La crise entre Alger et Madrid a pris une nouvelle tournure après l’annonce mercredi 8 juin de la prĂ©sidence lgĂ©rienne de suspendre le TraitĂ© d’amitiĂ© conclu entre l’AlgĂ©rie et l’Espagne il y a 20 ans.
Adeux reprises, jeudi et vendredi, l’Union europĂ©enne a rĂ©agi et commence Ă s’impliquer dans cette crise qui oppose l’un de ses membres Ă l’un de ses importants partenaires commerciaux en MĂ©diterranĂ©e. Ce vendredi, deux hauts responsables de Bruxelles ont mis en garde l’AlgĂ©rie. "L’UE est prĂŞte Ă s’opposer Ă tout type de mesures coercitives appliquĂ©es Ă un État membre de l’Union europĂ©enne", ont dĂ©clarĂ© Josep Borrell, plus haut reprĂ©sentant de l’UE pour les affaires Ă©trangères et Valdis Dombrovskis, viceprĂ©sident de la Commission europĂ©enne. Sans tarder, l’AlgĂ©rie a rĂ©pliquĂ© par la voix de sa reprĂ©sentation diplomatique Ă Bruxelles qui a dĂ©plorĂ© la "prĂ©cipitation" avec laquelle la Commission europĂ©enne s’est rangĂ©e du cĂ´tĂ© de Madrid. Gaz : Alger rassure
"La commission de l’AlgĂ©rie auprès de l’Union europĂ©enne dĂ©plore la prĂ©cipitation avec laquelle la Commission europĂ©enn a rĂ©agi sans consultation prĂ©alable, ni vĂ©rification aucune, auprès du gouvernement algĂ©rien, Ă la suspension par l’AlgĂ©rie d’un TraitĂ© politique bilatĂ©ral avec un partenaire europĂ©en, en l’occurrence l’Espagne, sans s’assurer que cette mesure n’affecte ni directement, ni indirectement ses engagements contenus dans l’Accord d’association AlgĂ©rie- Union europĂ©enne", a dĂ©clarĂ© l’ambassade d’AlgĂ©rie Ă Bruxelles dans un communiquĂ©. La reprĂ©sentation diplomatique algĂ©rienne a indiquĂ© que "s’agissant de la prĂ©tendue mesure d’arrĂŞt par le gouvernement des transactions courantes avec un partenaire europĂ©en, elle n’existe en fait que dans l’esprit de ceux qui la revendiquent et de ceux qui se sont empressĂ©s de la stigmatiser." Elle fait sans doute allusion Ă la dĂ©cision de l’Abef de geler les opĂ©rations de domiciliation bancaire pour les importations et les exportations de et vers l’Espagne. La reprĂ©sentation diplomatique algĂ©rienne a Ă©galement rassurĂ© sur la poursuite des livraisons de gaz Ă l’Espagne. "En ce qui concerne les livraisons de gaz Ă l’Espagne, l’AlgĂ©rie a dĂ©jĂ fait savoir par la voix la plus autorisĂ©e, celle du prĂ©sident de la RĂ©publique, qu’elle continuera Ă honorer tous ses engagements pris dans ce contexte, Ă charge pour les entreprises commerciales concernĂ©es d’assumer l’ensemble de leurs engagements contractuels." La crainte des Espagnols La suspension du traitĂ© d’amitiĂ© entre les deux pays vieux de 20 ans et du commerce extĂ©rieur avec l’Espagne, sont deux mesures que les Espagnols ne croyaient pas envisageables. Peut-ĂŞtre parce que l’AlgĂ©rie n’est pas allĂ©e aussi loin dans sa rĂ©cente crise avec la France.
En tout cas, cette fois, elle est passĂ©e Ă l’acte, mettant le gouvernement espagnol devant ses responsabilitĂ©s. DĂ©jĂ très critiquĂ©s en interne après le revirement du 18 mars, Pedro Sanchez et son parti devraient l’ĂŞtre davantage après avoir menĂ© vers cet Ă©tat les relations avec un partenaire important. Le contexte rend le calcul de Pedro Sanchez complètement incomprĂ©hensible: en pleine tension mondiale sur le gaz et alors que l’Espagne renĂ©gocie les prix avec l’AlgĂ©rie, son principal fournisseur, il a pris le risque de froisser cette dernière pour arrondir les angles avec un autre voisin qui a nettement moins de cartes en main.