Avec la rentrĂ©e scolaire, de nombreux parents devraient faire face Ă divers problèmes psychologiques qui ne manqueront pas de surgir chez leurs enfants. Il s’agit de problèmes dont la gravitĂ© varie selon les cas mais qui nĂ©cessitent tous une rĂ©elle prise en charge. Ces problèmes psychologiques, on n’en parle que rarement. Cette pĂ©riode de l’annĂ©e est marquĂ©e par des perturbations chez les enfants scolarisĂ©s.
Ainsi et après trois mois de vacances totales, ils sont nombreux les enfants qui ont du mal Ă accepter l’idĂ©e de renouer avec les bancs des classes, les camarades et les enseignants et aussi, avec les 8 heures
« d’inertie physique » quotidiennes. Il ne s’agirait pas, comme on pourrait le penser, de cancres que l’idĂ©e des Ă©tudes rebuterait. Loin s’en faut. Ce genre de problèmes se pose aussi bien pour les bons Ă©lèves que pour les moins bons. Dans la wilaya de Tizi-Ouzou, Ă l’instar des autres rĂ©gions du pays et depuis quelques annĂ©es, des psychologues sont mis Ă profit pour la prise en charge de toutes sortes d’alĂ©as sur lesquels pourrait butter un Ă©lève avant et durant sa scolaritĂ© mais malheureusement, la disponibilitĂ© de ce genre de professionnels ne rĂ©sout qu’une partie du problème. Les raisons ? C’est encore la question du tabou qui entoure la consultation d’un psy. Psychiatre ou psychologue, ça ne change pas vraiment grand-chose puisque la mĂŞme apprĂ©hension est exprimĂ©e Ă l’Ă©gard de ces deux professions. Pourtant, de nombreux dĂ©sĂ©quilibres pourraient ĂŞtre pris en charge et rĂ©glĂ©s dans de bons dĂ©lais pour peu que les parents « osent » frapper Ă la porte des psychologues qui sont rĂ©munĂ©rĂ©s par la direction de l’Ă©ducation. Donc, il n’y a rien Ă dĂ©bourser. Il suffit juste de faire le pas. C’est ce que confirme Mme Mami, psychologue et conseillère d’orientation au niveau de la direction de l’Ă©ducation de la wilaya de Tizi-Ouzou. Cette dernière prĂ©cise que ce genre de prises en charge pourrait mĂŞme parer Ă un Ă©ventuel Ă©chec scolaire. Notre interlocutrice explique que les problèmes qui surgissent durant la scolaritĂ© de l’enfant, tel qu’elle a eu Ă le vĂ©rifier dans le cadre de son exercice, pourraient avoir une multitude de raisons de fond. Donc, l’Ă©chec scolaire ou encore la phobie scolaire (qui fait son apparition souvent Ă la veille de la rentrĂ©e des classes), est un rĂ©sultat d’un ou plusieurs facteurs. Quels sont ces derniers ? Mme Mami explique qu’il peut s’agir de problèmes familiaux graves et Ă©pineux, d’une dĂ©pression… C’est pourquoi, suggère notre interlocutrice, la prise en charge psychologique de l’enfant doit commencer en bas âge, c’est-Ă -dire, dès la première annĂ©e scolaire. Le psychologue clinicien pourrait ainsi assister l’enfant Ă dĂ©passer certaines difficultĂ©s. Il pourrait ĂŞtre question de blocages plus complexes. Auquel cas, le recours Ă un psychiatre devient indispensable. Dans ce cas aussi, les parents doivent fournir des efforts afin de surpasser le tabou qui colle Ă l’acte de consultation d’un psychiatre. Ne pas le faire en temps opportun exposerait  l’enfant Ă plus de difficultĂ©s. De leur cĂ´tĂ©, les psychologues scolaires, engagĂ©s par la direction de wilaya de l’Ă©ducation, en concertation avec les enseignants dĂ©tectent aussi en dĂ©but d’annĂ©e les enfants qui prĂ©sentent des signes de difficultĂ©s de divers ordres. InterrogĂ©e si ce sont les garçons ou les filles qui sont le plus affectĂ©s par les difficultĂ©s psychologiques, Mme Mami rĂ©pond qu’en tout cas, ce sont les filles qui consultent le plus chez les psychologues :
« D’après ma propre expĂ©rience, j’ai constatĂ© que les filles ont plus de facilitĂ© Ă venir voir un psychologue. Les filles se prĂ©sentent mĂŞme toutes seules. Quant aux garçons, c’est plus difficile, surtout quand il s’agit d’adolescents ». Notre interlocutrice explique que pour les garçons, la consultation d’un psychologue est perçue comme un signe de faiblesse. Chose que la majoritĂ© a du mal Ă admettre. Il y a de ce fait une grande difficultĂ© Ă aider les garçons qui refusent d’accepter l’existence d’un problème en eux. Un psychologue ne peut pas aider quelqu’un qui n’en exprime pas le souhait. Contrairement Ă l’idĂ©e reçue, ce sont les enfants issus de familles riches qui sont exposĂ©s le plus Ă des problèmes psychologiques, selon Mme Mami, qui parle en tout cas de son expĂ©rience personnelle et de celle de ses collègues. «Les parents habituent leurs enfants Ă Â l’argent. Ces derniers finissent par se demander Ă quoi serviraient ces Ă©tudes puisque tout ce dont ils ont besoin est disponible», Ă©taye la psychologue. Cette dernière ajoute que mĂŞme en cas de mauvais rĂ©sultats scolaires, il est dĂ©conseillĂ© aux parents de sermonner leurs enfants sur la question. Surtout, il ne faut pas les forcer ni leur montrer que tout leur avenir est tributaire des Ă©tudes. Au contraire, il faut faire preuve de souplesse en leur expliquant qu’il n’y a pas que les Ă©tudes dans la vie mais il y a aussi d’autres perspectives, comme la formation professionnelle, entre autres. Non seulement forcer les enfants Ă Ă©tudier ne constitue pas une solution mais plus grave, elle peut engendrer d’autres difficultĂ©s psychologiques. Ce que conseille, enfin la conseillère en orientation scolaire de la direction de l’Ă©ducation de la wilaya de Tizi-Ouzou, c’est que les parents ne doivent pas hĂ©siter Ă emmener leurs enfants au moins une fois par mois chez le psychologue. Il ne faudrait pas en faire un tabou, insiste-t-elle. Il y a des parents qui restent jusqu’Ă la fin de l’annĂ©e pour le faire alors qu’il serait plus judicieux de commencer avant mĂŞme le coup d’envoi de l’annĂ©e scolaire.