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Edition du 28 Novembre 2024



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L’Etat rĂ©gule le marchĂ© de la devise
Un coup dur pour l’informel
28 Novembre 2024

La dernière dĂ©cision des autoritĂ©s monĂ©taires en fixant le montant des transferts de devises Ă  7500 Euros l’annĂ©e pour les voyageurs a bousculĂ© les mĹ“urs. Les marchĂ©s de l’informel se trouvent directement impactĂ©s par cette mesure qui ne va pas arranger leurs affaires.

Il faut rappeler que le règlement n°24-35 du 13 octobre 2024 fixe pour les rĂ©sidents et non rĂ©sidents algĂ©riens « au transfert d’un montant maximal en espèces de 7500 euros pour l’annĂ©e civile » au titre de leur voyage Ă  l’Ă©tranger et au-delĂ  de cette somme un avis bancaire est exigĂ©. Cette dĂ©cision qui a fait baisser pas pour longtemps les cours des devises dans le marchĂ© parallèle, a ensuite lĂ©gèrement observĂ© une petite hausse dans les transactions oĂą la moyenne de 100 Euros s’Ă©change Ă  plus de 25.400 DA.

Les autres monnaies telles que le dollar et la livre sterling observent Ă©galement une hausse Ă©tant donnĂ© que la plupart des voyageurs ont des liens ou des intĂ©rĂŞts dans les pays d’Europe occidentale. Mais le souci de la Banque d’AlgĂ©rie est d’appliquer ces prĂ©rogatives de rĂ©gulation des marchĂ©s de la devise en instituant un contrĂ´le systĂ©matique sur les montants Ă  transfĂ©rer. Des experts financiers affirment que la sphère de l’informel en termes de transactions en devises Ă  près de 55,18 milliards de dollars qui circulent dans les places publiques. D’autant que cette masse monĂ©taire reprĂ©sente 5 Ă  10% de la devise en AlgĂ©rie par rapport au cours rĂ©el des banques qui dĂ©tient la majoritĂ© des transactions.

Le recours au contrĂ´le strict de la devise dĂ©tenue par les particuliers n’est pas perçu par les autoritĂ©s comme un tour de vis mais un axe qui fait partie de la stratĂ©gie de lutte contre l’Ă©vasion des devises Ă  l’Ă©tranger. Selon un expertise du ministère des Finances, le marchĂ© informel peut brasser jusqu’Ă  90 milliards de dollars de transactions. Cela s’explique par une forte demande d’achat sur l’importation des vĂ©hicules pour les particuliers, les soins mĂ©dicaux Ă  l’extĂ©rieur et le pèlerinage aux lieux saints. Ceci dit, l’Etat compte resserrer le marchĂ© des Ă©changes surtout pour les importateurs qui disposent d’un accès d’achat ferme de la devise effectuĂ©e dans les banques.

A ce niveau, il a Ă©tĂ© indiquĂ© selon le gouvernement que « le montant de la surfacturation des produits importĂ©s se situe entre 30 Ă  35% de la valeur rĂ©elle des marchandises ». Pour mettre terme Ă  cette situation qui fait la saignĂ©e de l’Ă©conomie nationale, l’Etat a obligĂ© les opĂ©rateurs Ă  procĂ©der Ă  la dĂ©claration de la domiciliation bancaire de chaque opĂ©ration d’importation avant 30 jours de la date fixĂ©e pour la transaction. D’autre part, l’objectif de la rĂ©gulation du marchĂ© de la devise est de crĂ©er plus tard un marchĂ© oĂą les outils de paiement numĂ©rique doivent primer au dĂ©triment du cash. Rappelons que l’institution des bureaux de change pour les transactions en devise est encadrĂ©e par la loi 23-09 du 21 juin 2023. Il faudra encore attendre les dĂ©cisions des autoritĂ©s pour voir apparaĂ®tre les premiers bureaux de change en AlgĂ©rie.

Par : FAYÇAL ABDELGHANI

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