La prostate est une glande de l’appareil reproducteur masculin. Elle est situĂ©e tout juste sous la vessie et entoure l’urètre, le canal par lequel l’urine et le sperme sont Ă©vacuĂ©s (voir le schĂ©ma). Le rĂ´le de la prostate est de produire et stocker le liquide sĂ©minal qui, avec les spermatozoĂŻdes produits par les testicules, constitue le sperme.
Le cancer de la prostate est le type de cancer le plus frĂ©quent chez les hommes : on estime que 1 homme sur 7 en recevra le diagnostic, le plus souvent Ă partir de la soixantaine. Bien qu’aucune cause particulière n’ait Ă©tĂ© dĂ©couverte, il existerait une prĂ©disposition gĂ©nĂ©tique. La plupart des cancers de la prostate Ă©voluent très lentement. D’ailleurs, la grande majoritĂ© des hommes chez qui l’on dĂ©tecte ce cancer mourront d’une autre cause. Le taux de survie 5 ans après le diagnostic dĂ©passe les 95%. Bien souvent, la tumeur demeure localisĂ©e dans la prostate et a des effets limitĂ©s sur la santĂ©, provoquant parfois des troubles urinaires ou Ă©rectiles. Il peut arriver, cependant, que certains cancers Ă©voluent et s’Ă©tendent plus rapidement. La gravitĂ© du cancer dĂ©pend de l’Ă©tendue de la tumeur (locale, avec mĂ©tastases avoisinantes ou Ă distance) et du type de cellules cancĂ©reuses, c’est-Ă -dire de leur degrĂ© de malignitĂ©. La rapiditĂ© d’Ă©volution du cancer de la prostate est Ă©valuĂ©e par l’Ă©chelle de Gleason, qui est basĂ©e sur le type de cellules cancĂ©reuses. Elle est graduĂ©e de 2 (Ă©volution lente) Ă 10 (Ă©volution rapide).
Diagnostic et dépistage
Le mĂ©decin insère un doigt gantĂ© dans le rectum pour palper la prostate et vĂ©rifier l’existence d’irrĂ©gularitĂ©s. Ce moyen ne permet qu’une apprĂ©ciation partielle. Mais il permet parfois de dĂ©tecter des cancers chez des personnes qui ont un taux d’antigène prostatique spĂ©cifique (APS) normal. Prise de sang pour mesurer l’APS. Le cancer de la prostate peut ĂŞtre dĂ©pistĂ© par la constatation de l’augmentation d’une protĂ©ine dans le sang : l’antigène prostatique spĂ©cifique ou APS. L’APS est une substance produite par la prostate. Cependant, un rĂ©sultat Ă©levĂ© Ă ce test ne signifie pas forcĂ©ment qu’il y a cancer. En effet, une quantitĂ© de plus de 4 nanogrammes/ml de cette protĂ©ine dans le sang est associĂ©e Ă un cancer de la prostate dans environ 25% des cas et Ă un autre trouble de la prostate dans 75% des cas : une hypertrophie bĂ©nigne de la prostate, une inflammation ou une infection de la prostate. De plus, le dosage de l’APS ne dĂ©cèle pas tous les cas de cancers. Lors d’une Ă©tude Ă©valuant l’efficacitĂ© du test de l’APS, 15% des hommes ayant obtenu un rĂ©sultat nĂ©gatif Ă ce test (d’une cohorte de 2.950 hommes âgĂ©s de 62 ans Ă 91 ans) avaient un cancer de la prostate. Mentionnons que le dosage de l’APS est aussi utilisĂ© pour suivre l’Ă©volution de la maladie chez une personne atteinte d’un cancer de la prostate.
Echographie transrectale
Grâce aux Ă©chos produits par un faisceau d’ultrasons et interprĂ©tĂ©s par un ordinateur, le mĂ©decin peut obtenir une reprĂ©sentation (image Ă©chographique) de la prostate et guider l’aiguille lors d’une biopsie. Il existe d’autres modes d’imagerie. Cette technique est utilisĂ©e Ă des fins diagnostiques, et non de dĂ©pistage.
Biopsie
Seule une biopsie permet de diagnostiquer Ă coup sĂ»r un cancer de la prostate. La biopsie est gĂ©nĂ©ralement pratiquĂ©e Ă l’aide d’une aiguille insĂ©rĂ©e dans la prostate. De 10 Ă 12 prĂ©lèvements de tissus sont exĂ©cutĂ©s au cours d’une mĂŞme sĂ©ance, dans diffĂ©rentes zones de la prostate. Elle est rĂ©servĂ©e aux hommes qui ont un taux Ă©levĂ© d’APS ou un rĂ©sultat anormal au toucher rectal.