La forte dĂ©crue de la pandĂ©mie de Covid- 19 se confirme avec moins de 100 nouveaux cas positifs au covid-19 enregistrĂ©s en 24 heures, et la dĂ©cision du gouvernement de lever le confinement partiel dans tout le pays. Cette dĂ©crue, qui intervient malgrĂ© la rentrĂ©e sociale, la hausse du nombre des vols internationaux d’Air AlgĂ©rie et la rĂ©ouverture partielle des espaces publics, est "Ă©vidente", selon le docteur Mohamed Bekkat Berkani, prĂ©sident de l’Ordre national des mĂ©decins.
"MĂŞme si les chiffres des cas positifs n’ont pas toujours reflĂ©tĂ© la rĂ©alitĂ©, la situation actuelle est que le nombre de dĂ©cès, ainsi que les cas positifs dans les services hospitaliers, et les services de rĂ©animation, ont beaucoup baissĂ©", a dĂ©clarĂ© le spĂ©cialiste Ă TSA. Pour lui, "Il est clair qu’il y a une baisse des contaminations, une dĂ©crue de l’Ă©pidĂ©mie en elle-mĂŞme." Un constat partagĂ© par le docteur Lyes Merabet, prĂ©sident du Syndicat des praticiens de la santĂ© publique (SPSP). "Nous assistons actuellement Ă une dĂ©crue, c’est le creux de la vague", a-t-il confirmĂ©. Actuellement les chiffres enregistrĂ©s concordent avec les constats que nous faisons sur le terrain en tant que professionnels.
"Il est vrai qu’actuellement, il y a beaucoup moins de malades en consultation, et au niveau des pavillons des urgences, et des services de rĂ©animation", assure le docteur Merabet. Plusieurs facteurs sont avancĂ©s pour justifier la dĂ©crue de la pandĂ©mie de Covid-19. Pour le docteur Merabet, cela relève de "la nature mĂŞme de l’Ă©volution de la pandĂ©mie, qui Ă©volue avec un effet rebond". Nous "sommes donc obligĂ©s de tenir compte de cette Ă©volution imprĂ©visible et cyclique de la pandĂ©mie", prĂ©vient-il toutefois. Fluidifier au maximum le dĂ©placement des personnes Pour le docteur Bekkat Berkani, cette dĂ©crue est "probablement due au fait que les AlgĂ©riens ont, malgrĂ© tout, pris conscience de l’importance des gestes barrières, et de la vaccination. MĂŞme si cette dernière est encore en deçà des niveaux requis". InterrogĂ© sur l’objectif du gouvernement de vacciner 70 % de la population algĂ©rienne en 2021, et sur le manque de communication autour de la campagne de vaccination, le docteur Merabet pointe un problème dans la gestion de la crise sanitaire. "Beaucoup d’informations ne sont pas communiquĂ©es, que ce soit au sujet de la vaccination, du nombre de PCR rĂ©alisĂ©es ou le nombre de contaminations au sein du personnel de la santĂ©", regrette-t-il. Pour le docteur Merabet,
"ces chiffres manquent pour pouvoir faire une Ă©valuation objective de la gestion de la crise sanitaire liĂ©e au Covid-19 en AlgĂ©rie". Nous "sommes dans l’apprentissage. Nous ne prenons pas la juste mesure de l’importance de ces Ă©lĂ©ments d’information dans une pareille situati n de crise sanitaire", a-t-il ajoutĂ©. Pour lui, le pari de vacciner 70 % de la population algĂ©rienne en 2021 "ne pourra jamais ĂŞtre concrĂ©tisĂ© attendu la cadence actuelle de la campagne vaccinale et de la rĂ©ticence constatĂ©e face Ă la vaccination Ă travers le pays". Le docteur Bekkat Berkani estime, quant Ă lui, que "certains AlgĂ©riens pensent que le virus est derrière nous. Il y a lĂ , une responsabilitĂ© des autoritĂ©s qui n’ont pas assez communiquĂ© sur la question". Revenant sur les appels Ă la hausse du nombre de vols d’Air AlgĂ©rie, notamment avec la France, oĂą rĂ©side une importante communautĂ© algĂ©rienne, le docteur Merabet estime qu’il "faut fluidifier au maximum le dĂ©placement des personnes. Mais cela reste tributaire d’une organisation, et de certaines conditions mises en place dans les autres pays". Pour le docteurr Bekkat Berkani, la dĂ©cision de fermer les frontières a prĂ©servĂ© l’Algrie Ă un "moment donnĂ© pour Ă©viter la catastrophe. Mais sur le plan sanitaire, ce n’est pas tout Ă fait nĂ©cessaire actuellement", a sure-t-il.