Les Toubous sont une ethnie du Tchad. Le père avant d’accorder la main de sa fille Ă un prĂ©tendant, il lui demande de commettre un vol sans se faire prendre. GĂ©nĂ©ralement, il s’agit de voler un mouton, un bouc, une chèvre, voire mĂŞme un taureau. Ce vol a pour but de rassurer le père de la fille. Ce serait la preuve que le futur mari de sa fille peut la nourrir en toutes circonstances. C’est un peu ce qui s’est passĂ© chez nous dans l’affaire qui va suivre. Sauf que ce n’est pas le beau-père qui impose une Ă©preuve au jeune homme mais… la fiancĂ©e.
Houria et Abdelkader sont fiancĂ©s depuis plus d’une annĂ©e. Il Ă©tait question qu’ils se marient l’Ă©tĂ© dernier mais au dernier moment, Abdelakader avait demandĂ© Ă sa fiancĂ©e de reporter leur mariage pour l’Ă©tĂ© 2012 parce qu’il n’avait pas encore assez d’argent. En vĂ©ritĂ©, Houria non plus n’Ă©tait pas tout Ă fait prĂŞte. Il lui restait encore quelques petites «bricoles» Ă acheter et ce report n’Ă©tait pas pour lui dĂ©plaire. En revanche, sa mère n’arrĂŞtait pas de la sermonner et de lui demander de forcer la main au jeune homme.
- Ce report n’est pas en ta faveur, ma fille. Imagine qu’entre temps, il fasse la connaissance d’une autre fille aisĂ©e qui possède tout sauf un mari…
- Non…maman, de ce cĂ´tĂ© je suis certaine qu’il n’y a rien Ă craindre. Abdelkader m’aime. Il a en moi une confiance aveugle. D’ailleurs, c’est lui qui m’a suggĂ©rĂ© de trouver un emploi supplĂ©mentaire.
- Surtout ne lui en parle pas. Qu’est-ce qu’il dira de toi ? Tu travailles comme documentaliste et pendant le wee-kend, au lieu de te reposer tu travailles comme femme de mĂ©nage chez une famille !
- Oh ! Maman, nous n’allons pas encore rabâcher ce sujet. Plus que quelques mois Ă patienter et j’arrĂŞterai ce travail.
- ArrĂŞte ce travail, le plus tĂ´t possible… C’est un travail dĂ©shonorant !
- D’accord, maman, d’accord.
Ce que la brave mère ne savait pas c’est que sa fille avait une idĂ©e diabolique derrière la tĂŞte. Dans la maison oĂą elle travaillait, elle avait vu sa patronne cacher de grosses sommes d’argent dans un placard. Elle en parla Ă Abdelkader et celui-ci lui avait demandĂ© de subtiliser les clefs de la maison pour en faire des doubles et lorsque la maison serait vide, il y ferait un tour. Et le coup Ă©tait prĂ©vu pour ce jour-lĂ ! Au mĂŞme moment oĂą sa mère Ă©tait en train de lui parler de la honte Ă ĂŞtre une femme de mĂ©nage, son futur mari devait ĂŞtre en train de fouiller dans le placard de ses employeurs !
Soudain, le tĂ©lĂ©phone mobile de Houria sonna. Son cĹ“ur s’Ă©tait mis Ă trembler. C’Ă©tait Abdelkader. Elle appuya sur une petite touche verte et elle entendit la voix de son amoureux qui lui disait :
- Ça y est, c’est fini. Je suis sorti. Tout s’est bien passé…
- Et tu as trouvé de… ?
- Bien sûr.
- Combien ?
- Je n’ai pas compté…il doit y avoir un milliard… Il y en avait tellement qu’ils n’ont pas pu entrer dans le cartable de facteur que j’ai pris avec moi…On se marie le mois prochain Houria et la fĂŞte aura lieu au Sheraton.
C’est beau le rĂŞve !
Dès que les employeurs de Houria avaient informé la police du vol, les premiers soupçons allèrent vers la jeune fille. Convoquée au poste de police, elle ne tarda pas à avouer et à dénoncer son fiancé.
Les deux futurs Ă©poux viennent d’ĂŞtre condamnĂ©s par le tribunal de Boufarik Ă 5 ans de prison, chacun et Ă restituer, bien sĂ»r, la somme qui avait Ă©tĂ© volĂ©e. Il y en avait en rĂ©alitĂ© 500 millions de centimes.
Par : K. A.