La bibliothèque principale de lecture publique de la wilaya de Tizi-Ouzou sera baptisée du nom du grand penseur, philosophe, historien et islamologue algérien Mohammed Arkoun, a annoncé, mardi, le wali de Tizi-Ouzou.
Intervenant Ă l’occasion de la cĂ©lĂ©bration de la JournĂ©e nationale de la presse, organisĂ©e Ă la maison de la culture, Abdelkader Bouazghi a expliquĂ© qu’il s’agit d’une dĂ©cision prise conjointement par lui-mĂŞme et la ministre de la Culture, Khalida Toumi, afin de rendre hommage Ă cette "grande personnalitĂ© algĂ©rienne qui a marquĂ© de ses idĂ©es la pensĂ©e moderne".
Cette dĂ©cision rĂ©pond au souci de pĂ©renniser la pensĂ©e de Mohamed Arkoun, un enfant de la localitĂ© d’Ath Yenni, "humaniste et militant actif du dialogue entre les religions, les peuples et les hommes", a ajoutĂ© le chef de l’exĂ©cutif. Pour sa part, le directeur de la culture, Ould Ali El- Hadi, a observĂ© que "baptiser cette structure au nom de Mohammed Arkoun est une forme de reconnaissance Ă son travail, Ă son dĂ©vouement pour la culture et Ă son apport considĂ©rable pour les sciences humaines".
La bibliothèque principale de lecture publique de Tizi-Ouzou, qui sera rĂ©ceptionnĂ©e au premier trimestre de l’annĂ©e 2014, a Ă©tĂ© "conçue dans une optique d’ouverture de la pensĂ©e et du savoir, et portera donc l’emblème de la pensĂ©e engagĂ©e en faveur de la paix", a ajoutĂ© ce responsable. Mohammed Arkoun est nĂ© le 1er fĂ©vrier 1928 Ă Taourirt Mimoun (Ath Yenni). Après des Ă©tudes primaires dans son village natal, puis secondaires dans la wilaya d’Oran, il Ă©tudia la philosophie Ă la FacultĂ© d’Alger. Il poursuivra ses Ă©tudes supĂ©rieures Ă la Sorbonne Ă Paris (France) oĂą il sera agrĂ©gĂ© en langue et en littĂ©rature arabes en 1956, et docteur en philosophie en 1964.
Il fut, entre autres, professeur Ă©mĂ©rite d’histoire de la pensĂ©e islamique Ă la Sorbonne (Paris III), et enseigna l’"islamologie appliquĂ©e", discipline qu’il a dĂ©veloppĂ©e dans diverses universitĂ©s europĂ©ennes et amĂ©ricaines Il plaidait pour un islam repensĂ© dans le monde contemporain et rĂ©cusait "toute manipulation des textes religieux Ă des fins idĂ©ologiques", insistait-il. Mohammed Arkoun a jouĂ© un rĂ´le significatif dans le progrès de la connaissance de l’Islam en Occident. Il est dĂ©cĂ©dĂ© le 14 septembre 2010, Ă Paris.