Le ministère de la Culture a annoncĂ© l’ouverture des candidatures Ă la 4e Ă©dition du prix Ali-Maachi du prĂ©sident de la RĂ©publique des jeunes crĂ©ateurs dans la littĂ©rature et les arts.
Le ministère a fixĂ© le 14 avril comme dernier dĂ©lai pour le dĂ©pĂ´t des dossiers. Les Ĺ“uvres littĂ©raires concernent le roman, la poĂ©sie et le théâtre, alors que les Ĺ“uvres artistiques portent sur la musique, les arts musicaux, la danse, le cinĂ©ma, l’audiovisuel, la dramaturgie et les arts plastiques. Les informations concernant les conditions et le dossier Ă fournir pour la participation sont disponibles sur le site internet du ministère (www.m-culture.gov.dz), sur la page facebook du ministère et au niveau des directions de la culture et des maisons de jeunes Ă travers les wilayas.
Créé en vertu d’un dĂ©cret prĂ©sidentiel en 2006, le prix Ali- Maâchi est destinĂ© aux jeunes crĂ©ateurs de moins de 35 ans. Le premier prix est fixĂ© Ă 500.000 DA, le second Ă 300.000 DA et le troisième Ă 100.000 DA. Le prix est dĂ©cernĂ© le 8 juin Ă l’occasion de la JournĂ©e nationale de l’artiste.
Un geste de gratitude …
La JournĂ©e de l’artiste est cĂ©lĂ©brĂ©e le 8 juin de chaque annĂ©e en commĂ©moration de l’anniversaire de la mort de l’artiste Ali Maâchi, assassinĂ© ce mĂŞme jour de l’annĂ©e 1958 par le colonialisme français. Chaque annĂ©e on cĂ©lèbre cette journĂ©e par l’organisation de manifestations en hommage Ă ces artistes qui, toutes disciplines confondues, se sont adonnĂ©s Ă la crĂ©ation, Ă la promotion de la culture algĂ©rienne et au dĂ©veloppement des arts.
Ce geste de gratitude n’est qu’un tĂ©moignage de l’engagement invĂ©tĂ©rĂ© et du militantisme inconditionnel d’Ali Maâchi pour que l’AlgĂ©rie recouvre sa libertĂ© et sa souverainetĂ©. C’est d’ailleurs un exemple saillant du combat de l’artiste algĂ©rien qui a contribuĂ© Ă l’indĂ©pendance du pays, prĂ©fĂ©rant ainsi donner sa vie pour la libertĂ© d’expression que d’obĂ©ir Ă l’oppression qui interdit de parler et de penser. Pour n’avoir pas dit mon pays c’est la France, il est arrĂŞtĂ© avec deux de ses amis moudjahidine, Djilali Bensotra et Mohamed Djahlène.
Tous trois ont Ă©tĂ© atrocement torturĂ©s par les forces coloniales et de manière sauvage et barbare pendus par les pieds en pleine place Carnot Ă Tiaret. Cela s’est passĂ© le 8 juin 1958. Ali Maâchi, dont la vie artistique Ă©tait indissociable de sa vie militante, incarne le combat pour l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie. Et la cĂ©lĂ©bration de la JournĂ©e nationale de l’artiste algĂ©rien un 8 juin, une journĂ©e mĂ©morable, ne peut ĂŞtre qu’un hommage rendu Ă cet artiste martyr de la RĂ©volution algĂ©rienne.
Qui est Ali Maachi ?
Aujourd’hui, un peu plus d’un demi-siècle, après sa mort, Ali Maâchi reste un nom vivant dans les mĂ©moires collectives. Cela ne peut ĂŞtre qu’un devoir de mĂ©moire : rappeler, chaque annĂ©e, aux gĂ©nĂ©rations montantes qui a Ă©tĂ© Ali Maâchi et ce qu’il a fait pour l’AlgĂ©rie.
Né le 12 juin 1927 à Tiaret, Ali Maâchi a consacré sa vie pour une Algérie libre. Il a combattu la colonisation française par sa plume, sa voix et sa musique. Il chantait son Algérie à laquelle il affirmait son appartenance.
Il disait : "Ă” gens, quel est mon amour affectant / Ă” gens, quel est mon amour le plus grand / Si vous me le demandiez / Je sauterais de joie Ă la fĂ©erie / Et je dirais : mon pays c’est l’AlgĂ©rie". Ali Maâchi est dotĂ© d’un grand talent, Ă la fois parolier, compositeur, instrumentiste et interprète. Il a donc beaucoup donnĂ© Ă son pays, n’Ă©pargnant ni son Ĺ“uvre ni sa vie et il nourrissait une passion infinie pour la musique.
Il Ă©tudia les diffĂ©rents modes de cette discipline artistique Ă laquelle il se donna corps et âme, au mĂŞme titre qu’Ă sa patrie qu’il a dĂ©fendue en donnant sa vie. Ali Maâchi Ă©tait un marin. Et c’est le chant de la mer qui lui a donnĂ© l’amour sans cesse grandissant pour l’art lyrique. C’est ainsi qu’il fonda, en 1953, une fois de retour Ă Tiaret, après des annĂ©es passĂ©es en mer, une troupe musico-théâtrale qu’il nomma Saffir Ettarab.
Cette troupe qui, Ă l’Ă©poque, a atteint une cĂ©lĂ©britĂ© nationale de renom, chantera très souvent et Ă diverses occasions l’amour de la patrie, le sacrifice, l’amour, l’Ă©loignement et cĂ©lĂ©brera, en prĂ©sence de Ferhat Abbas au mois de mars 1954, le XIe anniversaire du Manifeste algĂ©rien. Le rĂ©pertoire, qui a enrichi le patrimoine musical algĂ©rien, est riche, d’une grande diversitĂ© et empreint d’une originalitĂ© qui a fait sa singularitĂ© dans les annĂ©es 50.