Les tumeurs malignes observĂ©es chez l’enfant n’ont rien de commun avec celles que l’on peut rencontrer chez l’adulte. En effet, il s’agit de maladies rares (1% des cancers dĂ©tectĂ©s chaque annĂ©e). Les principales localisations de cancers de l’adulte : pulmonaires, sein et organes gĂ©nitaux, tube digestif et peau, sont pratiquement inconnues chez l’enfant. De plus, alors que les facteurs environnementaux, tels le tabac, sont responsables de bon nombre de cancers de l’adulte, ceux-ci ne sont pas incriminĂ©s dans la survenue de tumeurs chez l’enfant.
Leur frĂ©quence varie avec l’âge, chaque tumeur a un âge d’apparition prĂ©fĂ©rentielle : par exemple la 1re enfance pour les nĂ©phroblastomes, neuroblastomes et rhabdomyosarcomes ; la 2e enfance pour les tumeurs osseuses et les lymphomes.
Les principales tumeurs observĂ©es sont les leucĂ©mies qui reprĂ©sentent 30 % de l’ensemble des affections malignes. Viennent ensuite les tumeurs du système nerveux central : 20 %. Celles-ci sont donc proportionnellement plus frĂ©quentes que chez l’adulte et de type diffĂ©rents. Puis, avec des frĂ©quences Ă peu près Ă©gales, les lymphomes et la maladie de Hodgkin, les neuroblastomes (tumeurs du système nerveux sympathique), les nĂ©phroblastomes (tumeurs rĂ©nales), les tumeurs osseuses.
Beaucoup plus rares sont les rĂ©tinoblastomes, les hĂ©patoblastomes. Le type histologique est bien particulier puisque les carcinomes, qui reprĂ©sentent l’immense majoritĂ© des tumeurs de l’adulte, sont pratiquement absents chez l’enfant. Chez lui, outre les leucĂ©mies et lymphomes qui reprĂ©sentent 45 % des affections malignes, on trouve des tumeurs dites embryonnaires ; il s’agit en fait de tumeurs dont l’aspect au microscope rappelle le tissu embryonnaire correspondant. Viennent ensuite les sarcomes, plus ou moins proches de ceux observĂ©s Ă un âge plus Ă©levĂ©.
Ces particularitĂ©s histologiques contribuent Ă expliquer une Ă©volution des tumeurs de l’enfant, qui est aussi très diffĂ©rente de celle de l’adulte. Ce sont des tumeurs Ă Ă©volution rapide, cela s’explique très largement par la forte proportion de cellules engagĂ©es dans un cycle de division et qui peut atteindre 80-90 %. Ces tumeurs rĂ©gressent aussi très vite sous l’effet des chimiothĂ©rapies et de la radiothĂ©rapie auxquelles elles sont particulièrement sensibles. Cette grande sensibilitĂ© aux traitements actuellement disponibles et notamment Ă la chimiothĂ©rapie explique les progrès considĂ©rables observĂ©s dans les taux de guĂ©rison. On peut dire qu’en 30 ans, ceux-ci sont passĂ©s de 30 % Ă plus de 70 %.