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Edition du 13 Octobre 2025



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Fiat AlgĂ©rie marque l’histoire
Première voiture 100% locale produite Ă  Tafraoui, un jalon pour l’industrie automobile
13 Octobre 2025

Dans un Ă©lan qui propulse l’AlgĂ©rie vers les sommets de l’industrialisation automobile, l’usine Fiat de Tafraoui vient de franchir une Ă©tape emblĂ©matique. Le 9 octobre dernier, ce site industriel, joyau de la wilaya d’Oran, a vu sortir de ses chaĂ®nes de montage la première Fiat Grande Panda entièrement fabriquĂ©e sur le sol algĂ©rien.



Cette rĂ©alisation, saluĂ©e par Samir Cherfan, directeur des opĂ©rations de Stellantis pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, n’est pas seulement un exploit technique : elle symbolise un renouveau profond pour l’Ă©conomie nationale, ancrĂ©e dans l’innovation locale et l’expertise humaine. Ă€ travers ce modèle CKD (Complete Knock-Down), Fiat AlgĂ©rie pose les bases d’une souverainetĂ© industrielle tant attendue, tout en accĂ©lĂ©rant sa cadence productive vers des horizons ambitieux. Cette nouvelle, relayĂ©e par Cherfan sur son profil LinkedIn, a rapidement enflammĂ© les rĂ©seaux professionnels et les mĂ©dias spĂ©cialisĂ©s. « Aujourd’hui, l’usine Fiat Ă  Tafraoui en AlgĂ©rie a produit la première voiture entièrement fabriquĂ©e localement – un vĂ©hicule qui reprĂ©sente un nouveau chapitre dans l’histoire de Fiat en AlgĂ©rie. Ce qui rend ce moment vraiment exceptionnel, c’est que cette voiture a Ă©tĂ© fabriquĂ©e en utilisant les nouveaux processus de soudure et de peinture qui ont Ă©tĂ© rĂ©cemment installĂ©s – c’est la première fois dans l’histoire de la fabrication de voitures particulières en AlgĂ©rie », a-t-il Ă©crit, capturant l’essence d’une prouesse qui transcende les frontières techniques pour toucher Ă  l’orgueil national. Cette Panda, avec son design compact et son ingĂ©nierie hybride, n’est pas qu’un produit : elle incarne la convergence entre hĂ©ritage italien et dynamisme algĂ©rien, un mariage scellĂ© par des investissements massifs et une vision stratĂ©gique.
Un jalon historique dans la saga industrielle algérienne
L’inauguration de l’usine de Tafraoui, en dĂ©cembre 2023, n’Ă©tait dĂ©jĂ  qu’un prĂ©lude Ă  cette gloire. Fruit d’un partenariat entre Stellantis et les autoritĂ©s algĂ©riennes, ce complexe a Ă©tĂ© Ă©rigĂ© sur un investissement initial de 200 millions d’euros, transformant un terrain vague en hub automobile ultramoderne. Dès ses premiers balbutiements, l’usine a assemblĂ© des modèles emblĂ©matiques comme la Fiat 500 Hybrid, première voiture hybride Ă  fouler les routes algĂ©riennes, et le Fiat Doblò, utilitaire polyvalent qui a conquis le marchĂ© local avec plus de 65% de parts dès le premier semestre 2024. Mais la production de la Grande Panda marque un saut qualitatif : pour la première fois, l’ensemble des composants – de la carrosserie au moteur – est sourcĂ© et assemblĂ© localement, Ă©liminant la dĂ©pendance aux importations partielles et boostant le taux d’intĂ©gration nationale Ă  100% pour ce modèle.
Cette avancĂ©e technique repose sur l’installation rĂ©cente de lignes de soudure robotisĂ©e et de cabines de peinture Ă©cologiques, importĂ©es d’Italie mais adaptĂ©es aux normes locales. Ces Ă©quipements, opĂ©rationnels depuis l’Ă©tĂ© 2025, permettent non seulement une prĂ©cision millimĂ©trique mais aussi une rĂ©duction des Ă©missions de CO2, alignant Fiat AlgĂ©rie sur les objectifs de durabilitĂ© de Stellantis. « C’est un pas gĂ©ant vers l’autonomie industrielle », commente un expert en automotive interrogĂ© par Algerie-Eco, soulignant comment cette localisation complète rĂ©pond aux incitations fiscales du gouvernement algĂ©rien, qui exonère les projets CKD de droits de douane pour favoriser l’emploi et la valeur ajoutĂ©e locale. En effet, depuis son lancement, l’usine a dĂ©jĂ  gĂ©nĂ©rĂ© des milliers d’emplois directs et indirects, injectant une vitalitĂ© Ă©conomique dans la rĂ©gion d’Oran, traditionnellement axĂ©e sur l’agroalimentaire et les hydrocarbures.
La transition vers la Grande Panda n’est pas anodine : elle succède Ă  l’arrĂŞt de la production de la Fiat 500, dĂ©cidĂ© dĂ©but octobre 2025 pour optimiser les lignes et se concentrer sur des modèles plus adaptĂ©s au marchĂ© algĂ©rien, comme ce SUV urbain spacieux et Ă©conomique. Avec une consommation mixte de 4,5 litres aux cent kilomètres et des options hybrides lĂ©gères, la Panda s’annonce comme un best-seller potentiel, rĂ©pondant aux besoins d’une classe moyenne en pleine expansion. Des posts sur X, comme celui d’@algerie_eco, cĂ©lèbrent dĂ©jĂ  cet Ă©vĂ©nement : « L’usine de Tafraoui, Ă  Oran, a produit sa première Fiat Grande Panda, marquant le lancement du premier vĂ©hicule CKD de l’histoire de l’AlgĂ©rie », illustrant l’enthousiasme palpable sur les rĂ©seaux sociaux.

Production en accélération : de 50.000 à 90.000 unités annuelles
Au-delĂ  de cette première, Fiat AlgĂ©rie affiche des chiffres qui impressionnent. Depuis fin 2023, l’usine a franchi le cap symbolique des 50.000 vĂ©hicules produits, un milestone atteint en septembre 2025 après seulement 21 mois d’activitĂ©. En 2024, la cadence s’Ă©tablissait Ă  17.000 unitĂ©s, un dĂ©marrage solide malgrĂ© les dĂ©fis logistiques inhĂ©rents Ă  un lancement vert. Mais l’ambition ne s’arrĂŞte pas lĂ  : pour 2025, l’objectif est fixĂ© Ă  60.000 vĂ©hicules, avec une accĂ©lĂ©ration vers 90.000 en 2026. Ces projections, dĂ©taillĂ©es dans un communiquĂ© officiel de Fiat AlgĂ©rie, positionnent Tafraoui comme un pivot rĂ©gional pour Stellantis, capable de rayonner vers l’Afrique du Nord et le Sahel.
Actuellement, la production quotidienne oscille autour de 46 vĂ©hicules, avec un objectif intermĂ©diaire de 250 par jour d’ici fin juillet 2025 – un rythme qui sera doublĂ© grâce Ă  l’extension en cours de l’usine, annoncĂ©e en mars 2024. Cette expansion, incluant de nouvelles chaĂ®nes pour le Doblò et potentiellement l’Alfa Romeo Tonale, portera la capacitĂ© totale Ă  350 unitĂ©s journalières. « Nous visons non seulement la quantitĂ©, mais la qualitĂ© et l’innovation », affirmait Samir Cherfan dans un post LinkedIn de septembre 2025, oĂą il Ă©voquait la prĂ©sentation mĂ©diatique de la Grande Panda lors d’un Ă©vĂ©nement exclusif. Ces avancĂ©es s’inscrivent dans le plan « Dare Forward 2030 » de Stellantis, qui alloue 30 milliards d’euros Ă  l’Ă©lectrification et Ă  la localisation dans les marchĂ©s Ă©mergents, l’AlgĂ©rie en tĂŞte pour la MEA.
Pour y parvenir, l’usine opère en mode 24/7, avec des shifts optimisĂ©s et une supply chain intĂ©grĂ©e qui source 70 % de ses pièces auprès de fournisseurs algĂ©riens – des vis aux batteries. Cette intĂ©gration rĂ©duit les coĂ»ts de 20 % et renforce la rĂ©silience face aux fluctuations gĂ©opolitiques, comme les tensions en mer Rouge qui ont perturbĂ© les importations en 2024. Des analystes, citĂ©s par APS, estiment que cette escalade productive pourrait gĂ©nĂ©rer 500 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel d’ici 2026, tout en contribuant Ă  1 % du PIB industriel algĂ©rien. Un succès qui n’est pas fortuit : il dĂ©coule d’une stratĂ©gie rodĂ©e, inspirĂ©e des usines Fiat en Turquie et au Maroc, mais adaptĂ©e au contexte local avec une emphase sur la formation.

Le capital humain : 432.000 heures de formation pour 1.784 experts
Au cĹ“ur de cette rĂ©ussite bat le pouls d’une main-d’Ĺ“uvre qualifiĂ©e. L’usine emploie aujourd’hui 1.784 AlgĂ©riens, dont 60% issus de la rĂ©gion d’Oran, sĂ©lectionnĂ©s pour leur motivation et leur potentiel. Mais les chiffres les plus Ă©loquents concernent la formation : plus de 432.000 heures dispensĂ©es depuis 2023, une grande partie en partenariat avec l’Institut national spĂ©cialisĂ© en formation professionnelle de Belkacem. Ces sessions, couvrant la robotique, la peinture automobile et la maintenance prĂ©dictive, ont transformĂ© des apprentis en techniciens certifiĂ©s, capables de piloter des lignes automatisĂ©es.
L’usine accueille par ailleurs des stagiaires de six centres de formation oranais, qui alternent thĂ©orie et pratique sur des simulateurs Fiat. « Chaque employĂ© est un ambassadeur de l’excellence italienne, enrichi par l’ingĂ©niositĂ© algĂ©rienne », soulignait Cherfan dans un post de juin 2024, cĂ©lĂ©brant le lancement de la ligne Doblò avec 850 employĂ©s dĂ©jĂ  formĂ©s. Cette approche inclusive, qui intègre 30% de femmes dans les postes techniques, favorise non seulement l’employabilitĂ© mais aussi l’innovation bottom-up.
Dans un pays oĂą le chĂ´mage des jeunes avoisine les 30%, cette initiative Fiat-Stellantis agit comme un levier social. Elle s’aligne sur la stratĂ©gie nationale « AlgĂ©rie 2030 », qui vise Ă  crĂ©er 2 millions d’emplois industriels d’ici la fin de la dĂ©cennie. Des tĂ©moignages d’employĂ©s, relayĂ©s sur LinkedIn, Ă©voquent un sentiment d’accomplissement : « Passer de soudeur dĂ©butant Ă  responsable de ligne en deux ans, c’est le rĂŞve algĂ©rien rĂ©alisĂ© grâce Ă  Fiat. » Ces histoires humaines, amplifiĂ©es par des campagnes de communication, renforcent l’image de Stellantis comme partenaire fiable, loin des critiques passĂ©es sur la sous-localisation en Afrique.

L’hĂ©ritage Fiat : de Turin Ă  Oran, un siècle d’innovation
Pour apprĂ©hender l’ampleur de cet exploit, un dĂ©tour par l’histoire de Fiat s’impose. NĂ©e en 1899 Ă  Turin sous l’Ă©gide de Giovanni Agnelli, la Fabbrica Italiana Automobili Torino (FIAT) a rĂ©volutionnĂ© la mobilitĂ© de masse. Dès ses dĂ©buts, elle misait sur des voitures accessibles : la Tipo 4 en 1905, produite Ă  1.000 exemplaires, prĂ©figurait la Panda d’aujourd’hui. Les annĂ©es 1960-70 ont vu l’introduction pionnière de la traction avant avec la 128 en 1969, et du turbo diesel en 1986 sur la Uno, technologies qui Ă©quipent encore les usines modernes comme Tafraoui.
Aujourd’hui, Fiat est le fer de lance de Stellantis, fusion de PSA et FCA en 2021, regroupant Alfa Romeo, Maserati, Lancia et une participation majoritaire dans Chrysler. Avec un chiffre d’affaires de 180 milliards d’euros en 2024, le groupe domine l’Europe (25% de parts) et l’AmĂ©rique latine, tout en s’implantant en MENA via des hubs comme Tafraoui. La marque italienne, synonyme d’Ă©lĂ©gance fonctionnelle – pensez Ă  la 500, icĂ´ne pop vendue Ă  7 millions d’unitĂ©s –, concurrence Volkswagen et Peugeot sur le segment Ă©conomique, avec des modèles hybrides alignĂ©s sur les normes Euro 6D.
En AlgĂ©rie, Fiat n’est pas novice : des partenariats sporadiques dans les annĂ©es 1970 ont pavĂ© la voie Ă  ce retour en force en 2023. La Grande Panda, avec ses 4,14 mètres de long et son coffre de 361 litres, s’adapte parfaitement aux rues algĂ©roises encombrĂ©es, tout en offrant une connectivitĂ© avancĂ©e via Uconnect. Son lancement, teasĂ© par Cherfan en septembre 2025 lors d’un Ă©vĂ©nement VIP, a suscitĂ© 500 prĂ©commandes en 48 heures, selon des sources internes.

Engagements stratĂ©giques : Stellantis parie sur l’AlgĂ©rie comme hub rĂ©gional
Samir Cherfan ne se contente pas de cĂ©lĂ©brer : il rĂ©affirme l’engagement de Stellantis. « Nous nous engageons Ă  faire de l’AlgĂ©rie un acteur majeur dans le paysage de l’industrie automobile rĂ©gionale, en nous appuyant sur les talents et l’innovation locaux », Ă©crivait-il, vision partagĂ©e par le CEO Carlos Tavares lors d’une visite en 2024. Cette stratĂ©gie inclut l’export vers la Tunisie et le Maroc d’ici 2027, et l’introduction de l’Ă©lectrique avec la 500e en 2028.
Pour l’AlgĂ©rie, cela signifie une diversification Ă©conomique cruciale : l’automobile, embryonnaire Ă  1% du PIB, pourrait atteindre 5% d’ici 2030, crĂ©ant 50.000 emplois. Des posts sur X, comme celui d’@ecotimes_dz, soulignent cette transition : « Fiat El DjazaĂŻr tourne une page : la production de la Fiat 500 s’arrĂŞte Ă  Tafraoui pour laisser place Ă  la nouvelle Grande Panda. » Les dĂ©fis persistent – chaĂ®ne d’approvisionnement volatile, formation continue –, mais les succès comme cette Panda 100% locale inspirent confiance.

Vers un avenir motorisé :
impacts et perspectives
Cette production milestone n’est que le dĂ©but. Elle stimule les sous-traitants locaux, comme les fonderies d’Oran pour les châssis, et attire des investisseurs Ă©trangers : des nĂ©gociations avec des fournisseurs Bosch sont en cours pour des modules Ă©lectroniques. Sur le plan environnemental, les nouvelles lignes rĂ©duisent les dĂ©chets de 40%, alignant Tafraoui sur les objectifs COP29.
Pour les consommateurs algĂ©riens, cela se traduit par des prix compĂ©titifs : la Panda CKD avoisinera les 2,5 millions de dinars, 20% moins cher qu’importĂ©e. Et pour l’industrie nationale, c’est un modèle replicable, encourageant des acteurs comme Hyundai ou Renault Ă  localiser davantage.
En conclusion, la Fiat Grande Panda de Tafraoui n’est pas qu’une voiture : c’est un manifeste pour l’indĂ©pendance technologique, forgĂ© par 1.784 mains algĂ©riennes et un hĂ©ritage centenaire. Comme le tweete @algerie_eco, c’est « le premier vĂ©hicule CKD de l’histoire de l’AlgĂ©rie ». Ă€ l’horizon 2026, avec 90 000 unitĂ©s, Fiat AlgĂ©rie pourrait bien redessiner la carte automobile africaine, prouvant que l’innovation locale triomphe des vents contraires. Un chapitre exaltant s’ouvre, oĂą l’AlgĂ©rie accĂ©lère vers un futur sur roues.

Par : Hamrouche Mounir

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