La pièce théâtrale Aala khota el ajdad (Sur les pas de nos aĂŻeux) a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e mercredi dernier Ă Alger, au Palais de la culture Moufdi-Zakaria, par la CoopĂ©rative El Halqa de Sidi Bel-Abbès, mettant en valeur, dans le genre Ă©pique, l’esprit paysan, Ă l’avant garde du combat libĂ©rateur de la patrie.
AdaptĂ©e du texte de Driss Guergoua et mise en scène par Ilyès Ghanem Bouadjadj, la reprĂ©sentation propose un retour sur un passĂ© historique glorieux, retraçant le rapport fusionnel entre l’individu, les traditions ancestrales et la terre, autant de valeurs qui feront Ă©merger le sentiment patriotique qui poussera Ă la rĂ©volte contre l’occupant.
Lors de la scène d’exposition, en pleine Ă©poque coloniale, les desseins d’un Ă©ventuel rapprochement entre Mokhtar (Hartani Ali) et Badra (Amina Bahlouli) se font sentir, malgrĂ© les diffĂ©rends existant entre leurs pères, Si Athmane (Hichem Sekkoum) et Si Amer (Sayeh Fethi), chefs de tribus, autour du droit Ă l’exploitation des terres agricoles qui, jusque-lĂ , les unissaient. Chacun y allant de son argumentaire, le conflit finit par Ă©clater et prend des proportions qui ont menĂ© Ă l’affrontement.
Dans ce climat de mĂ©sentente, le metteur en scène suggĂ©rera l’hĂ©gĂ©monie coloniale qui menace d’accaparer les biens des deux tribus. Devant l’impossibilitĂ© de leur relation et la menace coloniale, Mokhtaret Badra dĂ©cident, par amour Ă la patrie, de rejoindre le maquis, ce qui a rassemblĂ©, Ă nouveau, les deux familles.
Badra, tombĂ©e au champ d’honneur, est ramenĂ©e Ă la maison, et Mokhtar, terrassĂ© par la douleur, se consumant de chagrin, sombre dans la folie. La scĂ©nographie a constituĂ© un Ă©lĂ©ment dramaturgique concluant par un dĂ©cor symbolique, presque nu oĂą l’espace scĂ©nique s’Ă©tait ouvert Ă l’Ă©tendue de la terre et la prĂ©sence du puits, source de vie, faisait office du lieu de rencontre des deux amoureux.
Dans un jeu qui a tentĂ© de respecter les diffĂ©rents tableaux du spectacle, les comĂ©diens (universitaires-amateurs) ont, en partie, rĂ©ussi Ă transmettre les caractères et les comportements de l’autochtone, bien qu’handicapĂ©s par l’utilisation du "malhoun" (poĂ©sie populaire) dans les dialogues qui a entravĂ© la transmission des Ă©motions.
Dans un spectacle qui a brillĂ© par sa simplicitĂ©, Aala khota el ajdad reste une idĂ©e qui a su mĂŞler le sentiment patriotique Ă une belle histoire d’amour, sur fond de traditions ancestrales qui ont nourri le fil de la trame. PrĂ©sentĂ©e en collaboration avec la CoopĂ©rative La scène d’or de Sidi Bel-Abbès, Aala khota el ajdad a Ă©tĂ© programmĂ©e dans le cadre du cinquantenaire de l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie.