise en cause ou une petite autocritique, la société civile essaie tant bien que mal de se passer de ces acteurs politiques visiblement dépassés en se mobilisant par des actions concrètes sur le terrain, loin des obédiences idéologiques ou partisanes.